Nobody 2

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Bob Odenkirk sauve les meubles… mais pas l’intrigue !

Trois ans après avoir surpris le public en se glissant dans la peau d’un anti-héros brutal, Bob Odenkirk revient dans la suite de Nobody. Malheureusement, la surprise a disparu, et ce second volet, réalisé par Timo Tjahjanto (The Shadow Strays), se contente d’aligner des séquences d’action tapageuses au service d’un scénario sans véritable enjeu. Loin de retrouver le mélange d’humour et de culot narratif du premier film, cette suite donne souvent l’impression d’avancer en pilote automatique.

L’intrigue reprend avec Hutch Mansell, toujours coincé dans son double rôle: assassin impitoyable à temps plein, père et mari distrait le reste du temps. Pour tenter de renouer avec sa famille, il insiste pour les emmener à Plummerville, une station balnéaire kitsch où il a passé de bons moments dans son enfance. Toboggans improbables, cabanes en bois démodées et air de vacances plan-plan: tout est réuni pour quelques jours paisibles… du moins jusqu’à ce qu’un incident anodin dégénère. Entre un shérif corrompu (Colin Hanks) et une cheffe de gang sadique, Lendina (Sharon Stone), Hutch n’aura pas à chercher longtemps un prétexte pour replonger dans la violence.

Si l’idée d’un décor de vacances apporte un souffle nouveau, le film peine à exploiter cette carte postale autrement qu’en toile de fond pour des bagarres interminables. Les affrontements chorégraphiés, toujours plus improbables, finissent par se ressembler. Tjahjanto maîtrise pourtant le langage de l’action, jouant sur les sons et l’attente avant de révéler le carnage, mais aucune scène ne retrouve l’intensité ou l’originalité de la séquence de bus qui avait marqué le premier film.

Les personnages secondaires oscillent entre le sous-exploité et le caricatural. Christopher Lloyd reprend son rôle de grand-père excentrique, amusant mais cantonné à quelques interventions anecdotiques. RZA, en acolyte de Hutch, semble vouloir jouer les ninjas modernes mais manque clairement de conviction. Sharon Stone, après une entrée en matière prometteuse, se voit affublée d’un rôle incohérent, réduit à une collection de tics, sans réelle confrontation marquante avec le héros. Quant à Becca, la femme de Hutch (Connie Nielsen), sa frustration face aux promesses non tenues de son mari est rapidement expédiée, privant le film d’un enjeu émotionnel pourtant nécessaire.

Le scénario, coécrit par Derek Kolstad, recycle des éléments déjà vus: déclencheur artificiel, montée en tension prévisible, préparation minutieuse d’un décor piégé avant la bataille finale. Le tout culmine dans un affrontement à la fête foraine, clin d’œil assumé à The A-Team, où explosions et gadgets artisanaux se disputent la vedette. C’est divertissant sur le moment, mais aussi oubliable que la majorité des péripéties qui précèdent.

On décèle par endroits une volonté de pencher davantage vers la comédie, ce qui allège l’ensemble mais n’efface pas la sensation de déjà-vu. Même l’ajout d’un chien, censé créer un lien affectif ou un ressort comique, s’avère gadget et inutile. Odenkirk, fidèle à son mélange de lassitude et d’ironie, reste le principal atout du film. Mais son charisme ne suffit pas à masquer la pauvreté d’une intrigue qui coche les cases sans jamais surprendre.

En fin de compte, Nobody 2 se regarde sans déplaisir mais laisse peu de traces. Ni totalement raté, ni vraiment réussi, il illustre les limites des suites qui capitalisent sur un concept initial fort sans réussir à le réinventer. Deux étoiles, pour quelques scènes amusantes et la présence toujours engageante d’Odenkirk — mais la magie de la découverte, elle, s’est évaporée.

Scénario
2/5

Acting
3/5

Image
3/5

Son
2/5

Note globale
50%

Cette suite de Nobody retrouve Bob Odenkirk en justicier fatigué, partagé entre sa famille et ses pulsions violentes. Transportée dans une station balnéaire rétro, l’intrigue enchaîne fusillades et bagarres spectaculaires sans retrouver l’inventivité du premier opus. Les personnages secondaires manquent d’épaisseur et le scénario recycle des ficelles usées, malgré quelques touches d’humour. Divertissant sur le moment, le film s’oublie vite faute d’audace et d’émotion réelle.

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  1. Je l’ai vu très bien accompagné dans un cinéma, après un bon repas, un soir d’été, et parfois, il ne faut retenir que ça… Autant le cinéma est magique, autant parfois, le film l’est moins mais le contexte autour l’est plus. Je ne retiendrais pas les dialogues de ce film, les visuels ou encore le jeu d’acteur mais plutôt cette douce soirée d’été a passer du temps avec un ami devant un divertissement sympa. Et voilà comment je me souviendrais longtemps de Nobody 2.

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    1. Merci pour ce beau partage ! ✨ Tu as tellement raison : parfois, le film n’est qu’une partie de l’expérience, et c’est tout ce qui l’entoure qui en fait un souvenir marquant. Nobody 2 restera pour nous associé à une belle soirée d’été, et c’est sûrement la plus belle magie du cinéma : il devient le décor de nos propres moments de vie. 🎬🌙

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