Lanterns S1
Épisodes vus
8/8
Année
2026
Plateforme
HBO Max
Durée
45-55′
Casting
A.Pierre, K.Chandler, K.Macdonald, G.Dillahunt, P.Jagganathan
Deux flics, un anneau et beaucoup d’ombres
Après le naufrage cinématographique de 2011 et les caméos discrets qui ont suivi, adapter l’univers de Green Lantern relevait du défi risqué. En confiant cette mission à des créateurs chevronnés venus de Lost, Watchmen ou Ozark, DC signe une proposition audacieuse et résolument mature. Loin du spectacle pyrotechnique intergalactique dopé aux effets numériques, Lanterns fait le pari d’un retour sur Terre brutal, ancré dans un polar sombre et poisseux, quelque part entre True Detective et Slow Horses.

L’intrigue s’ouvre au cœur d’une petite communauté rurale du Nebraska, secouée par un drame sanglant survenu lors d’un match. Le chevronné et cynique Hal Jordan fait équipe malgré lui avec le jeune recruté John Stewart pour démêler une enquête criminelle aux ramifications extraterrestres dissimulées. Portée par une narration ambitieuse qui jongle avec plusieurs temporalités — s’étendant de 1996 à 2026 en passant par un ancrage fort en 2016 —, la série prend son temps pour assembler ses pièces. Si le démarrage peut sembler légèrement déroutant ou désordonné en raison de ces sauts dans le temps et de révélations reportées, le récit gagne une puissance dramatique remarquable dès qu’il se recentre sur le passé et les origines des protagonistes.
Le plus grand atout de Lanterns réside sans aucun doute dans son étude de personnages et dans l’incroyable alchimie de ses deux interprètes. Kyle Chandler incarne à la perfection un Hal Jordan usé, désabusé et pétri de défauts, tandis qu’Aaron Pierre crève l’écran dans le rôle d’un John Stewart droit, méthodique, confronté au poids du devoir et à des problématiques humaines profondes comme le racisme ordinaire ou la quête de légitimité. Leur relation de type buddy cop insuffle autant de tension que d’humour mordant à une atmosphère autrement très sombre. Autour d’eux, une galerie de figures locales apporte un contrepoids efficace à ce duo d’inspecteurs cosmiques.

Surtout, la série brille par sa sobriété. Le folklore habituel des super-héros et la fameuse recharge des anneaux sont relégués au second plan pour placer l’humain et les faiblesses individuelles au centre du récit. Chaque épisode adopte sa propre identité et, malgré un milieu de saison qui sert davantage de transition, la résolution parvient à lier l’ensemble des indices avec brio tout en redistribuant les cartes pour la suite.
Certes, les amateurs d’action effrénée et d’effets visuels spectaculaires pourront être déstabilisés par ce rythme plus contemplatif et ce manque d’affrontements dantesques. Mais c’est précisément ce parti pris réaliste, terre-à-terre et viscéral qui fait la réussite de la série. Lanterns s’impose comme un drama policier captivant et nuancé, prouvant qu’il n’est pas nécessaire de sauver la galaxie à chaque épisode pour captiver le spectateur. Une excellente surprise, recommandée chaudement au-delà du seul cercle des fans de comics.
Si vous avez aimé : Outer Range (2022), The Empty Man (2020), True Detective (2014), The Outsider (2020), The X-Files (1993)

Votre commentaire