Jurassic World: Rebirth
Vu
29 juillet 2025 – Imagix Huy
Année
2025
Réalisation
Gareth Edwards
Production
Universal Pictures
Casting
S.Johansson, J.Bailey, M.Ali, R.Friend, M.Garca-Rulfo, L.Blaise
Fossile sans vie d’une saga jadis légendaire
Il fut un temps où les dinosaures incarnaient à l’écran la démesure, l’émerveillement et la peur. Jurassic Park n’était pas seulement un film, c’était un choc sensoriel doublé d’une réflexion sur la science et l’orgueil humain. Trente ans plus tard, Jurassic World: Rebirth prétend à la renaissance mais signe, hélas, la mise en tombe d’un mythe devenu machine.
Ce septième opus tente de ressusciter l’intérêt du public en empilant les emprunts: créatures génétiquement modifiées, complot pharmaceutique, drame familial et frissons d’antan. Rien n’y fait. Le scénario, signé David Koepp – de retour aux commandes après avoir écrit l’original en 1993 – ressemble à une note de service exhumée d’une corbeille numérique. Les enjeux scientifiques sont réduits à des slogans creux, les personnages à des fonctions, et la trame à une suite d’ellipses sans souffle ni cohérence. Le postulat même – que les dinosaures n’intéressent plus personne – trahit l’absurdité d’un projet qui nie sa propre raison d’être.

La mise en scène de Gareth Edwards, pourtant rodé aux blockbusters spectaculaires (Godzilla, Rogue One, The Creator), peine à donner corps au film. Si quelques plans soignés émaillent l’ensemble – une falaise embrasée, un nid géant, des ombres surgissant dans un tunnel – ils ne servent qu’à masquer la pauvreté dramatique. L’alternance entre deux intrigues – une expédition pharmaceutique et une famille naufragée – rend le récit confus et laborieux. Aucun de ces fils narratifs ne parvient à susciter l’adhésion et leur convergence finale n’offre ni catharsis ni tension.
La distribution de prestige – Scarlett Johansson, Mahershala Ali, Jonathan Bailey – tente de sauver les meubles mais se heurte à des dialogues plats et une direction d’acteurs inexistante. Johansson campe une mercenaire endurcie sans nuances, Ali un capitaine endeuillé esquissé à grands traits et Bailey un paléontologue mélancolique réduit à du jargon scientifique. Même la famille censée apporter une touche émotionnelle ne dépasse jamais le stade de clichés animés, tantôt agaçants, tantôt totalement superflus.

Visuellement, Rebirth affiche des ambitions. Les créatures numériques sont plutôt convaincantes mais jamais saisissantes. Elles n’ont ni le poids ni la majesté des dinosaures de Spielberg, remplacés ici par des monstres mutants plus proches du jeu vidéo que du cauchemar paléontologique. Quelques hommages maladroits à des scènes cultes rappellent surtout combien l’original avait su doser tension, poésie et intelligence – trois qualités totalement absentes ici.
Le plus consternant reste peut-être le vide thématique. Là où Jurassic Park interrogeait notre rapport à la nature et au pouvoir, Rebirth se contente de dénoncer la cupidité des industries pharmaceutiques, sans jamais développer la moindre idée. Le film oscille entre cynisme marketing et désintérêt scénaristique, allant jusqu’à faire de la nostalgie un produit dérivé de plus.
En lieu de renaissance, Jurassic World: Rebirth offre donc un enterrement sans émotion. C’est un film qui reproduit les formes sans comprendre le fond, qui convoque le spectaculaire sans en saisir la substance. Une coquille vide, bruyante, clinquante mais désespérément creuse. Le miracle de 1993 ne se reproduira pas. Il aurait finalement mieux valu ne pas tenter de le ressusciter.

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