The Last House
Vu
7 août 2026 – À domicile
Année
2026
Réalisation
Louis Leterrier
Durée
110′
Casting
W.Moura, G.Lee, N.A.Sosnowski, E.Ho, R.Chung, G.Barbosa
Quand le potentiel prend l’eau
Il y a des films dont on ressort en se disant qu’ils auraient pu être excellents. The Last House appartient malheureusement à cette catégorie. Car sur le papier, le nouveau thriller horrifique de Louis Leterrier avait tout pour séduire : une famille se retrouve mystérieusement prisonnière de sa propre maison, tandis qu’une pluie incessante semble transformer le monde extérieur en territoire hostile. À cela s’ajoutent une mystérieuse menace, une dimension écologique et l’évidente résonance avec les années Covid. Une formidable idée de départ… dont le film ne tire malheureusement jamais tout le potentiel.
Au début, pourtant, The Last House fonctionne plutôt bien. Jason (Wagner Moura), Riley (Greta Lee) et leurs deux enfants doivent apprendre à survivre dans leur propre maison, privés de tout contact avec l’extérieur. Nourriture à rationner, ressources à préserver, jardinage improvisé, électricité à économiser, enfants à occuper : le film trouve dans ces petits détails du quotidien une matière étonnamment efficace. La perspective de voir une famille ordinaire s’adapter progressivement à une situation extraordinaire possède quelque chose de profondément anxiogène.

Et c’est probablement lorsqu’il reste terre-à-terre que The Last House est le plus intéressant. Derrière son dispositif de science-fiction se dessine une métaphore évidente du confinement, de notre rapport à l’isolement et de notre capacité à nous adapter à une nouvelle normalité. Le film tente également d’élargir son propos à la crise environnementale et à notre rapport à l’eau et à la planète. De belles pistes, malheureusement davantage esquissées qu’explorées.
Car plus The Last House avance, plus son scénario se fragilise. Le film accumule les questions intrigantes sans parvenir à leur apporter des réponses à la hauteur. La mystérieuse pluie, les phénomènes qui se produisent à l’extérieur, les étranges créatures et les implications écologiques du récit auraient pu donner naissance à une véritable mythologie. Au lieu de cela, le dernier acte expédie ses explications et transforme un mystère fascinant en une résolution étonnamment conventionnelle.
C’est d’autant plus frustrant que la première partie avait installé une tension presque idéale. Là où A Quiet Place parvenait à faire de la famille le véritable cœur émotionnel de son récit, The Last House peine à donner suffisamment de profondeur à ses personnages. On comprend que Jason, Riley et leurs enfants s’aiment, mais on ne ressent jamais véritablement leur histoire commune. Wagner Moura compense en partie ces lacunes par une présence très convaincante, tandis que Greta Lee semble davantage prisonnière d’un personnage sous-écrit que réellement mal choisie.

Visuellement, le film est pourtant loin d’être honteux. Louis Leterrier soigne sa mise en scène et la photographie, tournée en 35 mm, apporte une texture particulièrement agréable à cette atmosphère sombre et pluvieuse. Mais une belle enveloppe ne suffit pas à masquer les faiblesses d’un scénario qui finit par manquer de courage et d’imagination.
The Last House n’est donc pas le désastre annoncé par son potentiel, mais précisément l’inverse : un film frustrant parce qu’on entrevoit constamment celui qu’il aurait pu être. Son concept est excellent, certaines idées sont brillantes et plusieurs passages fonctionnent réellement. Mais à force de poser de bonnes questions sans leur apporter de réponses satisfaisantes, le film finit par se condamner lui-même.
Une excellente idée de départ, un survival domestique parfois efficace, mais une deuxième moitié qui dilue progressivement tout ce qui faisait son intérêt.

Si vous avez aimé : Brick (2025), A Quiet Place (2018), The Rain (2018), 10 Cloverfield Lane (2016), Under the Dome (2013), The Mist (2007), Right at Your Door (2006)

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