Dix pour cent, le film
Vu
17 septembre 2026 – À domicile
Année
2026
Réalisation
Émilie Noblet
Durée
117′
Casting
C.Cottin, L.Calamy, T.de Montalenbert, L.Casta, V.Macaigne, G.Montel, L.Rovère
Les retrouvailles d’ASK peinent à dépasser le statut d’épisode géant
Six ans après la fermeture de l’agence ASK, la célèbre bande d’agents artistiques reprend du service dans un long-métrage sous la bannière Netflix. Cette réunion repose sur un sentiment de retrouver de vieux amis : le plaisir de revoir cette distribution talentueuse est réel, d’autant que le récit comprend que la gestion de crises et les déboires professionnels restent le meilleur moteur comique de la franchise.

L’intrigue s’appuie sur un inversement de rôles particulièrement pertinent : autrefois chargées de canaliser les ego des cinéastes, les figures centrales passent cette fois derrière la caméra et doivent affronter les affres de la production. Voir l’ancienne agente autoritaire devenir une réalisatrice débordée offre un juste retour des choses particulièrement savoureux. Le scénario compresse en deux heures de nombreux arcs narratifs — entre quiproquos sentimentaux, tempêtes sur le plateau et rivalités ravivées. Porté par une réalisation dynamique et le retour de la créatrice d’origine, le film diffuse une suite de piques amusantes sur le milieu. L’auto-dérision fonctionne par éclats, enrichie par des apparitions légères de stars internationales jouant avec leur propre image.
Mais derrière ce vernis distrayant et affectueux, le passage au long-métrage trahit de réelles carences formelles. Dès l’ouverture, le procédé d’un monologue face caméra visant à résumer les années écoulées tombe à plat : joué dans le vide, il trahit la difficulté de relancer l’histoire sans passer par de lourdes ficelles d’exposition. Le récit s’épuise ensuite dans une mécanique prévisible, proche des comédies françaises les plus convenues, où la verve mordante des débuts cède trop souvent la place à des dialogues usés, des comportements erratiques et une certaine vulgarité. La satire perd son venin : le film fait mine de moquer le star-system, mais s’empresse de reconsacrer le prestige de ses invités pour garantir un spectacle sans danger.

Sur le plan dramatique, l’écriture souffre d’un déséquilibre regrettable. Le récit se recentre quasi exclusivement sur le trio d’acteurs devenus les plus bancables de l’industrie, reléguant les figures historiques et populaires de la première heure au rang de simples faire-valoir. Plus troublant encore, la dynamique narrative, censée confronter les sommets du cinéma à la base des plateaux de tournage, s’empresse d’évacuer ses personnages secondaires issus de la diversité ou des classes populaires dès qu’ils ont rempli leur fonction ponctuelle.
En perdant la fluidité et le rythme nimble du format épisodique au profit d’une structure étirée, Dix pour cent, le film prend les airs d’un épisode spécial de retrouvailles, étalé pour remplir deux heures de projection. Malgré la présence toujours magnétique de ses comédiens principaux et quelques barbes acérées lors des scènes de tournage, le projet s’apparente à une célébration parfois complaisante qui ne parvient jamais à surpasser l’excellence de la série originale.
Si vous avez aimé : The Studio (2025), The Franchise (2024), The Morning Show (2019), Dix pour cent (2015), Episodes (2011), Extras (2005), Entourage (2004), Living in Oblivion (1995)

Laisser un commentaire