Alley Cats

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Casting

Des chats, des gros mots et quelques bonnes idées

Avec Alley Cats, Ricky Gervais transpose son humour corrosif dans un univers pour le moins inattendu : celui des chats errants. Créateur, scénariste, réalisateur et voix principale de cette nouvelle série animée Netflix, le comédien britannique y retrouve une formule qui lui est familière : un personnage cynique, volontiers grossier, qui dissimule derrière ses provocations une certaine sensibilité. Sauf qu’ici, tout ce petit monde est… félin. Sur le papier, le concept a de quoi séduire. À l’écran, le résultat est nettement plus mitigé.

Au centre de cette courte série en six épisodes, Gus, un gros matou orange incarné par Gervais, dirige une bande de chats errants qui passent leur temps à manger, se chamailler, regarder la télévision et refaire le monde. Leur quotidien bascule lorsqu’ils recueillent un adorable chaton perdu, qu’ils vont tenter de ramener chez lui. Une intrigue volontairement minimaliste qui sert surtout de prétexte à une succession de conversations absurdes et de digressions plus ou moins vulgaires.

Car Alley Cats repose avant tout sur ses dialogues. Et, fidèle à ses habitudes, Gervais ne fait clairement pas dans la dentelle. Sexe, insultes, excréments, violence, sujets volontairement provocateurs et avalanche de gros mots constituent l’essentiel du menu. Le problème n’est pas tant la vulgarité que son utilisation systématique. À force de chercher constamment à repousser les limites, les plaisanteries finissent par perdre leur pouvoir comique. Ce qui pourrait être mordant devient rapidement répétitif, voire franchement puéril.

Heureusement, la série ne se limite pas à cette mécanique. Derrière les plaisanteries graveleuses se cache une volonté étonnamment sincère de parler de solitude, de mort, d’amitié et de la fragilité de l’existence. Gus révèle progressivement une facette plus tendre, notamment dans sa relation avec le petit chaton. Certaines scènes parviennent même à toucher juste. Malheureusement, ces élans émotionnels arrivent souvent de manière si brutale qu’ils semblent davantage ajoutés pour donner de la profondeur au récit que véritablement construits.

C’est finalement ce grand écart qui définit le mieux Alley Cats. La série oscille constamment entre humour trash et sensibilité presque enfantine, sans parvenir à trouver un véritable équilibre entre les deux. On passe d’une conversation particulièrement vulgaire à une réflexion sur la mort ou l’amour en quelques secondes. Le contraste peut parfois fonctionner, mais il devient surtout prévisible.

Visuellement, l’animation est propre et agréable sans être particulièrement inventive. Le véritable atout réside davantage dans le casting vocal, composé notamment de Diane Morgan, Tom Basden, Kerry Godliman et David Earl, qui apportent une belle complicité à cette bande de matous marginaux. Quelques situations absurdes et certains dialogues font également mouche.

Mais avec des épisodes d’à peine quinze minutes, Alley Cats donne pourtant parfois l’impression de tourner en rond. Le concept aurait probablement gagné à être plus ambitieux, ou simplement plus drôle.

Sans être la catastrophe annoncée par certaines critiques, Alley Cats reste donc une série sympathique mais très inégale. Les fans de Ricky Gervais y retrouveront son humour, son cynisme et son goût pour la provocation, tandis que les autres risquent surtout de se demander où sont passés les bons vieux The Office et Extras. Quelques bonnes idées, une galerie de voix attachantes et une poignée de moments réellement amusants sauvent l’ensemble. Mais derrière les griffes et les gros mots, il manque malheureusement un peu de mordant.

Scénario
2.5/5

Acting
3/5

Image
2.5/5

Son
2.5/5

Note globale
55%

Avec Alley Cats, Ricky Gervais transpose son humour provocateur dans une bande de chats errants, entre dialogues absurdes et situations volontairement trash. Derrière cette vulgarité omniprésente, la série tente pourtant d’aborder avec sensibilité la solitude, l’amitié et la mort. Malgré quelques moments drôles, un casting vocal réussi et une animation agréable, l’ensemble reste très inégal et peine à trouver le juste équilibre entre émotion et humour.

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