Evil Dead Burn
Vu
7 août 2026 – À domicile
Année
2026
Réalisation
Sébastien Vaniček
Durée
111′
Casting
S.Yacoub, H.Doohan, T.Wright, E.Shand, M.Davey, L.Buchanan
Viscéral, brutal… mais trop sérieux
Avec Evil Dead Burn, Sébastien Vaniček hérite d’une franchise dont la survie tient presque du miracle. Après six films, difficile pourtant de renouveler une formule aussi codifiée que celle des Deadites, ces démons qui transforment invariablement les innocents en machines à massacrer. Le réalisateur français, remarqué pour Vermines, choisit donc de ne pas révolutionner la recette, mais de la pousser encore plus loin dans la brutalité. Le résultat est aussi généreux que sanguinolent, parfois franchement inventif, mais qui peine à retrouver l’équilibre si particulier entre horreur, humour et plaisir régressif qui faisait le charme des premiers épisodes.
Alice, interprétée avec conviction par Souheila Yacoub, vient de perdre son mari Will, un homme violent dont la mort va paradoxalement l’obliger à renouer avec sa belle-famille. Réunis dans une vieille demeure isolée, les proches découvrent rapidement que les problèmes familiaux ne sont finalement que le début de leur cauchemar. Une ancienne histoire d’occultisme, une mystérieuse dague et quelques imprudences suffisent à réveiller les Deadites. À partir de là, chacun devra survivre à une famille qui se décompose littéralement sous ses yeux.

Le scénario n’a évidemment rien de révolutionnaire et Vaniček ne cherche pas vraiment à masquer les ficelles du genre. Les tensions familiales, le deuil, les violences conjugales et les traumatismes transmis de génération en génération constituent une toile de fond intéressante, mais restent souvent à l’état d’esquisse. Alice, malgré l’investissement remarquable de Yacoub, demeure finalement assez proche de la traditionnelle final girl. Certaines figures secondaires, notamment la grand-mère utilisée comme ressort comique, donnent également l’impression d’appartenir à un autre film.
Heureusement, dès que la caméra se met à bouger, Evil Dead Burn retrouve une véritable personnalité. Vaniček fait preuve d’une énergie impressionnante et signe plusieurs séquences particulièrement travaillées, notamment grâce à des plans-séquences qui plongent le spectateur au cœur du chaos. Les objets les plus anodins deviennent des instruments de torture potentiels : voiture, ustensiles de cuisine, outils ou objets du quotidien peuvent à tout moment se transformer en armes. Et le réalisateur prend un malin plaisir à nous faire patienter lorsqu’un objet apparaît à l’écran, sachant parfaitement que nous avons déjà compris ce qui va lui arriver.
C’est surtout du côté des effets pratiques que le film se montre réjouissant. Prothèses, maquillages et effets physiques donnent aux mutilations une dimension particulièrement viscérale. Certaines scènes sont véritablement difficiles à regarder, même pour les habitués du genre. Vaniček assume une approche proche de l’horreur extrême française, avec une violence moins ludique et beaucoup plus cruelle que celle des premiers Evil Dead.

C’est aussi là que se situe la principale limite du film. À force d’enchaîner les sévices, Evil Dead Burn finit par devenir presque uniforme. L’humour noir et l’absurdité de Sam Raimi se font plus discrets, tandis que la grisaille de la photographie et une mise en scène parfois pesante accentuent cette impression de noirceur. Le contraste est d’autant plus regrettable que certaines scènes prouvent que Vaniček sait parfaitement conjuguer tension, gore et plaisir cinématographique. La dernière partie, en revanche, s’appuie davantage sur des effets numériques nettement moins convaincants et vient quelque peu affaiblir l’impact du carnage.
Evil Dead Burn n’est donc ni le renouveau espéré de la saga ni un épisode à oublier. C’est un film d’horreur viscéral, techniquement audacieux et suffisamment généreux pour satisfaire les amateurs de gore, mais auquel il manque cette petite étincelle de folie et de second degré qui transformait autrefois la sauvagerie des Evil Dead en véritable plaisir de cinéma. Une expérience efficace, parfois impressionnante, mais qui aurait gagné à brûler un peu moins fort pour laisser davantage respirer son humour et ses personnages.

Si vous avez aimé : When Evil Lurks (2023), Hereditary (2018), Ash vs Evil Dead (2015), Evil Dead (2013), Army of Darkness (1992), The Evil Dead (1981), The Exorcist (1973)

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