The Housemaid

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Quand le roman pulp se heurte à Hollywood – Un duel d’ego raté dans une villa luxueuse

The Housemaid, réalisé par Paul Feig et adapté du roman éponyme de Freida McFadden, se présente comme un thriller domestique aux promesses séduisantes, mais qui peine à les tenir. Le film raconte l’histoire de Millie Calloway (Sydney Sweeney), une jeune femme en difficulté qui décroche un poste de gouvernante dans la luxueuse demeure des Winchester sur Long Island, où elle se retrouve confrontée à la volatile Nina (Amanda Seyfried) et à l’impeccable mais ambigu Andrew (Brandon Sklenar).

Le premier problème du film réside dans son ton instable. Les critiques s’accordent à souligner que The Housemaid n’est ni suffisamment sérieux pour instaurer une tension dramatique crédible, ni assez exagéré ou ironique pour devenir un plaisir coupable à la Death Becomes Her ou A Simple Favor. Les scènes censées être érotiques ou chargées de suspense restent plates, malgré de nombreuses nudités et un récit qui tourne autour de manipulations psychologiques. L’adaptation du roman supprime la narration incisive de Millie et édulcore la nature dévorante de Nina, ce qui réduit la profondeur psychologique et transforme ce qui aurait pu être un duel d’ego intense en simple jeu de regards et de dialogues souvent trop superficiels.

Le jeu des acteurs reflète cette inégalité. Amanda Seyfried incarne une Nina hystérique avec un engagement théâtral proche du grotesque, réussissant à capter l’attention malgré un scénario et une mise en scène limitants. Sydney Sweeney, quant à elle, apparaît initialement détachée, presque endormie, avant de retrouver un semblant de vivacité lors de la troisième partie du film. Brandon Sklenar reste passablement neutre, un mari séduisant mais émotionnellement plat, tandis qu’Elizabeth Perkins, en mère de famille stricte, offre la performance la plus mémorable de ce casting hétérogène.

L’adaptation se heurte également à une esthétique et un design sous-exploités. Les décors Long Island et les costumes raffinés, qui auraient pu renforcer le contraste entre opulence et tension domestique, ne sont que partiellement exploités. Certaines critiques notent toutefois que ces éléments apportent une constance visuelle, même si le montage hésitant et les dialogues parfois maladroits limitent leur impact.

Enfin, si le film possède des moments de suspense et quelques rebondissements, ils sont souvent télégraphiés ou traités avec une vitesse telle qu’ils en perdent leur crédibilité. La progression de l’intrigue souffre d’un rythme inégal : la première moitié s’étire dans un drame domestique convenu, tandis que la dernière partie tente d’introduire une énergie plus expressive et audacieuse, mais sans réussir à unir les deux registres.

En conclusion, The Housemaid est un film inégal, tiraillé entre thriller domestique, érotisme timide et satire involontaire des codes du genre. Ses atouts résident dans la performance outrancière de Seyfried et quelques touches visuelles plaisantes, mais le ton hésitant, le manque de chimie entre les personnages principaux et la faiblesse initiale de Sweeney empêchent le film d’atteindre son potentiel. Il s’agit d’une adaptation qui illustre bien les difficultés à traduire un roman pulp sur grand écran : suffisamment intrigante pour susciter un intérêt ponctuel, mais trop incohérente pour laisser une impression durable.

Scénario
1/5

Acting
2/5

Image
2/5

Son
1.5/5

Note globale
32.5%

The Housemaid, réalisé par Paul Feig, oscille entre thriller domestique et érotisme timide sans jamais pleinement convaincre. Malgré l’engagement théâtral d’Amanda Seyfried et quelques éléments visuels soignés, le film souffre d’un ton inégal, d’une intrigue superficielle et de personnages manquant de chimie. L’adaptation édulcore le roman original, transformant un duel psychologique intense en simple jeu de regards. Résultat : un récit intrigant par moments, mais globalement trop incohérent pour marquer durablement.

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  1. Il s agit selon moi de ce type de film durant lequel, si le le scénario est déjà connu via le livre, la saveur du stress et l inquiétude psychologique sont absents. Ce n est pas inéluctable pour un film basé sur un best seller populaire et accessible à la lecture, mais ce film rate ce challenge je trouve.

    Guillaume Francois FR/ENG/NL
    +32 474950988


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    1. Merci beaucoup pour ton retour, il est très pertinent 🙏

      Je comprends totalement ce que tu veux dire : quand on connaît déjà l’histoire via le livre, le film doit réussir à recréer — ou réinventer — la tension et l’inquiétude psychologique. Sinon, une partie de la surprise et du stress peut effectivement s’évaporer.

      C’est là, selon moi aussi, que se joue le vrai défi d’une adaptation : ne pas simplement transposer, mais proposer une expérience de cinéma qui justifie son existence, même pour les lecteurs. Cf. le encore plus récent Wuthering Heights 😉

      Merci en tout cas d’avoir pris le temps de partager ton ressenti, c’est toujours enrichissant d’échanger là-dessus 🎬

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  2. Je me suis régalé à lire ta critique qui hache menu cette nouvelle coqueluche du box office. Si le film partage le titre anglais d’un fameux chef d’œuvre du cinéma coréen, il n’en a apparemment pas la même saveur. Je m’abstiendrai donc, tu confirmes avec les formes ce que d’autres échos m’ont laissé comprendre.

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    1. Merci pour ton retour, ça me touche beaucoup ! 🙂

      Effectivement, le titre évoque un monument — difficile de ne pas penser à Im Sang-oo — mais l’expérience proposée ici joue dans une tout autre catégorie. Tout dépend des attentes, mais pour ma part, la déception a été à la hauteur de la promesse.

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