The Furious

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Une déferlante martiale qui frappe juste

Il y a des films qui cherchent à réinventer leur genre. Et puis il y a ceux qui savent exactement ce qu’ils veulent être et qui atteignent leur objectif avec une efficacité redoutable. The Furious appartient clairement à la seconde catégorie. Avec ce thriller d’action brutal et généreux, Kenji Tanigaki signe une véritable déclaration d’amour au cinéma martial asiatique, un spectacle physique où chaque coup porté semble rappeler une époque où les cascades, les chorégraphies et le talent des interprètes suffisaient à créer de grands moments de cinéma.

L’histoire, volontairement épurée, tient en quelques lignes : Wang Wei (Miao Xie), un père discret et solitaire qui gagne sa vie comme homme à tout faire, voit son quotidien basculer lorsque sa fille est enlevée par un réseau criminel spécialisé dans la traite d’enfants. Face à l’inaction d’institutions corrompues, il décide de prendre les choses en main. Sur sa route, il croise Navin (Joe Taslim), un journaliste infiltré qui tente de retrouver sa femme disparue alors qu’elle enquêtait sur ce même trafic. Deux hommes marqués par la perte et la douleur vont unir leurs forces pour remonter jusqu’aux responsables.

Le scénario de The Furious ne cherche jamais la complexité. Les enjeux sont clairs, les motivations immédiatement compréhensibles et les antagonistes volontairement manichéens. Pourtant, cette simplicité devient une force : elle permet au film de se concentrer sur ce qu’il maîtrise le mieux, à savoir l’action pure. Comme dans les grands récits de vengeance du genre, la colère devient un moteur émotionnel et chaque affrontement porte la souffrance des personnages.

La véritable réussite du film réside évidemment dans ses scènes de combat. Kenji Tanigaki, lui-même ancien cascadeur et figure importante de la chorégraphie martiale, démontre une maîtrise impressionnante de l’espace et du mouvement. Là où beaucoup de productions modernes cachent leurs faiblesses derrière un montage frénétique, The Furious fait confiance aux corps de ses acteurs. Les plans longs permettent d’admirer la précision des gestes, la violence des impacts et l’incroyable engagement physique des interprètes.

La chorégraphie imaginée par Kensuke Sonomura transforme chaque confrontation en véritable ballet de violence. Les combats ne se ressemblent jamais : affrontements dans une cage de MMA, poursuites urbaines, luttes dans des lieux abandonnés ou encore utilisation surprenante d’objets du quotidien comme armes improvisées. Marteaux, vélos, tables ou outils deviennent les prolongements d’une rage qui ne demande qu’à exploser. Le résultat est souvent excessif, parfois presque cartoonesque, mais toujours spectaculaire.

Au centre de cette déferlante, Miao Xie impressionne dans le rôle de Wang Wei. Ancien enfant star du cinéma d’arts martiaux chinois, il livre une prestation tout en retenue, capable d’exprimer la douleur, la peur et la détermination sans avoir besoin de longs dialogues. Face à lui, Joe Taslim apporte son charisme habituel et confirme une nouvelle fois qu’il est l’un des grands visages du cinéma d’action contemporain. Leur duo fonctionne parfaitement, deux silhouettes meurtries avançant ensemble vers une même quête de justice.

On pourra toutefois regretter une écriture parfois trop fonctionnelle. Les seconds rôles auraient mérité davantage de profondeur et certains antagonistes restent davantage des obstacles physiques que de véritables personnages. Quelques longueurs apparaissent également dans la dernière partie, où l’accumulation des combats finit par repousser les limites de l’endurance du spectateur.

Mais ces réserves ne diminuent pas réellement le plaisir procuré par l’ensemble. The Furious n’a pas la prétention de devenir une référence philosophique du genre. Il veut offrir une expérience viscérale, retrouver le plaisir presque enfantin de voir des artistes martiaux repousser les limites du possible et rappeler que le cinéma d’action peut encore être une affaire de sueur, de précision et de passion.

Une déferlante spectaculaire, imparfaite mais terriblement efficace, qui confirme que le cinéma martial asiatique a encore de nombreux coups à porter.

Scénario
3/5

Acting
4.5/5

Image
4.5/5

Son
3.5/5

Note globale
77.5%

The Furious est un thriller d’action explosif qui assume pleinement son amour du cinéma martial asiatique à travers une quête de vengeance intense et sans détour. Porté par des combats impressionnants et l’engagement physique de ses interprètes, le film privilégie l’efficacité et le spectacle à la complexité narrative. Malgré quelques faiblesses d’écriture, Kenji Tanigaki livre une expérience viscérale, généreuse et spectaculaire.

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