Lucky – S1

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Une arnaqueuse attachante dans une série trop étirée

Avec Lucky, Apple TV+ transforme une arnaqueuse en héroïne de thriller, et Anya Taylor-Joy en devient immédiatement l’atout principal. Lucky Armstrong a grandi dans le milieu criminel sous l’influence d’un père escroc qui lui a appris les ficelles du métier. Lorsqu’elle dérobe dix millions de dollars avec son mari avant d’être elle-même trahie, la jeune femme se retrouve prise entre FBI, famille criminelle et passé qu’elle cherche peut-être enfin à abandonner. Une prémisse efficace, portée par un casting cinq étoiles, mais que sept épisodes ne parviennent pas toujours à faire respirer.

Anya Taylor-Joy apporte à Lucky une présence aussi fragile que déterminée. Son personnage encaisse les coups, les accidents et les retournements avec une étonnante résistance, tout en conservant cette part d’ambiguïté qui empêche d’en faire une héroïne traditionnelle. Lucky est coupable, mais elle n’est pas dénuée de conscience. C’est précisément ce qui rend son parcours intéressant : peut-on réellement quitter un monde auquel on appartient depuis toujours ?

La réponse se trouve surtout dans sa relation avec son père, John, incarné par un Timothy Olyphant particulièrement convaincant. Derrière le thriller criminel se dessine alors une histoire de transmission beaucoup plus intéressante : celle d’un père qui a appris à sa fille à survivre grâce à l’arnaque, tout en prétendant lui transmettre une forme de justice personnelle. Cette dimension familiale donne à la série ses moments les plus touchants et permet à Olyphant de composer un personnage à la fois séduisant, dangereux et profondément faillible.

Autour d’eux, Annette Bening, Aunjanue Ellis-Taylor, William Fichtner et Clifton Collins Jr. contribuent largement au plaisir du spectacle. Tous semblent parfaitement à leur place dans cet univers de criminels, de policiers et de manipulateurs. Il faut toutefois parfois reconnaître que les comédiens donnent davantage de relief au matériau que l’écriture elle-même.

Car c’est là que Lucky finit par montrer ses limites. L’intrigue est suffisamment rocambolesque pour accepter une certaine dose d’invraisemblance, mais encore faudrait-il que le rythme suive. Les péripéties s’accumulent, les personnages changent régulièrement de direction et les dangers se multiplient, sans que la tension soit toujours à la hauteur. Certaines séquences donnent même l’impression que l’histoire cherche à gagner du temps plutôt qu’à véritablement progresser.

Le problème est peut-être moins celui de l’histoire que celui de son format. Cette cavale aurait probablement gagné en efficacité sous la forme d’un long métrage nerveux et resserré. Étendue sur sept épisodes, elle perd régulièrement de son urgence, alors même que son univers et ses personnages auraient pu alimenter un thriller particulièrement réjouissant.

Reste une série agréable, parfois drôle, souvent élégante et suffisamment attachante pour donner envie de poursuivre jusqu’au bout. Lucky n’est donc ni le grand thriller criminel que son formidable casting laissait espérer, ni l’échec que certains de ses excès pourraient laisser craindre. Une cavale plaisante, mais trop étirée, sauvée par ses comédiens et par quelques belles fulgurances émotionnelles.

Scénario
2.5/5

Acting
3/5

Image
2.5/5

Son
2.5/5

Note globale
52.5%

Avec Lucky, Apple TV+ propose un thriller criminel porté par une Anya Taylor-Joy aussi fascinante qu’ambiguë. Trahie après un braquage de dix millions de dollars, une jeune arnaqueuse tente d’échapper à son passé tout en affrontant FBI et milieu criminel. Si les relations familiales et un excellent casting donnent du relief à l’ensemble, l’intrigue souffre d’un rythme parfois trop étiré. Une cavale plaisante et élégante, mais qui aurait probablement gagné à être plus resserrée.

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