The Death of Robin Hood
Vu
22 août 2026 – À domicile
Année
2026
Réalisation
Michael Sarnoski
Durée
122′
Casting
H.Jackman, J.Comer, B.Skarsgård, N.Jupe, M.Bartlett
Robin des Bois face à ses propres légendes
Et si Robin des Bois n’avait jamais été le héros que la légende raconte ? Avec The Death of Robin Hood, Michael Sarnoski s’empare de la figure mythique pour mieux la dépouiller de son aura romantique. Ici, pas de joyeux compagnon en collants verts ni de hors-la-loi volant aux riches pour nourrir les pauvres : le Robin Hood incarné par Hugh Jackman est un homme vieillissant, meurtri, traqué et surtout accablé par les crimes commis au nom de sa propre légende. Une relecture sombre et ambitieuse, parfois fascinante, mais qui peine aussi à maintenir son intensité sur la durée.
Dès ses premières scènes, le film annonce la couleur. Robin n’est pas seulement un ancien brigand : c’est un meurtrier qui refuse les récits héroïques construits autour de lui. Après une violente attaque menée aux côtés de Little John, il est grièvement blessé et recueilli dans un monastère isolé. Ce refuge devient alors une sorte de purgatoire, loin du tumulte du monde, où l’ancien outlaw est contraint de regarder son passé en face. La rencontre avec Sœur Brigid, interprétée avec beaucoup de justesse par Jodie Comer, et surtout avec la jeune Margaret, lui offre progressivement une possibilité qu’il n’envisageait plus : celle de redevenir un homme avant de mourir.

C’est dans cette dimension intime que le film trouve ses plus beaux moments. Hugh Jackman livre une interprétation remarquablement intériorisée, très loin de l’énergie héroïque à laquelle il nous a habitués. Son Robin est dur, presque animal, mais ses silences et ses regards laissent apparaître une culpabilité qui ne demande jamais véritablement à être pardonnée. Jodie Comer lui tient parfaitement tête, tandis que Murray Bartlett se distingue dans un rôle étonnamment singulier. La relation entre Robin et Margaret apporte quant à elle une fragilité bienvenue à un récit qui aurait pu sombrer dans la noirceur permanente.
Sarnoski soigne également considérablement son univers visuel. Les paysages sauvages de l’Irlande du Nord, la pierre, la boue, la neige et les lumières crépusculaires composent un Moyen Âge aussi réaliste que mélancolique. La photographie accompagne intelligemment l’évolution du récit, passant progressivement d’un monde froid et violent à des espaces plus lumineux lorsque Robin commence à entrevoir une autre existence. Le cinéaste emprunte ainsi autant au western crépusculaire qu’au drame médiéval, avec une mise en scène qui privilégie les visages, les silences et les paysages aux grandes scènes d’action.

Cette approche a toutefois ses limites. Le rythme volontairement contemplatif pourra laisser certains spectateurs à distance, tandis que le scénario insiste parfois lourdement sur la culpabilité et la rédemption. Surtout, les similitudes avec Logan sont difficiles à ignorer : un héros vieillissant, hanté par ses actes, qui retrouve une forme d’humanité au contact d’une jeune fille. Une proximité qui n’empêche pas le film d’avoir sa propre identité, mais qui atténue parfois la portée de sa relecture.
Reste une proposition suffisamment audacieuse pour mériter l’attention. En faisant mourir le mythe avant même de faire mourir son héros, Sarnoski signe moins un nouveau film sur Robin des Bois qu’une réflexion sur la manière dont les légendes transforment les hommes en symboles. Une œuvre inégale, parfois un peu trop appuyée, mais portée par un Hugh Jackman impressionnant et par une véritable vision de cinéma.

Si vous avez aimé : The Northman (2022), The Old Man (2022), The Green Knight (2021), Old Henry(2021), Logan (2017), Unforgiven (1992), Robin and Marian (1976)

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