The Bear S4

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Une série qui cesse de crier pour mieux se faire entendre

Il fut un temps où The Bear nous happait par l’intensité de ses cris, l’urgence des cuisines et les tensions palpables à chaque service. La quatrième saison, elle, s’ouvre dans un silence bouleversant: un simple échange entre deux frères, Carmy et Mikey, dans une cuisine baignée de souvenirs. Dix minutes suffisent pour briser le cœur trois fois. Et pourtant, c’est dans cette douceur retrouvée que la série atteint (enfin) sa maturité.

Oubliées les répétitions de la saison précédente, The Bear se réinvente sans trahir son essence. Elle ne cherche plus à étourdir par ses montages effrénés ou ses disputes à couteaux tirés, mais à faire émerger autre chose – un apaisement fragile, né de la douleur, du pardon et d’un désir commun de réconciliation. Le restaurant n’est plus l’unique enjeu ; il devient le théâtre d’une thérapie collective. La cuisine reste présente, bien sûr – dans ces plans élégants sur des plats perfectionnés, accompagnés de morceaux choisis des Who, de Talk Talk ou de Tangerine Dream – mais elle n’est désormais qu’un fil conducteur, pas la finalité.

Au cœur de la saison, un épisode-somme, sublime et généreux, célèbre le mariage de Tiff, l’ex-femme de Richie. Tous les visages familiers sont là et l’émotion affleure à chaque scène. La série retrouve la magie de son chef-d’œuvre « Fishes » (saison 2) mais avec une tonalité radicalement différente: là où régnait le chaos, ce sont maintenant les excuses, les regards tendres et les mains tendues qui dominent. Les blessures ne sont pas oubliées mais elles sont reconnues, doucement pansées, parfois avec maladresse, souvent avec grâce.

La série prend aussi le temps d’élargir son regard. Un épisode consacré à Sydney, écrit avec une délicatesse remarquable par Ayo Edebiri et Lionel Boyce, explore ses doutes face à un avenir incertain, loin de Carmy, mais peut-être aussi loin d’elle-même. À travers ses hésitations, c’est toute la série qui s’interroge sur ce qu’elle veut devenir. Et sa réponse est belle:  The Bear Saison 4 choisit d’honorer ses personnages, de leur offrir une chance d’évoluer plutôt que de ressasser.

Même les critiques négatives du Chicago Tribune, point de départ de la tension narrative, deviennent un miroir intelligent des doutes entourant la série elle-même. Mais les showrunners, avec une assurance tranquille, répondent par la cohérence et l’émotion. Chaque détail – qu’il s’agisse d’un mot murmuré ou d’un simple plan sur un plat de pâtes – trouve ici sa place dans une symphonie maîtrisée.

Si cette saison devait être la dernière, elle en aurait la justesse. Mais la porte reste entrouverte et ce flou est à l’image de la série: un récit suspendu entre la fragilité humaine et la beauté du collectif, entre le chaos de la cuisine et le silence des réconciliations. Comme Carmy le dit à Mikey dans un rêve ou un souvenir: « Nous pourrions rendre les gens heureux ». Mission accomplie !

Scénario
5/5

Acting
4.5/5

Image
5/5

Son
4.5/5

Note globale
95%

Dans un souffle plus calme et plus introspectif, The Bear S4 délaisse le tumulte de ses débuts pour explorer la réconciliation, les émotions contenues et les chemins de guérison. Cette saison, traversée par des épisodes d’une rare sensibilité, accorde à chaque personnage l’espace pour évoluer. La tension dramatique cède la place à une harmonie fragile, portée par une mise en scène subtile. Une saison d’accomplissement, aussi délicate que bouleversante.

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  1. Pourquoi cette photo 😜 Je donne 100/100 et je suis en dépression 🤣 y a pas à laisser les gens seuls comme ça après 10 épisodes. Ça gueule quand-même bien par moment, hein. Comme toujours, analyse très juste, merci xxx

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    1. En effet, quotidien difficile depuis la fin de la saison 4 😉
      Ahlalala Claire et Carm ❤

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  2. C’est une série qui est calme quand elle doit être calme, énervée quand elle doit être énervée etc. Le truc c’est qu’elle fait tout bien. Perso c’est un 10/10 coup de coeur. Ce que j’aime aussi, c’est le développement des personnages qui est pour moi, un point essentiel dans une bonne histoire qu’on a envie de regarder et qui manque cruellement dans la plupart des séries et des films actuels et je ne citerais pas une certaine série coréenne que tout le monde adore et où les personnages sont unidimensionnels et n’évoluent pas d’un poil en trois saisons…

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    1. Et quelle évolution des personnages 🙂
      C’est typiquement le genre de série qui nous touche sans qu’on sache toujours dire pourquoi !

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