The Dog Stars
Vu
10 septembre 2026 – Sauvenière Liège
Année
2026
Réalisation
Ridley Scott
Production
118′
Casting
J.Elordi, J.Brolin, M.Qualley, G.Pearce, B.Wong, A.Janney
Une odyssée post-apocalyptique entre contemplation poétique et rendez-vous manqué
Dans un paysage cinématographique saturé d’histoires de survie post-pandémiques, l’adaptation du roman The Dog Stars de Peter Heller par Ridley Scott suscite une curiosité légitime. Avec un budget de 110 millions de dollars et un casting de premier ordre, cette relecture contemplative du genre s’impose comme une œuvre singulière dans la récente filmographie du cinéaste.

L’intrigue nous plonge en 2035 dans un Colorado désolé, ravagé neuf ans plus tôt par un virus mortel. Hig (Jacob Elordi), pilote et mécanicien mélancolique, survit sur un aérodrome isolé aux côtés de son chien Jasper et de Bangley (Josh Brolin), un ex-marine pragmatique et militariste qui perçoit la moindre présence humaine comme une menace mortelle. Quand Hig intercepte un mystérieux signal radio en provenance de Grand Junction, il décide de rompre son isolement à bord de son petit avion Cessna. Son périple le mène jusqu’à un ranch où vivent Pops (Guy Pearce) et sa fille Cima (Margaret Qualley), avec qui une relation intime s’esquisse.
Visualité oblige, Ridley Scott prouve qu’il n’a rien perdu de sa maîtrise esthétique. La mise en scène s’appuie sur une photographie somptueuse — magnifiant les panoramas montagneux d’Italie doublant le Colorado — et offre des plans aériens d’une grande poésie. L’atmosphère, oscillant par moments entre le western contemplatif et la mélancolie d’un Omega Man ou de The Road, apporte une touche d’humanité et d’espoir bienvenue face au nihilisme habituel des récits post-apocalyptiques. Sur le plan de l’interprétation, Jacob Elordi livre une prestation d’une grande sobriété, épaulé par la présence charismatique de Josh Brolin et la justesse de Margaret Qualley et Guy Pearce, tandis que les rôles secondaires (dont Allison Janney ou Benedict Wong) apportent ponctuellement du relief.

Cependant, le film souffre d’un déséquilibre structurel flagrant. Le scénario de Mark L. Smith peine à donner de la profondeur à l’univers et à ses personnages. Le manque de background sur les origines du virus, le rythme très lent des quarante-cinq premières minutes et les dialogues parfois lourds créent une certaine distance émotionnelle. De plus, la dynamique de survie et les stéréotypes de bandes d’assaillants (« Reapers ») rappellent des figures déjà trop vues, de The Walking Dead à The Last of Us. Plus surprenant de la part de Scott, l’action et la violence – injectées tardivement pour dynamiser le récit – s’avèrent inégales, souffrant par moments d’effets visuels et d’explosions presque artificiels. Enfin, le choc des tonalités entre les acteurs (allant du drame intime à la comédie noire plus déjantée) donne le sentiment d’un film parfois décousu.
Ni véritablement le désastre soporifique dénoncé par ses détracteurs les plus sévères, ni le chef-d’œuvre esthétique espéré, The Dog Stars s’apparente à une proposition hybride. Soutenu par la beauté de ses images et la sincérité de ses comédiens, le métrage reste un divertissement mi-figue mi-raisin : une réflexion touchante sur la recherche de communauté dans un monde brisé, mais freinée par une exécution convenue.

Si vous avez aimé : The Last of Us (2023), The Rover (2014), The Road (2009), I Am Legend (2007), The Quiet Earth (1985), Mad Max 2: The Road Warrior (1981), No Blade of Grass (1970), The Last Man on Earth (1964)

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