The Devil Wears Prada 2
Vu
9 juillet 2026 – À domicile
Année
2026
Réalisation
David Frankel
Durée
119′
Casting
A.Hathaway, M.Streep, S.Tucci, E.Blunt, S.Ashley, J.Theroux
Une nostalgie en talons hauts, mais sans le mordant d’autrefois
Vingt ans après avoir fait trembler les couloirs de Runway, Miranda Priestly et son équipe reviennent pour une suite que personne n’attendait forcément, mais que beaucoup étaient curieux de retrouver. Car The Devil Wears Prada 2 appartient désormais à cette catégorie particulière de films devenus des références générationnelles : une comédie culte portée par des personnages iconiques, des répliques mémorables et une alchimie rare entre Meryl Streep, Anne Hathaway, Emily Blunt et Stanley Tucci. Le problème d’un tel héritage est qu’il ne suffit pas de ressortir les mêmes costumes, les mêmes regards glacials et quelques clins d’œil complices pour retrouver la magie disparue. Malgré de bonnes intentions et quelques beaux moments, cette suite ressemble davantage à une visite nostalgique dans un musée de la pop culture qu’à une véritable nouvelle histoire.
L’idée de départ était pourtant prometteuse. En replongeant dans l’univers de Runway, le film cherche à raconter la disparition progressive d’un certain modèle médiatique : celui des magazines prestigieux remplacés par la course aux clics, les contenus instantanés et les logiques financières des grands groupes. À travers Andy Sachs, devenue journaliste reconnue avant d’être rattrapée par les difficultés économiques du secteur, le scénario propose une réflexion intéressante sur la valeur du journalisme, de la création artistique et du travail éditorial dans un monde dominé par les algorithmes et l’intelligence artificielle. Quelques scènes parviennent même à retrouver la pertinence sociale du premier volet en montrant les contradictions d’une industrie qui tente de préserver son âme tout en survivant.

Malheureusement, The Devil Wears Prada 2 ne semble jamais totalement savoir quelle histoire il souhaite raconter. Entre crise existentielle de Runway, affrontement avec de nouveaux dirigeants, intrigue romantique peu convaincante et sous-intrigue autour d’un projet d’écriture, le film accumule les pistes sans parvenir à leur donner une véritable force dramatique. Le récit manque cruellement de rythme et donne souvent l’impression d’enchaîner des situations destinées à rappeler aux spectateurs pourquoi ils avaient aimé le premier film. Quelques références, quelques tenues, quelques personnages familiers : la mécanique du souvenir prend progressivement le dessus sur celle de la narration.
Le plus grand regret concerne sans doute Miranda Priestly. Dans le film original, elle fascinait parce qu’elle était à la fois terrifiante, brillante et impossible à ignorer. Sa cruauté cachait une forme d’exigence professionnelle qui rendait le personnage ambigu. Ici, le scénario semble vouloir la rendre plus humaine sans vraiment explorer cette évolution. La patronne impitoyable est devenue une figure beaucoup plus passive, presque dépassée par son époque, et cette transformation enlève une grande partie de son mystère. Meryl Streep reste évidemment remarquable, capable de raconter davantage avec un simple regard qu’avec une longue tirade, mais même son immense talent ne peut compenser une écriture trop hésitante.

Heureusement, le plaisir de retrouver cette distribution fonctionne encore par moments. Emily Blunt retrouve avec aisance l’ironie mordante d’Emily Charlton, Stanley Tucci conserve son élégance et son humour, tandis qu’Anne Hathaway apporte toujours cette sincérité qui faisait le charme d’Andy. Lorsque ces personnages partagent l’écran, le film retrouve brièvement l’énergie qui avait fait le succès du premier opus. La mode demeure également un spectacle visuel séduisant, avec des costumes somptueux et quelques séquences particulièrement élégantes.
Mais ces éclats restent trop rares. À force de vouloir éviter de simplement répéter le passé, tout en cherchant constamment à le célébrer, The Devil Wears Prada 2 se retrouve coincé entre deux époques. Il critique un monde obsédé par l’image et la nostalgie tout en devenant lui-même prisonnier de cette logique. Une suite agréable par instants, portée par un casting toujours attachant, mais qui ne retrouve jamais l’étincelle, l’humour acéré et la personnalité du film original.
Une belle garde-robe ne suffit malheureusement pas à faire renaître un classique.

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