In Waves

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Quand l’eau raconte ce que les mots ne disent pas

Adapté du roman graphique autobiographique d’AJ Dungo, In Waves marque l’entrée en animation de Phuong Mai Nguyen avec une élégance visuelle qui frappe d’emblée, au point de rendre presque secondaire la question de son scénario. Présenté à Cannes dans la section Critics’ Week, le film s’impose comme une œuvre de facture classique mais d’une grande sincérité, qui épouse pleinement son statut de mélodrame romantique.

Le récit suit la rencontre entre AJ, adolescent timide passionné de skateboard et de dessin, et Kristen, surfeuse lumineuse habitée par une relation quasi spirituelle à l’océan. Leur histoire, construite sur les oppositions — terre contre mer, peur contre abandon, repli contre élan — trouve rapidement son rythme dans une chronique de premier amour d’une grande douceur. L’animation épouse cette énergie initiale avec une fluidité remarquable, notamment dans les scènes aquatiques où les vagues deviennent un langage à part entière, mouvant et sensuel.

Visuellement, le film impressionne constamment. Le mélange de 2D et de 3D, les palettes changeantes selon les émotions, les inserts en noir et blanc retraçant l’histoire mythique du surf hawaïen ou encore les séquences inspirées de croquis confèrent à l’ensemble une richesse sensorielle rare. L’eau, surtout, devient une véritable matière narrative, tour à tour refuge, terrain de jeu et espace de bascule émotionnelle. Cette ambition esthétique est unanimement saluée comme le grand atout du film.

Sur le plan narratif, en revanche, le film s’inscrit dans une trajectoire plus prévisible. L’évolution du couple suit une progression attendue, du coup de foudre adolescent à la confrontation avec la maladie, jusqu’au basculement vers le deuil. Plusieurs critiques soulignent un sentiment de familiarité, parfois renforcé par des personnages secondaires peu développés et une intrigue qui peine à dépasser les conventions du récit initiatique romantique. Le basculement vers le drame médical, bien que traité avec délicatesse, repose sur des motifs déjà largement explorés ailleurs.

C’est pourtant dans l’émotion que In Waves trouve sa puissance la plus immédiate. Porté par les voix de Will Sharpe et Stephanie Hsu, le film parvient à rendre palpable la tendresse du lien entre AJ et Kristen, même lorsque la structure dramatique devient plus attendue. Certaines séquences hospitalières ou de rémission sont d’une grande justesse, capturant à la fois la résilience et la fragilité des personnages, sans jamais totalement sombrer dans le pathos.

Mais cette intensité émotionnelle divise aussi la critique. Là où certains y voient une œuvre profondément touchante sur le deuil et la mémoire, d’autres regrettent un traitement trop lisse, voire idéalisé, de la maladie et de la perte, ainsi qu’un manque d’intériorité accordée à Kristen en dehors du regard d’AJ. Le film repose alors sur une métaphore filée — celle des vagues du chagrin — qui, selon ses détracteurs, finit par frôler la formule.

Malgré ces réserves, In Waves s’impose comme une œuvre généreuse et formellement remarquable, dont la beauté plastique et la sincérité émotionnelle emportent largement l’adhésion. Un film parfois trop sage dans son écriture, mais profondément habité dans sa mise en images, qui laisse une empreinte durable.

Scénario
4/5

Acting
4/5

Image
4.5/5

Son
4/5

Note globale
82.5%

Adaptation du roman graphique d’AJ Dungo, In Waves séduit d’abord par une mise en images d’une grande finesse, où l’animation mêle techniques et textures pour donner une forte dimension sensorielle à l’ensemble. Le film raconte une histoire d’amour adolescente entre un jeune skateur introverti et une surfeuse liée à l’océan, construite sur des contrastes simples qui guident une trajectoire sentimentale assez attendue. Si la progression narrative reste balisée et parfois convenue, notamment dans son glissement vers la maladie et la perte, l’œuvre compense par une véritable justesse émotionnelle et des moments de grande délicatesse. Malgré quelques limites dans l’écriture des personnages, l’ensemble touche par sa sincérité et la puissance de son univers visuel, laissant une impression durable.

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