The Fantastic Four: First Steps

Vu

Année

Réalisation

Production

Casting

Retour en grâce d’une famille déjantée

Dans un paysage saturé de super-héros, Marvel tente une pirouette audacieuse: celle du ton léger, de la couleur pop et de la comédie familiale. Avec The Fantastic Four: First Steps, le studio renoue avec l’esprit pulp des origines, sans pour autant renier les ambitions spectaculaires qui ont fait son succès. Résultat: une fresque rétro-futuriste bancale mais attachante, où les enjeux cosmiques côtoient les chamailleries domestiques.

Le film s’ouvre dans un New York idéalisé des années 1960, baigné de lumière artificielle et de gadgets absurdes. Dans un appartement high-tech digne d’une sitcom vintage, Reed Richards, Sue Storm, Johnny Storm et Ben Grimm vivent comme une famille recomposée au bord de la crise de nerfs. Pedro Pascal, en M. Fantastique un brin lunaire, et Vanessa Kirby, impeccable en Sue Storm tout en détermination silencieuse, incarnent un couple au bord d’un tournant inattendu. L’équilibre déjà fragile du foyer se fissure.

La dynamique entre les membres de cette étrange tribu fonctionne à plein régime. Johnny, adolescent attardé à combustion spontanée (Joseph Quinn), et Ben, colosse au cœur tendre piégé dans une enveloppe de roche (Ebon Moss-Bachrach), jouent les grands enfants dans une maison qui ressemble davantage à un terrain de jeu qu’à un QG de super-héros. Entre chamailleries, jalousies et tendres maladresses, ce quatuor trouve dans ses dysfonctionnements une force inédite. C’est là que le film touche juste: dans l’émotion qui affleure derrière l’humour slapstick*, dans cette chaleur humaine qui rend le danger plus palpable.

*slapstick: type d’humour physique caractérisé par des gags exagérés et des actions comiques, comme des chutes, des coups et des poursuites, qui provoquent le rire grâce à l’exagération et au non-respect des lois physiques. L’origine du terme vient des bâtons utilisés dans le théâtre pour imiter des claques sonores, créant un effet comique. 

La menace, justement, vient du ciel. Le Surfeur d’Argent (Julia Garner, énigmatique et troublante) annonce la destruction imminente de la Terre par Galactus, entité affamée de planètes et vaguement mélancolique. Pour l’éviter, un dilemme moral est requis. Ce dernier confère une gravité bienvenue à ce conte coloré. Le film ne s’attarde pas inutilement sur la genèse des pouvoirs ou sur la mécanique du multivers: il préfère avancer à vive allure, en assumant pleinement ses bizarreries et ses élans cartoonesques.

Visuellement, Matt Shakman compose un univers délirant, saturé de références et de textures rétro, jusqu’aux affiches fictives des films projetés à Times Square. Il ose l’absurde et la tendresse mais peine parfois à trouver l’équilibre entre le pastiche assumé et la tension narrative. L’affrontement final, aussi explosif qu’attendu, n’échappe pas au trop-plein numérique ni aux codes désormais familiers du genre. Mais la sincérité de l’ensemble sauve ce climax de l’indifférence.

First Steps n’est pas le renouveau tant espéré de l’empire Marvel mais il en incarne une respiration salutaire. Drôle, sincère, parfois bancal mais attachant, le film assume son ambition modeste: redonner aux super-héros une dimension humaine, au sens le plus littéral du terme. Un pas de côté rafraîchissant… qui, espérons-le, en amorcera d’autres.

Scénario
3.5/5

Acting
4/5

Image
4/5

Son
3.5/5

Note globale
75%

Dans un décor rétro et une ambiance de comédie familiale, First Steps revisite les aventures des Quatre Fantastiques avec une énergie colorée et une dose d’émotion inattendue. Loin des standards du genre, le film mêle absurdité assumée, enjeux cosmiques et dilemmes intimes. Si son style bancal désarçonne parfois, sa chaleur humaine et sa sincérité en font une œuvre singulière. Un divertissement imparfait mais revigorant dans l’univers Marvel.

Laisser un commentaire

  1. C’est toujours avec grand plaisir que je lis tes critiques, et c’est avec le même plaisir que je découvre combien nous accordons nos ressentis sur cette nouvelle version des FF à l’écran. Un film attachant, le terme est tout-à-fait approprié pour un blockbuster qui ne manque pas de défauts pourtant. Un scénario rendu bancal très certainement par des coupes nombreuses, débouchant sur des raccourcis dommageables et des scories inutiles. Mais Shakman emballe joliment le produit, le marketing fonctionne toujours aussi bien du côté de la Marvel. J’en reprendrai volontiers une louche sur ordonnance du Docteur Fatalis.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci beaucoup pour ton message, ça me fait vraiment plaisir ! 🙂
      Oui, malgré ses failles structurelles et ses raccourcis parfois frustrants, ce Fantastic Four a quelque chose d’étrangement sympathique – peut-être ce petit supplément d’âme qu’on n’attendait plus vraiment d’un Marvel. Shakman réussit à donner un ton singulier à l’ensemble, et même si l’intrigue semble avoir été charcutée au montage, on sent poindre une vraie envie de renouer avec une forme de narration plus organique.
      Quant au Docteur Fatalis… s’il revient avec une bonne ordonnance narrative, je signe tout de suite moi aussi !

      Aimé par 1 personne

      1. Doom generation ! 😉

        Je crois que le style Shakman joue beaucoup sur le charme de cette nouvelle version FF. Cette lecture alternative, très marquée par la culture sitcom, le style publicitaire hérité de la télévision faisait déjà toute l’originalité de l’excellente série « WandaVision ». Il lui fallait cette fois tenir sur la longueur d’un film (un « récit complet Marvel » disait-on dans les comics que je lisais), un pari plus difficile à tenir. Il ne s’en sort pas trop mal et me laisse un bon souvenir de séance.

        The FF will be back. A suivre donc…

        Aimé par 1 personne

        1. Merci pour ce retour détaillé ! 😊
          Effectivement, Shakman réussit à transposer l’esprit « sitcom/publicité » de WandaVision dans un format plus long, ce qui n’était pas évident pour un récit de type « film Marvel ». Comme tu le notes, le pari est relevé avec brio à certains moments, même si la continuité sur la longueur reste délicate.
          Espérons que les prochaines aventures de la FF sauront consolider cet équilibre et nous surprendre à nouveau. À suivre…

          Aimé par 1 personne

  2. Bravo pour la critique car face à ce genre de réalisation il est ardu de trouver un fil conducteur pour présenter sans noter et sans passer à côté !

    Aimé par 2 personnes

    1. Merci beaucoup pour ton commentaire ! 😉
      C’est exactement ce qui a rendu l’écriture de cette critique à la fois stimulante et délicate. Trouver un angle qui respecte la complexité de la mise en scène sans tomber dans l’écueil du jugement simpliste, c’était tout le défi.
      Je suis ravi que cela t’ait parlé !

      J’aime