Stranger Things – S5

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La fin d’une ère… Le temps passe mais la magie reste !

Il y a quelque chose de profondément vertigineux dans la fin de Stranger Things. Non pas tant à cause de ses monstres, de ses failles dimensionnelles ou de son déluge d’effets spéciaux, mais parce qu’elle marque la conclusion d’un phénomène qui a grandi plus vite que ses personnages — et parfois plus vite que lui-même. Huit ans après ses débuts modestes, la série de Netflix s’achève dans une ampleur presque démesurée, à la fois émouvante et maladroite, consciente de son héritage sans toujours savoir comment l’honorer.

Le dernier acte joue clairement la carte du blockbuster : affrontement final contre Vecna, sacrifices annoncés, menaces cosmiques et chorégraphies spectaculaires dans l’Upside Down. Les frères Duffer exploitent jusqu’au bout le chèque en blanc accordé par Netflix, livrant une conclusion massive, souvent impressionnante, parfois épuisante. La durée excessive du final, ponctuée de multiples épilogues, dilue cependant l’impact émotionnel. Pris isolément, ces moments de projection dans l’avenir fonctionnent. Assemblés, ils donnent le sentiment d’un adieu qui hésite à se terminer, comme si la série redoutait de fermer définitivement la porte.

Cette démesure visuelle souligne un paradoxe central : Stranger Things n’a jamais été aussi grande, mais rarement aussi éloignée de ce qui faisait sa force originelle. Les premières saisons brillaient par leur économie, leur chaleur et leur regard tendre sur l’enfance. Ici, la nostalgie des années 80 ne suffit plus à masquer une écriture parfois répétitive, prisonnière de sa propre mythologie. Les révélations tardives autour de Vecna peinent à enrichir véritablement le récit, tandis que certaines intrigues — notamment militaires — alourdissent inutilement l’ensemble.

Pourtant, réduire cette conclusion à ses faiblesses serait profondément injuste. Car Stranger Things se souvient, au moment crucial, de ce qu’elle raconte vraiment : des liens, des choix, et le passage inévitable à l’âge adulte. Les trajectoires des personnages trouvent une forme de résolution sincère, parfois discrète, souvent touchante. La relation entre Eleven et Hopper, les adieux feutrés, la transmission symbolique d’un sous-sol et d’un jeu de rôle à une nouvelle génération rappellent que la série excelle dès qu’elle se recentre sur l’humain.

Le temps, omniprésent, devient le véritable thème de ce final. Le temps qui passe pour les personnages, pour les acteurs, et pour les spectateurs qui ont grandi avec eux. La série n’a pas toujours su accompagner la maturation de son casting par une complexité narrative équivalente, préférant parfois le confort à l’audace. Mais elle parvient, dans ses dernières minutes, à capter une émotion rare : celle d’un monde qui continue sans nous, où les dés sont relancés par d’autres mains.

Imparfaite mais sincèrement habitée, la conclusion de Stranger Things offre une fermeture honorable à une aventure fondatrice de l’ère streaming. Elle n’atteint pas la grandeur qu’elle ambitionne, mais touche juste là où cela compte encore : dans l’attachement, la mémoire et l’idée que grandir ne signifie pas que l’histoire s’arrête — seulement qu’elle change de joueurs.

Scénario
4/5

Acting
3.5/5

Image
4.5/5

Son
4.5/5

Note globale
82.5%

La conclusion de Stranger Things privilégie le spectaculaire à l’intime, livrant un final ample et généreux, parfois excessif. Cette démesure visuelle s’accompagne d’une écriture inégale, éloignée de la simplicité et de la chaleur des débuts. Malgré ses longueurs et ses hésitations, la série retrouve l’essentiel à travers les liens et les trajectoires de ses personnages. Une fin certes imparfaite mais surtout émouvante, marquée par le passage du temps et l’acceptation d’un monde qui poursuit sa route.

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  1. J aime beaucoup ta conclusion, très clairvoyante et apportée avec recul 🙂

    Guillaume Francois FR/ENG/NL
    +32 474950988


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  2. Fin honorable, effectivement. Après je n’ai jamais été grand fan de la série qui est devenu répétitive dès la saison 2 et à délayé petit à petit son potentiel. L’ensemble reste sympathique, malgré tout. 🙂

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