Havoc
Vu
2 juin 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
Gareth Evans
Production
Netflix
Casting
T.Hardy, J.M.Li, T.Olyphant, F.Whitaker, J.Cornwell
Thriller poisseux et néons rouges
Avec Havoc, Gareth Evans livre un thriller d’action dense et brutal, qui puise à la fois dans les codes du film noir urbain et dans les traditions du Heroic Bloodshed hongkongais. Le film, porté par un Tom Hardy impressionnant, s’impose comme une odyssée violente et visuellement soignée au cœur d’une métropole rongée par la corruption.
Dès les premières minutes, une poursuite effrénée autour de banales machines à laver annonce la couleur: Havoc ne fait pas dans la dentelle. Ce monde en ruine, saturé de fumée et de néons rouges, évoque autant les arrière-cours de The Raid que les nuits poisseuses de John Wick. Hardy incarne Patrick Walker, un détective au passé trouble, lancé sur les traces du fils d’un candidat à la mairie, lui-même empêtré dans un trafic de drogue ayant mal tourné. Rapidement, le chaos s’installe et les alliances se brouillent.

Les scènes d’action – nombreuses, chorégraphiées avec précision et filmées avec la maestria d’un Matt Flannery (Gangs of London) en grande forme – constituent la principale force du film. Une séquence spectaculaire dans un bunker souterrain sert de point culminant, combinant violence graphique et virtuosité technique. L’influence de The Raid transparaît clairement, même si les arts martiaux cèdent souvent la place à des échanges de tirs frénétiques. Chaque affrontement semble viser une forme de ballet meurtrier, aussi stylisé qu’implacable.
Mais Havoc ne parvient pas à égaler ses modèles. Malgré une ambiance visuelle captivante et une mise en scène inspirée, le scénario souffre d’un excès de ramifications mal exploitées. Entre complots politiques, policiers corrompus, triades chinoises et trahisons multiples, l’intrigue s’enlise et perd de sa clarté. Le personnage principal, pourtant incarné avec intensité par Hardy, reste en surface: son passé, introduit par une voix off peu subtile et un flashback convenu, manque d’épaisseur dramatique.

Autour de lui, quelques figures intriguent, comme la policière incarnée par Jessie Mei Li, dont la gestuelle rigide et les réparties sèches évoquent une partenaire inattendue. Mais le récit lui accorde trop peu de place pour en faire une présence marquante. La galerie de personnages secondaires, bien que prometteuse, reste sous-exploitée.
Malgré ses limites, Havoc s’impose comme un divertissement robuste pour les amateurs d’action frontale. Evans ne cache ni ses influences ni son goût pour le recyclage stylisé mais il le fait avec une honnêteté formelle qui distingue le film dans la production actuelle. Si l’ensemble ne rivalise pas avec les sommets atteints par les films de Keanu Reeves ou par The Raid, il parvient néanmoins à canaliser une énergie brute et frénétique, portée par la présence magnétique d’un acteur en pleine possession de ses moyens.
Si vous avez aimé : Sicario (2015), John Wick (2014), The Departed (2006), Training Day (2001), L.A. Confidential (1997), Heat (1995), The Killer (1989)

Répondre à Pierre Vanesse Annuler la réponse.