Immaculate

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Prison immaculée

Après avoir échappé de justesse à la mort, Cecilia (Sydney Sweeney) décide de se retirer dans un couvent en Italie pour consacrer sa vie à Dieu. Mais lorsque, de manière miraculeuse, elle se retrouve enceinte, elle devient la cible des croyances populaires la désignant comme la nouvelle sainte Vierge Marie. Alors que des événements terrifiants se déroulent au sein du couvent, Cecilia commence à nourrir des soupçons quant à sa sélection pour ce rôle exceptionnel. Il devient de plus en plus évident que cette nouvelle résidence abrite des secrets sombres et effrayants.

Immaculate, un film qui évoque le style de l’horreur italienne classique tout en tentant de livrer un message pertinent sur l’autonomie corporelle des femmes, semble naviguer entre deux eaux. Bien qu’il offre un retour nostalgique à une époque révolue et tente de commenter de manière opportune sur les droits des femmes, il peine à capturer pleinement l’élan thématique nécessaire pour susciter un réel intérêt. L’horreur, souvent un moyen d’explorer les problèmes du monde réel, se transforme ici en un véhicule pour aborder les questions des droits des femmes et des politiques patriarcales. Sous les apparitions surnaturelles et les scènes sanglantes, Immaculate tente de mettre en lumière les défis auxquels les femmes sont confrontées, rappelant ainsi les luttes contemporaines à travers des images évocatrices, même si son potentiel narratif semble parfois éclipsé par des choix esthétiques.

Dans la lignée des films d’horreur confrontant la culture de la pureté enracinée dans la religion organisée, Immaculate est la deuxième collaboration entre le réalisateur Michael Mohan et l’actrice Sydney Sweeney, après leur précédent projet The Voyeurs, un thriller érotique explorant les méandres du stalking entre voisins. Sydney Sweeney, au sommet de sa carrière après le succès retentissant de Anyone but You et son apparition remarquée en tant qu’animatrice du Saturday Night Live, embrasse un nouveau rôle en tant que reine de l’horreur, profitant de l’appui solide de Neon, l’un des distributeurs les plus respectés de l’industrie cinématographique. Elle ne fait absolument rien de mal ici, trouvant une nouvelle flèche potentielle dans son carquois professionnel en tant que Scream Queen, mais malheureusement, le reste d’Immaculate pâtit d’un manque d’ambition notable, laissant un goût amer malgré les promesses initiales.

Dans un BREF passage, le film met également en scène Simona Tabasco, dont le rôle dans la promotion du film peut sembler « légèrement » trompeur… Une actrice qui, tout comme Sweeney, a fait une apparition dans The White Lotus.

Immaculate peine à véritablement effrayer ou captiver, même si quelques rares moments tentent d’instaurer une atmosphère angoissante et d’ainsi susciter l’horreur. En se reposant sur la présence de sa protagoniste et sur une ambiance imprégnée de corridors obscurs et de rituels mystérieux, Mohan laisse peu de place à l’évolution des personnages. Comme presque tous les autres personnages, Cecilia demeure un mystère, une pièce déplacée sur un échiquier narratif. Ce n’est pas toujours un souci si un film parvient à compenser ce manque de développement des personnages par son style distinctif. Cependant, le film de Michael Mohan semble invariablement dépourvu d’un langage visuel captivant, terne là où il devrait être vibrant et insipide là où il devrait être éclatant. Beaucoup le compareront au genre Giallo en raison de son cadre dans un couvent italien, mais le Giallo incarne une expression cinématographique éclatante et dynamique, une qualité que Immaculate n’approche même pas.

L’intrigue d’Immaculate débute quand Cecilia découvre qu’elle est enceinte, malgré n’avoir jamais eu de relations sexuelles. S’agit-il d’un miracle divin ou d’un présage plus sinistre ? Mohan laisse planer cette question de manière délibérée, mais l’éventail des réponses demeure étonnamment restreint. Malgré le potentiel thématique foisonnant, l’équipe derrière Immaculate est presque provocante dans sa réticence à en faire quelque chose d’intéressant, préférant recourir à des jump scares plutôt que de tisser une véritable ambiance ou de maintenir une atmosphère envoûtante.

