Animals

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Kurosawa à Los Angeles, la tension en moins

Après avoir prouvé par le passé sa capacité à emballer des thrillers efficaces, Ben Affleck revient à la réalisation avec Animals, un projet distribué par Netflix dans lequel il tient également le premier rôle. S’inspirant très nettement — mais sans jamais le créditer au générique — du chef-d’œuvre d’Akira Kurosawa High and Low, le film tente de transposer une mécanique d’enlèvement classique au cœur des intrigues électorales de Los Angeles. Le résultat s’avère malheureusement être un produit terne, trop bavard et singulièrement privé de tension.

L’histoire suit Mark Kimball (Ben Affleck), un avocat fortuné engagé dans une course serrée pour la mairie de Los Angeles. Alors que la campagne épuise ses ressources financières, son fils est kidnappé la nuit de Halloween… du moins le croit-il. Très vite, un premier coup de théâtre révèle que les ravisseurs ont commis une erreur et capturé l’enfant de sa femme de ménage, Cecelia (Adriana Paz), et de son époux sans-papiers, Ramon (Luis Gerardo Méndez).

Face à ce dilemme moral et politique, la gestion de crise s’organise dans l’ombre. Pourtant, malgré cette prémisse captivante qui aurait dû nourrir un engrenage étouffant, la mise en scène s’avère étonnamment statique. Le récit s’enferme dans une succession de pièces luxueuses où les personnages débattent en boucle. La caméra s’agite autour de dialogues répétitifs sans jamais instaurer le moindre sentiment d’urgence. De plus, l’utilisation floue et controversée d’outils d’intelligence artificielle pendant la production semble avoir dépoitriné le film de toute texture visuelle : malgré la présence du brillant chef opérateur Robert Elswit, l’image reste lisse et impersonnelle, formatée pour un visionnage distrait sur second écran.

Écrit à six mains par Affleck, Billy Ray et Connor O. McIntyre, le scénario donne l’impression d’avoir été réécrit à l’excès jusqu’à perdre sa substance. Le film aborde de grands thèmes contemporains — l’immigration, le cynisme politique, les inégalités de classe —, mais ne fait que les effleurer. Les conflits conjugaux entre Mark et son épouse Abigail (Kerry Washington) sonnent faux, tandis que plusieurs révélations majeures sont balayées sans réelle conséquence. Face à la récente relecture brillante de Kurosawa par Spike Lee (Highest 2 Lowest), la comparaison est cruelle, notamment lors d’un climax dans les canaux de la Los Angeles River particulièrement plat.

Si le couple principal peine à afficher une réelle alchimie, la distribution secondaire apporte heureusement un peu de relief. Adriana Paz et Luis Gerardo Méndez insufflent une émotion sincère à leurs rôles de parents désemparés, tandis que Steven Yeun apporte une énergie bienvenue en conseiller pragmatique. C’est toutefois Gillian Anderson, étincelante dans le rôle d’une négociatrice impitoyable vêtue de blanc, qui vole le show en embrassant pleinement la dimension pulp du récit.

Parti d’une intention prometteuse, Animals s’écrase sous l’ambition de ses propres thèmes. En cherchant à conjuguer drame intime, thriller sous tension et satire politique, Ben Affleck signe son film le moins convaincant en tant que réalisateur : une œuvre trop policée, dénuée de mordant et bien vite oubliée.

Scénario
1.5/5

Acting
2.5/5

Image
2/5

Son
2/5

Note globale
40%

Avec Animals, Ben Affleck transpose un enlèvement au cœur d’une campagne municipale à Los Angeles, sur fond d’inégalités sociales, d’immigration et de cynisme politique. Malgré un point de départ prometteur et quelques seconds rôles convaincants, le film s’enlise dans des dialogues répétitifs et une mise en scène sans tension. Trop lisse et superficiel, ce thriller manque sa cible et peine à donner de l’ampleur aux dilemmes moraux qu’il soulève.

Votre commentaire

  1. Zut j’avais plus regardé de film pendant 4 semaines et j’allais le lancer ce soir 😄

    Guillaume FRANCOIS +32 474 950 988

    Ba. Modern History
    Ma. International Communication

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