The Last of Us S2

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Pas de héros, que des survivants

La deuxième saison de The Last of Us s’aventure sur un terrain aussi brutal qu’introspectif, prolongeant l’univers post-apocalyptique du jeu éponyme tout en réaffirmant sa volonté d’explorer les décombres de l’âme humaine. Plus resserrée, plus audacieuse dans sa structure, elle ose fragmenter sa narration pour offrir des perspectives croisées, quitte à dérouter. Ce choix narratif, s’il risque d’éprouver la patience de certains, révèle une ambition rare: celle de ne jamais sacrifier la complexité morale sur l’autel de la tension dramatique.

L’histoire, toujours marquée par la présence de la violence et de la perte, déploie ici une double trajectoire. D’un côté, Ellie, hantée par la tragédie qui a scellé la fin de la première saison, avance dans un monde qui ne laisse aucune place à la rédemption. De l’autre, Abby, nouvelle venue redoutée et centrale, impose un contrechamp inattendu. Loin de tout manichéisme, le récit défait peu à peu les certitudes pour laisser émerger un champ de ruines affectives où chaque acte trouve sa légitimité… ou son échec. Cette saison interroge avec une gravité impressionnante les cycles de vengeance, les traces laissées par le deuil et la tentation d’une justice violente dans un monde sans repères.

La mise en scène, toujours soignée, s’autorise davantage de silences et de latence. Certains épisodes adoptent un rythme contemplatif, presque suspendu, en contraste avec les éclats de violence sèche et fulgurante qui ponctuent la progression des personnages. Si cette lenteur pourra déconcerter (voire déplaire), elle témoigne d’une confiance en l’écriture et en l’intelligence du spectateur. Visuellement, la série maintient un équilibre subtil entre la désolation des décors naturels et l’intimité des visages: la catastrophe est omniprésente, mais elle reste à hauteur d’homme.

Pedro Pascal, plus en retrait cette saison, laisse une place plus grande à Bella Ramsey, dont l’interprétation gagne encore en intensité. Quant à l’arrivée de Kaitlyn Dever dans le rôle d’Abby, elle insuffle une tension palpable et une humanité troublante à un personnage que le jeu vidéo avait déjà rendu inoubliable. Les deux actrices forment les deux pôles émotionnels d’un récit où la frontière entre victime et bourreau devient aussi trouble que celle entre survie et barbarie.

Plus politique aussi, cette saison s’autorise une réflexion sur les communautés, le fanatisme, la résilience et la peur. Elle refuse les raccourcis, privilégie les zones grises, et pousse à envisager chaque choix comme un fardeau. Dans ce monde ravagé, aucune victoire n’est jamais pure et chaque décision a un coût.

En optant pour une fragmentation narrative qui épouse les failles des personnages, The Last of Us ne cherche pas à plaire, mais à confronter. Moins spectaculaire, plus âpre, elle confirme l’ambition de cette adaptation: faire du genre post-apocalyptique un territoire de deuil, de mémoire et de questionnement moral. Une réussite audacieuse et douloureuse, qui continue de faire de cette série un objet rare.

Scénario
4/5

Acting
4/5

Image
3.5/5

Son
4/5

Note globale
77.5%

La deuxième saison de The Last of Us creuse davantage la complexité humaine à travers une narration fragmentée et audacieuse. Entre douleur intime, violence implacable et dilemmes moraux, la série explore les ruines affectives laissées par la vengeance et le deuil. Portée par des performances puissantes et une mise en scène contemplative, elle s’impose comme une méditation sombre sur la survie et l’éthique dans un monde brisé.

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  1. Il n’est pas simple de faire une œuvre photocopie d un jeu vidéo culte et puis prendre parti entre le style série ou « passer en live action les scènes d un jeu vidéo », parfois tu ressens le jeu vidéo et c est plaisant, parfois ça passe pas, donc tu sais pas sur quel pied danser au final pour apprécier tout du long l œuvre

    Guillaume Francois FR/ENG/NL
    +32 474950988


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    1. Je suis assez d’accord avec toi ! C’est un peu comme quand on regarde l’adaptation d’un livre au cinéma ou en série: il est difficile de retranscrire exactement l’univers original tout en s’adaptant au nouveau format. On ne sait pas toujours sur quel pied danser pour apprécier pleinement l’œuvre du début à la fin ! 😉

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      1. Un chouette exemple d’un création « photocopie » mais produite différemment est The Expanse (James Corey), les livres/scenario sont reproduits avec fidélité, mais la chronologie n’est pas respectée intentionellement, chaque saison traite d’un fragment de l’histoire en assumant qu’il se produit des évènements en parralèle et à décrouvrir plus tard.

        Aimé par 1 personne

        1. Hé ! Un tout grand merci pour la recommandation 🙂 Ça donne envie !

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