The Beast in Me
Episodes vus
8/8
Année
2025
Plateforme
Netflix
Durée
45-50′
Casting
C.Danes, M.Rhys, B.Snow, N.Morales, J.Banks, D.Lyons
Un thriller psychologique élégant, porté par deux performances majeures
Dans The Beast in Me, Netflix propose un thriller psychologique en huit épisodes, à la fois élégant et tendu, qui s’impose comme une immersion brillante dans le jeu du chat et de la souris. La série s’articule autour d’Aggie Wiggs (Claire Danes), une auteure primée en pleine crise existentielle après la perte tragique de son jeune fils. Ses nuits sont hantées par le deuil, son écriture en panne, et un sentiment d’isolement qui la ronge.
Lorsque Nile Jarvis (Matthew Rhys) — un magnat de l’immobilier à la réputation trouble — emménage dans la maison voisine, Aggie sent immédiatement qu’il y a quelque chose de menaçant, mais aussi d’irrésistiblement attirant en lui. Suspecté d’avoir causé la disparition de sa première femme, Jarvis propose à Aggie d’écrire un livre sur lui, en échange d’un accès inédit à sa vie. Cette alliance naît d’un mélange toxique d’ambition, de curiosité et de désolation.

Ce qui distingue The Beast in Me, c’est avant tout la qualité des performances. Claire Danes incarne parfaitement Aggie: son visage exprime avec une pure intensité toutes les nuances de la souffrance, de la colère et de l’espoir fragile. Matthew Rhys, lui, joue un Nile à la fois charmeur et inquiétant, capable de coups de grâce verbaux et de moments de séduction menaçante. Leur duo se nourrit d’une alchimie troublante: ni tout à fait alliés, ni tout à fait ennemis, ils se répondent comme deux forces opposées mais indissociables.
Le scénario joue habilement sur les zones grises du pouvoir, du deuil et de la culpabilité. Les enjeux ne se limitent pas à un mystère criminel: il s’agit aussi d’un duel émotionnel. L’intrigue secondaire, qui implique un agent du FBI, vient renforcer la tension en ajoutant des dimensions de machination et de pression morale.
Esthétiquement, la série opère dans un style sobre mais sophistiqué: la réalisation ne surfe pas sur le spectaculaire, mais privilégie des plans qui soulignent le vide psychologique et la menace latente. La bande-son, discrète et presque inquiétante, complète cette atmosphère lourde et feutrée. Par moments, on perçoit une inspiration hitchcockienne dans la manière dont le récit joue avec le suspense et la perception du danger.

Pour autant, la série n’est pas exempte de défauts. Certains développements secondaires manquent de profondeur: des personnages entourant Aggie et Nile, pourtant essentiels à l’histoire, semblent parfois moins définis dans leurs motivations. De plus, si le rythme global est bien maîtrisé, certaines scènes paraissent un peu trop « calculées »: la tension monte, mais la série n’ose pas toujours aller jusqu’au bout de ses propositions les plus sombres.
Cependant, ces réserves n’altèrent pas l’expérience principale. Le cœur du récit, centré sur la relation complexe entre Aggie et Nile, fonctionne admirablement bien. On est happé par leur danse psychologique, leurs manipulations mutuelles, la manière dont ils s’utilisent et se dévoilent, et par les retournements qui s’accumulent subtilement.
The Beast in Me est une réussite séduisante dans le paysage du thriller télévisé. Entre performances puissantes, écriture intelligente et atmosphère troublante, la série parvient à captiver sans sombrer dans l’artifice. Elle joue avec les contradictions humaines — la douleur, l’ambition, la manipulation — et en tire une tension dramatique constante. Si elle n’explore pas toujours les risques les plus extrêmes, elle offre néanmoins un voyage fascinant dans les zones d’ombre de l’âme. Un divertissement de haute volée, à recommander dans le registre des thrillers psychologiques.

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