Andor S2
Episodes vus
12/12
Année
2025
Réalisation
T.Haynes, S.White, B.Caron, A.Kleiman, J.Metz et A.Ruizpalacios
Production
Disney+
Casting
D.Luna, A.Arjona, S.Skarsgard, K.Soller, D.Gough, G.O’Reilly
Sous l’ombre de l’Empire – La naissance d’une rébellion
Sous l’ombre écrasante d’un Empire sans visage, Andor tisse patiemment les fils d’une insurrection naissante, au plus près des visages, des silences et des doutes. La deuxième saison prolonge l’ambition rare du premier opus: transformer l’univers de Star Wars en un terrain d’expérimentation politique et humain, sans sabres laser ni prophétie cosmique. Ici, pas de héros tout-puissants, mais des femmes et des hommes ordinaires, broyés par la machine totalitaire, qui apprennent à se lever malgré la peur.
Conçue par Tony Gilroy comme un thriller d’espionnage lentement inflammable, la série s’écarte résolument du space opera pour épouser une dramaturgie réaliste, tendue, souvent glaçante. L’Empire n’est plus un décor, mais un système: bureaucratique, paranoïaque, implacable. Les couloirs de Coruscant, les cellules de l’ISB, les alliances bancales de la rébellion… chaque lieu devient le théâtre d’un étouffement progressif, où le mensonge règne et où la vérité n’existe plus qu’en fragments.

Andor, porté par un Diego Luna sobre et tendu, poursuit son évolution d’homme fuyant à figure centrale de la résistance. Autour de lui gravitent des personnages admirablement dessinés: la sénatrice Mon Mothma, tiraillée entre devoir et sacrifice intime ; Luthen Rael, figure paternelle au pragmatisme glaçant ; ou encore Dedra Meero et Syril Karn, rouages fascinants d’une machine impériale qui se surveille elle-même. Tous luttent, chacun à leur manière, contre un ordre qui manipule les perceptions autant que les corps.
La série explore, avec une acuité rare, les rouages de la propagande, les dilemmes moraux de l’engagement et la porosité entre idéal et radicalisation. Ghorman, planète fictive au destin tragique, devient le symbole d’un monde déstabilisé pour des intérêts minéraux cachés, et d’une guerre des images où l’Empire orchestre sa propre légitimité. Le parallèle avec les dérives contemporaines — climatiques, autoritaires, médiatiques — ne saurait être plus pertinent.

Ce qui frappe surtout, c’est l’intelligence du rythme. Chaque trio d’épisodes forme un mini-film au tempo maîtrisé, où l’attente n’est jamais vide: elle prépare, consolide, élève. Les dialogues ciselés, la mise en scène précise et les décors tangibles (entre brutalisme impérial et nature sacrifiée) confèrent à Andor une texture cinématographique rare à la télévision. Même les scènes d’action, plus présentes en deuxième moitié de saison, gagnent en intensité grâce à la lenteur qui les précède.
Loin d’être une simple réussite formelle, la série interroge profondément la notion de résistance. Que sommes-nous prêts à perdre pour défendre une idée ? Un amour, une identité, une part de nous-même ? Andor répond sans grandiloquence, par l’exemple discret de ses personnages, par leurs regards et leurs silences. Et si la vérité vacille, la série affirme que c’est précisément dans le doute que naît la liberté.

Si vous avez aimé : Foundation (2021), Rogue One: A Star Wars Story (2016), The Expanse (2015), District 9 (2009), Brazil (1985), THX 1138 (1971), Z (1969)

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