Hope
Vu
21 octobre 2026 – L’Aventure Bruxelles Vision Presse
Année
2026
Réalisation
Na Hong-Jin
Durée
157′
Casting
H.Jung-min, Z.In-sung, J.Ho-yeon, M.Fassbender, A.Vikander, T.Russell
L’espoir est une créature bien étrange
Dix ans après le sommet d’épouvante The Wailing, Na Hong-jin fait un retour fracassant à Cannes avec Hope. Fresque de 160 minutes aux clins d’œil appuyés à Steven Spielberg et Walter Hill, ce blockbuster d’action et de science-fiction furieusement gonzo s’impose comme une expérience cinématographique aussi déstabilisante que jubilatoire.

L’histoire se déroule dans une bourgade côtière isolée près de la zone démilitarisée (DMZ), où règne une paranoïa latente. Lorsqu’une créature inconnue massacre une bête d’élevage, le chef de la police Beom-seok (Hwang Jung-min) retire ses lunettes d’aviateur pour contempler la dépouille : un geste hautement symbolique marquant sa transition de flic désabusé à guerrier dépassé. Durant une première heure haletante, le film installe une atmosphère de mystère sans jamais céder au pathos larmoyant. Il filme avec pudeur la terreur d’une communauté et le désarroi de familles cherchant à se reconstruire au milieu des décombres.
Mais Hope bascule vite dans une orgie de cinéma rock’n’roll et purement spectaculaire. La caméra virtuose de Hong Kyung-pyo (Parasite) orchestre une traque frénétique à base de U-turns en voiture, de cascades burlesques et d’une poursuite dantesque mêlant course à pied, cheval et carambolages. Loin de glorifier l’héroïsme traditionnel, Na Hong-jin dépeint des humains bêtes, cupides et agressifs envers l’étranger – une métaphore politique grinçante sur les peurs frontalières. Le film suggère d’ailleurs avec malice que la violence de la créature est une réponse à la brutalité des hommes.

Au milieu de ce maelström où résonne même un monologue absurde sur des troubles intestinaux, Hwang Jung-min excelle en figure bouffonne. À ses côtés, la sensation Jung Ho-yeon (Sung-ae) s’impose en véritable star d’action, maniant le lance-grenades avec bravoure tandis qu’une romance naît au beau milieu d’une cascade où son coéquipier s’accroche au coffre d’une patrouille à vive allure.
Malgré des effets numériques inégaux et un dernier acte qui bifurque soudainement vers de la mythologie pure – introduisant des extraterrestres incarnés par Alicia Vikander et Michael Fassbender pour amorcer une suite –, Hope reste une aventure viscérale. En mariant divertissement total et regard satirique sur la nature humaine, Na Hong-jin confirme la vitalité du cinéma coréen avec une œuvre imparfaite mais follement généreuse.
Si vous avez aimé : Parasyte: The Grey (2024), Nope (2022), The Terror (2018), The Mist (2007), The Host (2006), Predator (1987)

Votre commentaire