Predator: Badlands

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Quand la franchise se cherche entre audace et maladresse

Après plusieurs années d’incertitude sur l’avenir de la franchise, Predator: Badlands tente un pari audacieux : humaniser l’iconique chasseur extraterrestre pour en faire un héros attachant. L’histoire suit Dek, un jeune Predator jugé faible par son père, qui doit prouver sa valeur en affrontant la terrifiante créature Kalisk sur la planète Genna. Pour survivre, il est contraint de s’associer à Thia, un synth, jouée par Elle Fanning, dont le charme et la spontanéité apportent une fraîcheur bienvenue à ce récit de survie intergalactique.

Le film se distingue immédiatement par sa volonté de rendre le Predator vulnérable et sensible, dotant Dek de traits humains tels que la peur, l’empathie et un sens du devoir envers sa famille. Ce choix narratif, central dans le film, divise. D’un côté, il permet de renouveler la franchise et d’offrir des interactions parfois touchantes entre Dek et Thia, ainsi qu’avec d’autres créatures qu’ils rencontrent en chemin. La dynamique improbable de cette équipe – où un extraterrestre et un robot apprennent à coopérer – constitue le point le plus réussi du film, donnant quelques scènes de complicité et d’humour qui fonctionnent malgré leur côté inattendu.

Cependant, cette humanisation se fait au détriment de l’essence même de la saga. Le Predator, autrefois figure terrifiante et mystérieuse, perd de son aura intimidante au profit d’une approche plus « buddy movie ». Le mystère et l’horreur, piliers des films originaux, sont largement dilués. Le spectateur retrouve un personnage désormais presque familier, dont les émotions et les dialogues humoristiques rendent certaines scènes involontairement comiques. L’équilibre entre action spectaculaire et moments légers n’est pas toujours maîtrisé, et certaines séquences paraissent maladroites, notamment lorsque le film oscille entre la violence typique de la saga et des interventions plus « gentilles » ou adaptées à un public plus large.

Visuellement, le film reste séduisant. La planète Genna se révèle imaginative et dangereuse, avec une faune et une flore hostiles qui rappellent les premières aventures de la saga. Les scènes d’action, bien chorégraphiées, offrent des moments de tension et d’émerveillement, même si elles manquent parfois de singularité et évoquent d’autres productions du genre. L’interprétation d’Elle Fanning constitue un autre point fort : son énergie, sa justesse et son humour contribuent largement à rendre la relation avec Dek crédible et intéressante, et lui donnent une place centrale dans le récit.

Predator: Badlands est donc un film à double tranchant. Sa volonté de réinventer la franchise en jouant sur la sensibilité et l’humour des personnages est louable et offre des scènes originales et attachantes. Mais cette même audace entraîne la perte de ce qui faisait la force du Predator : la peur et l’inconnu. Le résultat est une expérience inégale, à la fois divertissante et frustrante, qui séduira ceux ouverts à une approche plus légère et humaine de l’univers Yautja, mais laissera les puristes sur leur faim.

En conclusion, Predator: Badlands se regarde avec plaisir pour ses moments de charme et d’action, mais il peine à retrouver l’intensité et la terreur qui ont fait la légende de la saga.

Scénario
3/5

Acting
2.5/5

Image
3.5/5

Son
2/5

Note globale
55%

Predator: Badlands tente de renouveler la franchise en présentant un Predator vulnérable et attachant, qui doit s’allier à Thia, un robot au caractère rafraîchissant. Si cette approche apporte des interactions touchantes et un humour surprenant, elle atténue l’aura terrifiante de la saga. Les scènes d’action et le cadre visuel restent impressionnants, mais l’équilibre entre tension et légèreté est parfois maladroit. Le film divertit tout en laissant une impression inégale, séduisant davantage les spectateurs ouverts à une version plus humaine de l’univers Yautja.

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  1. Très belle analyse, nuancée et bien structurée.Tu mets le doigt sur le vrai point de bascule du film : cette humanisation assumée du Predator, qui fait à la fois sa singularité et sa principale ligne de fracture avec l’héritage de la saga. Là où je te rejoins totalement, c’est sur la réussite du duo Dek / Thia, dont la dynamique apporte une fraîcheur inattendue et souvent sincère, portée notamment par une Elle Fanning très juste.

    De mon côté, j’ai peut-être davantage adhéré à cette prise de risque, voyant dans cette perte partielle de l’aura horrifique non pas une trahison, mais une redéfinition consciente du mythe, un peu comme si Trachtenberg acceptait de sacrifier la terreur pure au profit d’un récit initiatique et émotionnel plus ample. Le côté « buddy movie » que tu soulignes m’a semblé globalement maîtrisé, même s’il est clair qu’il peut désarçonner les puristes.

    Quoi qu’il en soit, ton regard met parfaitement en lumière cette tension entre renouvellement et fidélité, et c’est précisément ce débat qui rend Badlands aussi intéressant à discuter. Merci pour cette lecture stimulante !

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