Spider-Man: Brand New Day
Vu
29 juillet 2026 – Kinepolis Liège
Année
2026
Réalisation
Destin Daniel Cretton
Durée
145′
Casting
T.Holland, Zendaya, J.Bernthal, J.Batalon, S.Sink, M.Ruffalo
Une toile tissée entre émotion et déjà-vu
Après le succès de Spider-Man: No Way Home, qui avait transformé la nostalgie en véritable événement cinématographique, Spider-Man: Brand New Day avait une mission particulièrement délicate : offrir un nouveau souffle à Peter Parker tout en refermant les blessures laissées par son dernier affrontement. L’idée de départ était pourtant prometteuse : un Spider-Man privé de tout ce qui définissait son équilibre, contraint d’avancer seul après avoir sacrifié ses relations avec MJ et Ned pour sauver le monde. Malheureusement, derrière cette belle promesse se cache un film qui peine à trouver sa propre identité et qui ressemble davantage à une transition vers de futurs projets qu’à une véritable renaissance.
Le principal intérêt du film réside dans son approche plus mélancolique du personnage. Peter Parker n’est plus l’adolescent enthousiaste des premiers volets. Il est désormais un héros marqué par la perte, la solitude et le poids de ses responsabilités. Tom Holland apporte une vraie maturité à son interprétation et livre probablement sa prestation la plus nuancée dans le rôle. Son Peter est vulnérable, parfois amer, prisonnier d’un quotidien où il est adulé en tant que Spider-Man mais oublié en tant que Peter Parker. Cette contradiction constitue le cœur émotionnel du film et rappelle pourquoi le personnage reste l’un des super-héros les plus humains de l’univers Marvel.

La relation avec MJ et Ned représente également la meilleure partie du récit. Les rares moments où Peter retrouve ceux qu’il aime possèdent une véritable force émotionnelle, notamment grâce à Zendaya, qui apporte une profondeur bienvenue à son personnage. Le film comprend que l’absence est parfois plus puissante que la présence et que le manque de cette ancienne vie est la véritable blessure de Peter. C’est dans ces instants intimistes que Brand New Day trouve enfin une voix personnelle.
Malheureusement, cette dimension dramatique est constamment parasitée par les obligations habituelles du Marvel Cinematic Universe. Le film hésite entre plusieurs directions : drame psychologique sur la solitude, buddy movie avec le Punisher, spectacle de super-héros rempli de connexions avec d’autres personnages… À force de vouloir préparer l’avenir du MCU, le film oublie parfois de raconter pleinement sa propre histoire. Les apparitions de Bruce Banner, Frank Castle ou d’autres figures de l’univers Marvel apportent quelques bons moments, mais donnent aussi l’impression d’un récit trop encombré.
Le problème vient également du scénario, qui recycle beaucoup d’idées déjà explorées dans la saga Spider-Man. La perte de contrôle de Peter, son conflit entre humanité et instinct, la peur de blesser ceux qu’il aime… autant de thèmes intéressants, mais qui rappellent parfois des intrigues déjà vues auparavant. Même la menace principale, pourtant dotée d’un concept intriguant autour du contrôle mental et du traumatisme, peine à devenir réellement mémorable.

Visuellement, le film alterne entre de belles propositions et une certaine banalité. Destin Daniel Cretton offre quelques séquences d’action efficaces, avec notamment une poursuite spectaculaire et des combats plus lisibles que dans beaucoup de productions Marvel récentes. Certaines scènes donnent même l’impression de retrouver l’énergie des comics. Mais l’ensemble manque d’une véritable identité visuelle et oscille constamment entre réalisme sombre et grand spectacle numérique.
Spider-Man: Brand New Day n’est donc pas un mauvais film, loin de là. Il possède un excellent Tom Holland, quelques beaux moments d’émotion et une volonté intéressante de faire évoluer son héros vers quelque chose de plus adulte. Mais il reste prisonnier de ses propres contradictions : il veut tourner une page tout en continuant à regarder constamment en arrière. Ce « nouveau jour » ressemble finalement davantage à une étape intermédiaire qu’à une véritable renaissance. Un épisode sympathique pour les fans, mais trop limité pour prétendre rejoindre les grands moments de la saga Spider-Man.

Si vous avez aimé : Daredevil: Born Again (2025), Moon Knight (2022), Spider-Man: No Way Home (2021), Invincible (2021), Upgrade (2018), The Punisher (2017), Chronicle (2012)

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