The Penguin
Episodes vus
8/8
Année
2024
Réalisation
Craig Zobel, Helen Shaver, Kevin Bray and Jennifer Getzinger
Production
HBO Max
Casting
C.Farrell, C.Milioti, R.Feliz
Une ascension triomphale depuis les profondeurs de Gotham
HBO Max plonge les spectateurs dans les bas-fonds de Gotham avec The Penguin, un spin-off en huit épisodes reprenant les événements de The Batman (2022). Après la chute de Carmine Falcone, un vide se crée dans la pègre, offrant à Oswald « Oz » Cobb, alias le Pingouin, une opportunité inespérée de gravir les échelons du crime organisé. Colin Farrell, méconnaissable sous un maquillage impressionnant signé Michael Marino, livre une performance magistrale en donnant vie à ce personnage complexe et machiavélique.
Contrairement à d’autres méchants souvent réhabilités en antihéros, le Pingouin reste ici fidèle à ses origines: un homme impitoyable, motivé par une ambition sans limite et une soif de vengeance. Cette fidélité à la bande dessinée rend le personnage à la fois captivant et détestable. Farrell incarne un Oswald rusé, parfois impulsif et tourmenté, ajoutant une profondeur inattendue à ce chef mafieux en devenir. Chaque geste, chaque regard trahit une lutte intérieure entre son ambition dévorante et son besoin d’approbation.

Pourtant, la série parvient à humaniser ce vilain sans jamais excuser ses actes. Le lien touchant qu’il tisse avec Victor, un jeune homme qu’il prend sous son aile, dévoile une facette inattendue d’Oz. Cette relation mentor-élève contraste avec la brutalité de ses actions, tout comme son lien compliqué avec sa mère, incarnée avec brio par Deirdre O’Connell. La démence progressive de cette dernière ajoute une couche de tragédie et d’émotion à une série où les moments d’humanité sont rares, mais puissants.
Cristin Milioti, dans le rôle de Sofia Falcone, vole presque la vedette. Son personnage, tout juste libéré de l’asile d’Arkham après une décennie marquée par des accusations de meurtres, incarne une force imprévisible et redoutable. Sofia navigue entre vengeance, folie et pouvoir avec une intensité hypnotique. Sa dynamique alternant alliance et hostilité avec Oz crée une tension palpable, renforçant la richesse narrative de la série.
La série excelle dans sa représentation de Gotham, une ville sombre et chaotique où chaque ruelle respire le crime et la corruption. Les intrigues s’enchaînent à un rythme haletant, plaçant Oz face à des obstacles qui semblent insurmontables. Pourtant, grâce à son intelligence et sa capacité à manipuler, il trouve toujours une issue, parfois géniale, souvent cruelle. Chaque épisode se termine sur une note parfaite, soulignée par une bande-son soigneusement choisie qui accentue les émotions et les dilemmes des personnages.

Avec The Penguin, Matt Reeves prouve une fois de plus sa maîtrise de l’univers de Gotham. La série rivalise avec, voire dépasse, son prédécesseur cinématographique par sa capacité à explorer les nuances psychologiques de ses personnages. Ce portrait brut et sans concession d’un méchant dans un monde où la moralité n’a pas sa place rappelle que parfois, il n’est pas nécessaire d’enrober une histoire de doux messages pour captiver.
Si Farrell semble hésiter à reprendre ce rôle exigeant dans le futur, son interprétation du Pingouin restera une référence dans l’univers DC, consolidant cette série comme un pilier incontournable de Gotham City.
Si vous avez aimé : Gangs of London (2020), Gotham (2014), Peaky Blinders (2013), Boardwalk Empire (2010), Sons of Anarchy (2008), The Sopranos (1999)

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