Le scénario lui-même souffre de certaines lacunes, caractérisé par des dialogues banals et une intrigue qui puise abondamment dans Rosemary’s Baby. Malgré sa courte durée de 90 minutes, Immaculate peine à démarrer et révèle son conflit central de manière peu convaincante, manquant cruellement d’originalité, même sous les cris empreints d’émotion de Sweeney. Bien qu’il soit difficile de revitaliser une iconographie religieuse vieille de plusieurs siècles, Immaculate laisse néanmoins un sentiment de déception, surtout quelques années après le Benedetta de Paul Verhoeven, qui explorait des thèmes similaires avec une approche bien plus percutante.

Il est regrettable que Immaculate déçoive à ce point, d’autant plus que Sydney Sweeney donne vraiment sens à l’expression « Scream Queen », mais après tant d’années d’exploration de l’horreur religieuse, nous attendons désormais des œuvres plus abouties. Ce film semble être le genre de projet que l’on entreprend lorsque l’agenda d’une actrice est surchargé, mais Sydney Sweeney ne devrait peut-être pas laisser cette impulsion devenir une habitude.

Focus perso – « Le meilleur moment du film, c’est quand il s’est terminé ! »

Hé oui… C’est bien tristement la pensée qui m’a envahie dès le générique de fin ! Mais, même si cette phrase parait assez négative, tentons d’apporter un minimum de nuance à ce propos.

Après avoir regardé ma montre et prié pour que le film se conclue dès la 70ème minute, j’ai quitté la salle de cinéma enthousiasmé par la fin du film. C’est la seule partie d’Immaculate qui tient véritablement ses promesses, avec une audace, un courage et une étrangeté aussi intenses que le marketing du film le laisse entendre. Ce contraste saisissant ne suffira pas à sauver le film, mais il lui confère au moins une place dans le purgatoire des films d’horreur, condamné à susciter autant d’adoration que de moqueries.

En sécurité à l’extérieur et loin du couvent,, Cecilia donne naissance. C’est à ce moment précis qu’Immaculate nous livre son moment le plus saisissant, le plus mémorable, et le plus profondément bouleversant. Le visage de Sweeney, maculé de sang et capturé en gros plan, hurle face à la caméra. C’est un instant déchirant de catharsis, de terreur et de douleur maternelle qui s’entrechoquent en même temps, et vous pouvez presque sentir chaque émotion distinctement alors que vous fixez, effaré, l’expression faciale de l’actrice américaine. Malgré mes réserves quant au film Immaculate dans sa globalité, je ne rechignerais pas à payer le prix du billet simplement pour revivre ce moment sur grand écran.

Se concentrer sur la dernière moitié du film est donc une sage décision, étant donné que Immaculate déploie toute sa puissance dans sa conclusion. La première heure semble être une succession prévisible de jump scares et de clichés sur l’horreur religieuse, déjà exploités de manière plus percutante ailleurs. Pour un film qui ambitionne de redéfinir le genre de l’horreur religieuse, ces rythmes monotones ressemblent davantage à l’Ancien Testament. Mais lorsque survient un tournant inattendu, l’histoire prend une nouvelle dimension, offrant une conclusion haletante qui rachète PRESQUE entièrement les faiblesses précédentes. Ce dernier acte de brutalité sauvage peut ne pas suffire à sauver Immaculate de sa propre crucifixion, mais il met en lumière le talent indéniable de Sweeney et souligne l’importance cruciale d’une bonne conclusion pour sublimer un mauvais film.

Sydney Sweeney émerge comme une actrice de plus en plus captivante, ayant diversifié son CV avec des projets aussi éclectiques que Reality, Anyone but You, et désormais Immaculate. Son désir évident d’explorer de nouveaux horizons artistiques est admirable, et elle s’aventure ici dans des territoires sombres, notamment dans une scène finale inoubliable qui pourrait bien inciter les spectateurs à sortir de la salle avec le sentiment d’avoir vu un bon film, plutôt qu’une belle conclusion d’un mauvais film.

Scénario
1/5

Acting
1.5/5

Image
1.5/5

Son
1/5

Note globale
25%

Ce film d’horreur à thème religieux n’est même pas sauvé par la performance divine de Sydney Sweeney

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  1. Ma compagne a osé le regarder, elle confirme cette analyse. Je n ai pas osé, ma sensibilité ne le permet pas 🥹

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    1. Pareil chez nous mais les rôles étaient inversés ! 🙂

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  2. Merci pour cette analyse. J’aurais pu imaginer que cela était de la veine de Rosemary’s baby et me laisser tenter

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  3. […] Immaculate (Je vous renvoie vers ma critique sur ce même […]

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