The Rip
Vu
20 janvier 2026 – À domicile
Année
2026
Plateforme
Netflix
Durée
112′
Casting
M.Damon, B.Affleck,, T.Taylor, K.Chandler, S.Yeun, S.Calle
L’alchimie Damon–Affleck au service d’un polar classique
The Rip s’inscrit dans cette tradition de thrillers policiers solides, tendus et volontiers rétro, qui misent davantage sur l’efficacité que sur la profondeur. Porté par le duo Matt Damon – Ben Affleck et réalisé par Joe Carnahan, le film avance à vive allure, enchaînant les rebondissements avec une assurance presque insolente. Le résultat se révèle indéniablement prenant, mais laisse aussi un léger goût d’inachevé, comme si son potentiel dramatique et thématique n’était qu’effleuré.
Dès son ouverture brutale, le film installe un climat de méfiance généralisée. Une unité spécialisée de la police de Miami, habituée aux opérations musclées et aux zones grises, se retrouve confrontée à une découverte hors norme : une somme d’argent colossale cachée dans une maison de banlieue. À partir de là, chaque regard devient suspect, chaque décision lourde de conséquences. Le scénario joue habilement avec la paranoïa et la pression du temps, transformant une procédure policière en huis clos nerveux où la menace peut surgir de l’extérieur… ou de l’intérieur.

La force principale du film repose sur son casting. Damon et Affleck, forts d’une longue complicité à l’écran comme en coulisses, apportent une crédibilité immédiate à leurs personnages de flics fatigués, marqués par le deuil et les compromis. Leur alchimie fonctionne sans effort apparent et donne au récit une assise humaine bienvenue, même lorsque l’écriture se contente de traits assez convenus. Autour d’eux, le reste de la distribution assure avec sérieux, mais souffre d’un manque de développement. Plusieurs personnages prometteurs restent cantonnés à des fonctions purement narratives, privés de véritables arcs émotionnels.
Joe Carnahan, cinéaste rompu au cinéma de genre, démontre une nouvelle fois son savoir-faire formel. La mise en scène est nerveuse, lisible, souvent efficace dans sa manière de maintenir la tension sans sombrer dans la surenchère. La caméra épouse l’urgence des situations, les scènes d’action sont claires et percutantes, et l’ensemble dégage une énergie brute qui empêche le film de retomber. Cette maîtrise technique permet de masquer en partie les faiblesses du scénario, notamment lorsque celui-ci s’appuie trop lourdement sur les twists.

Car c’est bien là que The Rip montre ses limites. À force de vouloir surprendre, le film finit par rendre ses révélations prévisibles, voire mécaniques. Les thèmes qu’il convoque — corruption, loyauté, tentation de l’argent, responsabilité morale — restent en surface. L’institution policière n’est jamais véritablement interrogée, et les dilemmes éthiques, pourtant au cœur du récit, sont rapidement résolus au profit de l’action. Même les drames personnels des protagonistes, esquissés avec sérieux, servent davantage à justifier leurs actes qu’à nourrir une véritable réflexion.
Reste un thriller robuste, parfois très divertissant, qui rappelle le cinéma d’action américain du début des années 2000 : efficace, musclé, porté par des stars charismatiques. The Rip se regarde avec plaisir, se suit sans ennui, mais peine à laisser une empreinte durable. Un film honnête et bien exécuté, qui aurait gagné à creuser davantage ses zones d’ombre pour dépasser le simple divertissement et atteindre une réelle densité dramatique.

Si vous avez aimé : Bad Boys: Ride or Die (2024), Ambulance (2022), End of Watch (2012), The Departed (2006), Training Day (2001), Internal Affairs (1990), Prince of the City (1981), Serpico (1973)

Répondre à thierrymathot Annuler la réponse.