Alien: Earth – S1
Episodes vus
8/8
Année
2025
Durée
45-60′
Plateforme
Disney+
Casting
S.Chandler, A.Lawther, T.Olyfant, L.Newmark, S.Blenkin, E.Davis
Suspense éclipsé et monstres trop visibles – Un Alien désincarné
Dès ses premières minutes, Alien: Earth affiche clairement ses ambitions: revisiter le mythe en le transposant sur Terre, mêlant horreur, mystère et questionnements science-fictionnels. Mais derrière cette promesse séduisante se cachent des choix narratifs maladroits, des personnages peu consistants et une identité qui peine à se stabiliser. Malgré des qualités visuelles indéniables, la série ne parvient pas toujours à convaincre.
Visuellement, le soin est évident. L’esthétique industrielle, les couloirs sombres, les éclairages acérés rappellent immédiatement la claustrophobie des premiers volets. Le show réussit à recréer cette atmosphère tactile et oppressante, tout en y ajoutant une modernité bienvenue: cités technologiques, interfaces lisses, décors futuristes. La passion des créateurs pour l’univers Alien transparaît, ainsi que leur volonté d’insuffler une nouvelle direction à la franchise.

Mais le scénario, trop dispersé, freine l’ensemble. Multipliant les pistes — milliardaire excentrique, enfants transplantés dans des corps synthétiques, affrontement annoncé entre humains et exobiotes — il peine à trouver une cohérence forte. Le concept des “synths enfants” parachutés dans des situations extrêmes frôle l’invraisemblance, là où l’on attendait de l’univers Alien une rigueur implacable. Le spectre de Prometheus et Covenant plane, avec son lot de revirements forcés, d’actes discutables et même, parfois, d’un humour involontaire.
Côté personnages, le bilan reste inégal. Sydney Chandler compose une Wendy à la fois fragile et puissante, mais trop fragile pour porter le récit seule. Boy Kavalier, milliardaire mégalomane, navigue entre caricature et naïveté mal maîtrisée. Quant aux rôles secondaires, ils manquent souvent d’épaisseur, privant le spectateur d’un véritable point d’ancrage émotionnel.

La tension, toutefois, n’est pas absente. Plusieurs épisodes parviennent à combiner un suspense étouffant et des jaillissements horrifiques saisissants: apparition d’un parasite inquiétant, vision mémorable d’un œil implanté se muant en créature tentaculaire. Ces fulgurances rappellent que l’univers Alien conserve un potentiel redoutable. Mais elles restent trop isolées, perdues dans les détours narratifs.
Le traitement des créatures accentue encore les faiblesses. L’Alien, exposé trop frontalement, perd de son aura de mystère. Les nouvelles monstruosités — parasite “gonflant”, œil rampant — flirtent parfois avec le grotesque plus qu’avec la terreur. Le pari de réinventer la légende sans en respecter les codes fondamentaux s’avère audacieux, mais ici mal exécuté.
Enfin, le final laisse un goût amer. Un cliffhanger artificiel, des intrigues suspendues et l’impression que cette première saison ne se suffit pas à elle-même. Alors que le projet semblait ouvrir la voie à un univers élargi, ces huit épisodes laissent davantage de frustration que d’envie pour la suite.

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