Onslaught

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Une purge militaro-gore noyée sous le grotesque et le déjà-vu

Il est des retours aux sources qui tournent à la catastrophe industrielle. Après un passage par les méga-franchises hollywoodiennes (Godzilla x Kong), Adam Wingard tentait avec Onslaught de reconnecter avec la hargne de ses débuts (The Guest, You’re Next). Il promettait un « film de série B avec la finition d’un A ». Le résultat est un B-minus poussif, aseptisé et plombé par un scénario famélique. Incapable d’honorer la promesse d’un carnage furieux, le long-métrage s’avère inutilement bridé et répétitif : quelques minutes de doomscrolling sur votre téléphone s’avéreraient nettement plus stimulantes.

L’intrigue s’implantait dans une petite ville du Nouveau-Mexique où Celeste (Adria Arjona), ex-sniper de l’armée rongée par le PTSD, gère un parc de mobil-homes tout en s’entraînant au tir sur des citrouilles d’Halloween. L’ouverture offre de belles promesses plastiques grâce à la photographie rétro d’Oren Soffer aux teintes néon et au design sonore tranchant où le verre craque sous les os. Mais faire miroiter un hommage aux séries B des années 80 façon Carolco est une chose ; livrer un récit habité en est une autre.

Le scénario s’enlise rapidement dans de longs tunnels d’exposition où l’on réexplique l’existence de trois super-soldats invulnérables échappés d’un laboratoire. Menés par « Le Boucher » (Alex Pereira), ces cobayes s’inscrivent dans une tentative de critique politique sur les dérives militaristes et les fantômes d’Abu Ghraib. Mais Wingard commet une double erreur : d’une part, il arme ses tueurs de fusils automatiques au lieu de privilégier le gore rapproché à la machette ou à la tronçonneuse ; d’autre part, leurs attaques tournent à un Un jour sans fin de l’action. Au lieu d’agir en tacticiens d’élite, ces molosses se contentent de marcher pesamment au ralenti vers leurs victimes, ressemblant à trois Michael Myers déguisés en Power Rangers.

L’esthétique Grindhouse poussée au max devient étouffante et révèle un fétichisme kitsch embarrassant. Dan Stevens s’épuise dans un rôle de scientifique nazi flanqué d’un maquillage grotesque — un faux crâne de magasin de déguisement mal ajusté jurant avec des taches de vieillesse appliquées sur les mains —, le tout engagé dans une sous-intrigue psychosexuelle malaisante avec son épouse (Rebecca Hall, sacrifiée). Plus loin, Drew Starkey fait une entrée mémorable en agent albinos sous MDMA dans un club libertin… pour ne plus rien faire. Michael Biehn fait de la figuration nostalgique, Kovacks (Eric Wareheim) frôle le ridicule, tandis que la musique synthétique appuyée et les effets de cascades filmés au ralenti laissent voir le déclenchement des poches de faux sang.

Seule Adria Arjona apporte une vraie chaleur maternelle face à sa fille Daisy, soutenue par un Reginald VelJohnson étonnamment ancré dans le réel malgré ses punchlines rassis. Mais ces rares éclairs d’humanité ne sauvent pas ce home-invasion militaire stérile de 92 minutes. Onslaught n’est qu’un pétard mouillé bruyant et désespérément creux.

Scénario
1/5

Acting
2/5

Image
2/5

Son
1/5

Note globale
35%

Avec Onslaught, Adam Wingard tente de renouer avec le cinéma d’exploitation brutal de ses débuts à travers un affrontement sanglant contre trois super-soldats échappés d’un laboratoire. Malgré une esthétique rétro séduisante et une Adria Arjona convaincante, le film s’enlise dans un scénario rachitique, des personnages caricaturaux et une violence étonnamment aseptisée. Cette série B décevante, étouffée par ses excès visuels et ses répétitions, échoue à transformer son potentiel en véritable défouloir horrifique.

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