Superman
Vu
28 juillet 2025 – Pathé LLN
Année
2025
Réalisation
James Gunn
Production
DC Studios
Casting
D.Corenswet, R.Brosnahan, N.Hoult, N.Fillion, I.Merced
DC – Renaissance ou compromis ?
Avec ce nouveau Superman, James Gunn se voit confier la lourde tâche de relancer l’univers cinématographique DC. Plutôt que de révolutionner le mythe, il choisit de le dépoussiérer doucement, à coups de clins d’œil nostalgiques et de fantaisie assumée. Ce reboot en douceur refuse tant la noirceur de Zack Snyder que l’excès de sérieux du réalisme contemporain, pour revenir à une approche plus légère, héritée de la tradition comic book.
Dès les premières minutes, le ton est donné: pas de longues origines, ni d’éveil progressif. Superman est déjà là, affaibli, gisant dans la neige antarctique après avoir empêché un conflit international. Ce choix narratif audacieux, qui plonge d’emblée le spectateur au cœur de l’action, permet de brouiller les attentes. On pense assister à un flashback épique… mais non. À Metropolis, les super-héros se relèvent aussi vite qu’ils tombent, dans un monde où robots géants, chiens volants et ennemis costumés font partie du quotidien.

Ce ton volontairement décalé constitue l’une des principales forces du film. Gunn, déjà maître en matière de chaos pop avec Guardians of the Galaxy, insuffle une énergie contagieuse à ce récit bigarré où Clark Kent est à la fois extraterrestre tout-puissant et journaliste maladroit. Loin de l’imagerie christique qui a souvent accompagné le personnage, Superman se réinvente ici comme figure plus humaine, tiraillée entre sa mission planétaire et sa volonté de rester ancré dans l’ordinaire. Le film lui accorde d’ailleurs un espace personnel inattendu: une relation déjà bien établie avec Lois Lane, marquée par des désaccords sur la responsabilité publique du héros. Une dynamique qui donne lieu à de beaux échanges sur le pouvoir, l’éthique et le devoir.
Pourtant, cette ambition de concilier humour, émotion et mythologie se heurte vite à ses propres limites. Le film s’éparpille, encombré par une galerie de personnages secondaires venus tout droit de la B-team de DC: Green Lantern, Mister Terrific, Hawkgirl… chacun a droit à sa petite scène, au détriment de la cohésion d’ensemble. L’intrigue géopolitique, vaguement inspirée de conflits contemporains, manque de clarté et sonne creux. Quant à l’humour, il reste étrangement sage: quelques situations absurdes, un chien trop affectueux mais peu de répliques vraiment mémorables.

Visuellement, rien à redire: les scènes d’action sont lisibles, bien chorégraphiées et les effets spéciaux, s’ils n’innovent pas, tiennent la route. La bande originale, en revanche, s’autorise peu de liberté face au spectre de John Williams. Le respect des icônes semble l’avoir emporté sur la volonté d’imprimer une nouvelle patte sonore.
Dans le rôle-titre, David Corenswet impose une présence solide, classique mais efficace. Il parvient à incarner à la fois la naïveté bienveillante de Superman et la nervosité contenue de Kent. Nicholas Hoult, en Lex Luthor, propose une version sobre mais inquiétante du célèbre antagoniste, sans toutefois sortir du cadre.
Superman version 2025 ne révolutionne donc ni le personnage ni le genre. Mais il assume son héritage et parvient à équilibrer respect du passé et plaisir du présent. Une relecture modeste, parfois brouillonne, mais portée par une sincérité qui finit par séduire, sans tout à fait convaincre.

Si vous avez aimé : Zack Snyder’s Justice League (2021), The Boys (2019), Man of Steel (2013), The Incredibles (2004), Unbreakable (2000), Superman II (1980)

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