The Fantastic Four: First Steps
Vu
23 juillet 2025 – Pathé (Maastricht)
Année
2025
Réalisation
Matt Shakman
Production
Marvel Studios
Casting
V.Kirby, P.Pascal, J.Quinn, E.Moch-Bachrach, J.Garner, R.Ineson
Retour en grâce d’une famille déjantée
Dans un paysage saturé de super-héros, Marvel tente une pirouette audacieuse: celle du ton léger, de la couleur pop et de la comédie familiale. Avec The Fantastic Four: First Steps, le studio renoue avec l’esprit pulp des origines, sans pour autant renier les ambitions spectaculaires qui ont fait son succès. Résultat: une fresque rétro-futuriste bancale mais attachante, où les enjeux cosmiques côtoient les chamailleries domestiques.
Le film s’ouvre dans un New York idéalisé des années 1960, baigné de lumière artificielle et de gadgets absurdes. Dans un appartement high-tech digne d’une sitcom vintage, Reed Richards, Sue Storm, Johnny Storm et Ben Grimm vivent comme une famille recomposée au bord de la crise de nerfs. Pedro Pascal, en M. Fantastique un brin lunaire, et Vanessa Kirby, impeccable en Sue Storm tout en détermination silencieuse, incarnent un couple au bord d’un tournant inattendu. L’équilibre déjà fragile du foyer se fissure.

La dynamique entre les membres de cette étrange tribu fonctionne à plein régime. Johnny, adolescent attardé à combustion spontanée (Joseph Quinn), et Ben, colosse au cœur tendre piégé dans une enveloppe de roche (Ebon Moss-Bachrach), jouent les grands enfants dans une maison qui ressemble davantage à un terrain de jeu qu’à un QG de super-héros. Entre chamailleries, jalousies et tendres maladresses, ce quatuor trouve dans ses dysfonctionnements une force inédite. C’est là que le film touche juste: dans l’émotion qui affleure derrière l’humour slapstick*, dans cette chaleur humaine qui rend le danger plus palpable.
*slapstick: type d’humour physique caractérisé par des gags exagérés et des actions comiques, comme des chutes, des coups et des poursuites, qui provoquent le rire grâce à l’exagération et au non-respect des lois physiques. L’origine du terme vient des bâtons utilisés dans le théâtre pour imiter des claques sonores, créant un effet comique.

La menace, justement, vient du ciel. Le Surfeur d’Argent (Julia Garner, énigmatique et troublante) annonce la destruction imminente de la Terre par Galactus, entité affamée de planètes et vaguement mélancolique. Pour l’éviter, un dilemme moral est requis. Ce dernier confère une gravité bienvenue à ce conte coloré. Le film ne s’attarde pas inutilement sur la genèse des pouvoirs ou sur la mécanique du multivers: il préfère avancer à vive allure, en assumant pleinement ses bizarreries et ses élans cartoonesques.
Visuellement, Matt Shakman compose un univers délirant, saturé de références et de textures rétro, jusqu’aux affiches fictives des films projetés à Times Square. Il ose l’absurde et la tendresse mais peine parfois à trouver l’équilibre entre le pastiche assumé et la tension narrative. L’affrontement final, aussi explosif qu’attendu, n’échappe pas au trop-plein numérique ni aux codes désormais familiers du genre. Mais la sincérité de l’ensemble sauve ce climax de l’indifférence.
First Steps n’est pas le renouveau tant espéré de l’empire Marvel mais il en incarne une respiration salutaire. Drôle, sincère, parfois bancal mais attachant, le film assume son ambition modeste: redonner aux super-héros une dimension humaine, au sens le plus littéral du terme. Un pas de côté rafraîchissant… qui, espérons-le, en amorcera d’autres.

Si vous avez aimé : WandaVision (2021), Eternals (2021), Guardians of the Galaxy Vol. 2 (2017), Watchmen (2009), Fantastic Four: Rise of the Silver Surfer (2007)

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