All’s Fair

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Kim Kardashian plaide coupable – Crime contre la fiction

Il fallait sans doute Kim Kardashian pour qu’un jour, la télévision parvienne à ressembler entièrement à Instagram. All’s Fair, nouvelle création de Ryan Murphy pour Hulu (Disney+ chez nous), transforme le petit écran en un flux ininterrompu d’images retouchées, de villas vitrées et de sacs Chanel, vidant tout de son sens jusqu’à l’épuisement. Le résultat n’a rien d’une série: c’est un diaporama algorithmique, une illusion de glamour qui tourne à la nausée.

L’intrigue, si l’on peut employer ce mot, tient sur un gloss: trois avocates — Allura (Kardashian), Liberty (Naomi Watts) et Emerald (Niecy Nash) — quittent leur cabinet macho pour fonder un empire du divorce réservé aux femmes. Une décennie plus tard, elles règnent sur Los Angeles depuis des bureaux qui ressemblent à des utérus de marbre rose, s’offrent des jets privés et des coupes de champagne pour célébrer leur « sororité » de pacotille. Le reste n’est qu’une succession de scènes incohérentes, comme si un algorithme avait voulu produire du féminisme avec les codes visuels d’un clip de luxe.

Murphy prétend livrer un hommage à la réussite féminine ; il ne fait qu’en recycler les clichés les plus paresseux. Chaque cliente du cabinet est une caricature — épouse trahie, célébrité hystérique ou victime vengeresse — qu’on jette du balcon ou qu’on asperge d’acide avant de passer à la suivante. Derrière la prétendue « empowerment», All’s Fair ne parle que d’humiliation, de chirurgie esthétique et de rivalités mesquines. L’émancipation selon Murphy se résume à des insultes hurlées en talons aiguilles.

Kardashian, figée dans son éternel filtre, incarne parfaitement le vide qu’elle prétend combler. Elle ne joue pas: elle pose. Son visage impassible reflète le script, tout aussi inexpressif. Entourée de comédiennes autrement plus talentueuses — Glenn Close, Naomi Watts, Sarah Paulson — elle expose malgré elle le désastre collectif: personne ne semble savoir dans quel type de série il joue. Les dialogues sont d’une indigence rare (“Let’s put the team in teamwork”), les baisers d’une maladresse légendaire et les crises hystériques rappellent les pires heures de Dynasty.

Tout respire la superficialité: décors criards, bijoux disproportionnés, corps suréclairés, plans sur des voitures de luxe. Le cabinet d’avocates devient une vitrine de marques, un défilé de hashtags plutôt qu’une fiction. Même la caméra semble hypnotisée par les logos. Murphy filme la vacuité comme un idéal: ses héroïnes ne plaident pas, elles s’exhibent. À chaque réplique, à chaque travelling, All’s Fair se persuade d’être satirique — mais confond ironie et aveuglement.

Le plus consternant, peut-être, est cette conviction d’avoir créé une œuvre « moderne ». En réalité, All’s Fair ressuscite les pires illusions du féminisme d’entreprise: celui où la réussite s’évalue en carats et en followers. Sous les strass, tout sonne faux. L’émotion, la cohérence, le sens du ridicule — tout a disparu, comme aspiré dans le miroir glacé des réseaux sociaux.

All’s Fair se voulait un manifeste de puissance. Il n’est qu’un monument de vanité: bruyant, vide, fascinant dans sa nullité. On en ressort comme d’un festin d’images sucrées, avec un léger vertige et un goût amer.

Scénario
0/5

Acting
1/5

Image
1/5

Son
1/5

Note globale
15%

Sous ses apparences luxueuses, All’s Fair se révèle être une illusion clinquante, vidée de toute substance. Ryan Murphy y confond satire et fascination pour le vide, transformant son récit en défilé de marques et de stéréotypes. Kim Kardashian, symbole parfait de ce mirage, incarne un féminisme factice où la réussite se mesure en likes et en diamants. Derrière le vernis du glamour, ne subsistent que vacuité, caricatures et vanité.

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  1. Hugues Dayez va tomber amoureux de ta façon de clash…écrire ce qui est à dénoncer 😉

    Guillaume Francois FR/ENG/NL
    +32 474950988


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