Verity

Vu

Année

Réalisation

Durée

Casting

Beaucoup de secrets, si peu de suspense

Adapté du best-seller de Colleen Hoover par le scénariste Nick Antosca et mis en scène par Michael Showalter, Verity portait la promesse d’un thriller psychologique vénéneux, pulp et délicieusement sulfureux. Porté par un trio de premier plan composé de Dakota Johnson, Josh Hartnett et Anne Hathaway, le long-métrage disposait de tous les atouts sur le papier pour faire revivre la grande époque des thrillers érotiques des années 1980 et 1990. Malheureusement, le résultat final s’avère profondément décevant, s’apparentant à une coquille vide qui rate presque tout ce qu’elle entreprend.

Dès l’exposition, le film adopte une posture étrange. En suivant Lowen (Dakota Johnson), une jeune romancière en difficulté financière engagée pour terminer l’œuvre d’une consœur à succès, le récit s’embourbe dans des réflexions sur la création littéraire qui sonnent curieusement creux. Envoyée dans une superbe villa moderniste isolée au cœur de la nature, l’héroïne est censée enquêter sur le passé de Verity Crawford (Anne Hathaway), clouée dans un fauteuil roulant et catatonique à la suite d’un mystérieux accident. Elle y croise le chemin du mari, Jeremy (Josh Hartnett), dont le magnétisme trouble rapidement le jeu.

Si le premier acte déploie une certaine efficacité mélodramatique et une atmosphère visuelle soignée grâce au travail du chef opérateur Jim Frohna, l’ensemble patine rapidement. Le long-métrage souffre de lourds problèmes structurels : les personnages secondaires manquent cruellement d’épaisseur, les péripéties s’étirent en longueur sans véritable urgence narrative, et l’on a souvent l’impression que Lowen passe plus de temps à faire mine d’écrire qu’à mener une véritable investigation.

Pourtant, les acteurs font preuve d’une indéniable bonne volonté. Dakota Johnson campe une protagoniste opaque et discrètement machiavélique, Josh Hartnett joue habilement sur une ambivalence permanente, et Anne Hathaway illumine les flashbacks avec une intensité glaçante. Mais cette distribution de premier ordre se heurte à une direction artistique trop timorée. Le film refuse obstinément d’embrasser pleinement le côté décadent, trash et assumé de son matériel d’origine. Là où l’on attendait un jeu de dupes vénéneux et des confrontations électriques, Verity avance en eaux tièdes, alternant les ellipses et les scènes de transition sans dynamisme.

Le véritable naufrage intervient toutefois dans le dernier acte. Les révélations finales, loin de surprendre ou de galvaniser le spectateur, s’effondrent sous le poids d’une incohérence béante et d’un twist final aussi maladroit que prétentieux. En voulant à tout prix sur-expliquer ses enjeux à travers des tunnels d’expositions artificiels, le métrage saborde rétroactivement les rares pistes thématiques intrigantes semées en route, laissant l’impression d’un édifice narratif dynamité de l’intérieur.

En voulant singer les classiques du genre sans en posséder la rigueur ni la folie, Verity échoue à trouver son identité. Ni vraiment sexy, ni réellement palpitant, ce thriller littéraire s’effondre sur lui-même à mesure que défilent ses près de deux heures, transformant une promesse de divertissement coupable en un exercice de style vain et frustrant.

Scénario
2/5

Acting
2.5/5

Image
1.5/5

Son
2/5

Note globale
40%

Engagée pour achever le roman d’une célèbre écrivaine mystérieusement devenue invalide, une jeune romancière découvre les secrets troubles de sa famille et développe une relation ambiguë avec son mari. Malgré un trio d’acteurs convaincant et une atmosphère visuellement soignée, Verity peine à installer un véritable suspense et manque cruellement d’audace. Entre longueurs, personnages peu développés et dénouement incohérent, ce thriller sulfureux sur le papier se révèle particulièrement fade à l’écran.

Votre commentaire