Black Mirror S7

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Quand la technologie devient une boîte à souvenirs

Depuis ses débuts, Black Mirror s’est érigée en anthologie du vertige numérique, explorant les recoins les plus sombres de notre rapport aux technologies. Mais cette septième saison, sous la plume toujours aussi acérée de Charlie Brooker, opère un virage surprenant. Plus tendre, plus mélancolique, elle garde son tranchant tout en s’autorisant une introspection touchante, parfois même nostalgique. Loin d’édulcorer sa verve satirique, cette mue donne naissance à une saison étonnamment équilibrée, où le passé et le futur dialoguent avec une grâce inattendue.

C’est d’ailleurs en regardant en arrière que s’ouvre cette nouvelle salve d’épisodes. Common People renoue avec la veine la plus acide de la série. Rashida Jones et Chris O’Dowd forment un couple modeste contraint de céder à une technologie de sauvegarde cérébrale pour survivre à une maladie grave. L’idée, glaçante, devient vite un cauchemar bureaucratique à abonnement mensuel, où l’intime se voit marchandisé à outrance. Sous les gags noirs, se profile une fable contemporaine sur la précarité numérique et l’absurdité croissante d’un monde où même nos pensées doivent passer à la caisse. Le tout, servi par une interprétation poignante et une mise en scène à la fois brutale et profondément humaine.

La saison n’oublie pas ses racines démoniaques. Bête Noire, savoureuse descente aux enfers paranoïaque, met en scène une guerre de bureau entre deux collègues où la frontière entre folie et lucidité se brouille à mesure que la tension monte. Cynique, féroce, cet épisode prouve que Brooker n’a rien perdu de son goût pour le chaos progressif, les rires qui se coincent dans la gorge et les fins en forme de claques.

Hotel Reverie propulse Issa Rae dans la peau de Brandy, actrice contemporaine invitée à « rejouer » un classique du cinéma noir et blanc aux côtés de son idole Dorothy/Clara (Emma Corrin) via une technologie de simulation immersive. L’idée évoque The Truman Show ou les jeux d’illusions à la Doctor Who, mais le propos va plus loin: ce remake numérique devient une méditation sur la mémoire cinématographique et sur la manière dont la fiction s’ancre en nous, émotionnellement et culturellement. Ici, la technologie n’est pas l’ennemie: elle devient le vecteur d’une magie douce, d’un rêve éveillé nourri d’images révolues. Brillant, tendre et remarquablement mis en scène.

Moins convaincant, Plaything frustre par son potentiel inexploité. Porté par un Peter Capaldi impeccable, l’épisode plante un décor intrigant – celui d’un interrogatoire nourri de jeux vidéo régressifs et de mémoire défaillante – mais ne développe pas ses promesses. Dommage, car l’idée d’un suspect immergé dans une vie virtuelle façon Tamagotchi/Sims/Lemmings avait de quoi piquer la curiosité.

Une certaine douceur infuse Eulogy, l’un des plus beaux épisodes de la saison. Paul Giamatti y incarne Phillip, un ancien musicien invité à revivre ses souvenirs via une technologie permettant d’explorer d’anciennes photographies comme des espaces réels. La science-fiction se fait ici discrète, presque effacée, pour laisser place à un récit simple et bouleversant sur le regret, l’amour passé et les traces que laissent les choses analogiques. Dans une boîte à chaussures remplie de lettres et de cassettes, une vie entière sommeille, et l’épisode le murmure avec une pudeur bouleversante.

Enfin, USS Callister: Into Infinity clôt la saison en retrouvant l’univers d’un des épisodes les plus célèbres de la série. S’il amuse par son esthétique rétro et ses clins d’œil à la pop culture spatiale, cette suite pèche par sa familiarité. Là où la saison ose l’émotion, la nouveauté, voire l’élan poétique, cet épilogue semble peiner à retrouver l’élan du premier vol.

En somme, cette septième saison offre une palette de tons plus riche que jamais. Si toutes les histoires ne se valent pas, l’ensemble témoigne d’un désir sincère de renouvellement. Brooker semble désormais vouloir explorer ce que l’humain fait de la technologie autant que ce que la technologie fait de l’humain. Ce miroir noir n’est plus seulement un reflet froid et impitoyable: c’est aussi un album de souvenirs, un avertissement chuchoté, un rêve parfois réconfortant. Une saison imparfaite, mais lumineuse dans ses meilleurs instants.

Scénario
4/5

Acting
4.5/5

Image
4/5

Son
3/5

Note globale
77.5%

Cette septième saison de Black Mirror surprend par sa tonalité plus douce et introspective, tout en conservant une acuité critique. Oscillant entre mélancolie, satire acerbe et expérimentations narratives, elle explore avec sensibilité les liens entre souvenirs, fiction et technologies. Malgré quelques épisodes moins aboutis, l’ensemble séduit par sa richesse émotionnelle et sa volonté de renouvellement. Un virage audacieux pour une série en quête de profondeur humaine.

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  1. Il y a vraiment des épisodes qui m’ont transporté. De base, j’adore la série et cette saison me conforte dans mon idée qu’il s’agit même d’une de mes séries préférées. J’ai adoré le premier épisode, hôtel rêverie et celui avec les photos. C’est de la nostalgie, ça te fait te poser des questions, bref, au delà de belles images, de vraies belles histoires qui ouvrent à la réflexion !

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    1. Quelle série, je te rejoins 😉
      Dans cette dernière saison, tout ne m’a pas touché mais il y a quelques pépites ❤

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