Memoir of a Snail

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Sortir de sa coquille: Adam Elliot signe une ode fragile et lumineuse à la vie

Quinze ans après l’acclamé Mary and Max, le réalisateur australien Adam Elliot revient avec Memoir of a Snail, une œuvre en stop-motion à la fois délicieusement sombre et étrangement réconfortante. Ce film, bien que portant un titre fantaisiste, plonge dans l’histoire de Grace Pudel (Sarah Snook), une Australienne solitaire et excentrique, dont la vie, marquée par une série de pertes tragiques, est racontée avec un mélange unique de pathos, d’humour noir et de tendresse.

Le récit s’ouvre sur une scène saisissante où Grace, coiffée d’un bonnet orné d’yeux d’escargot, libère ses compagnons à coquille dans un jardin après la mort de son amie Pinky (Jacki Weaver). Ce moment, étrange et poignant, donne le ton d’un film où l’absurde côtoie l’émotion brute. Assise sur un banc, Grace entreprend de raconter sa vie à Sylvia, son escargot favori, dans un dialogue mélancolique et introspectif.

L’animation en pâte à modeler, signature d’Elliot, magnifie l’histoire. Inspiré par un style évoquant Tim Burton et Edward Gorey, Elliot pousse encore plus loin l’exagération des traits de ses personnages, rendant leur étrangeté presque tangible. Grace, marquée par une série d’événements douloureux – la mort de ses parents, sa séparation d’avec son frère jumeau Gilbert (Kodi Smit-McPhee) et des expériences traumatisantes dans des familles d’accueil dysfonctionnelles – devient une recluse, se réfugiant dans une maison remplie d’escargots, métaphores de sa quête de sécurité.

Malgré cette spirale de malheurs, le film ne cède jamais entièrement au désespoir. Le scénario, entrecoupé de flashbacks et d’humour caustique, laisse transparaître un message d’espoir. Les interactions de Grace avec Pinky, une figure maternelle bienveillante et excentrique, injectent des touches de chaleur et d’optimisme. La narration en voix off, bien qu’occasionnellement trop dense, permet de naviguer dans les méandres émotionnels de Grace et de donner vie à ses souvenirs.

Ce qui distingue Memoir of a Snail des œuvres similaires, c’est sa capacité à équilibrer une intensité émotionnelle brute avec des moments de légèreté. Les personnages secondaires, bien qu’étranges, apportent une humanité saisissante, et l’utilisation d’escargots comme leitmotiv est à la fois ingénieuse et symbolique. Ces créatures lentes et fragiles rappellent que, même après les épreuves les plus dures, la vie continue à avancer, un pas – ou un glissement – à la fois.

Certes, le rythme narratif parfois inégal, tout comme la succession de malheurs, peut dérouter. Mais la fin, touchante et lumineuse, offre une conclusion cathartique à cette histoire de résilience. Memoir of a Snail n’est pas seulement une exploration des vulnérabilités humaines ; c’est un hommage vibrant à ceux qui, face aux épreuves, choisissent de sortir de leur coquille pour trouver un nouveau souffle. Elliot signe ici une œuvre à la fois intime et universelle, qui marquera durablement l’imaginaire des spectateurs.

Scénario
5/5

Acting
4.5/5

Image
4/5

Son
4.5/5

Note globale
90%

Avec Memoir of a Snail, Adam Elliot livre une œuvre en stop-motion alliant humour noir et sensibilité poignante. À travers l’histoire de Grace, une Australienne solitaire qui confie ses souvenirs à un escargot, le film explore les thèmes de la perte, de la résilience et de l’espoir. L’animation, exubérante et subtilement symbolique, et une fin lumineuse confirment le talent d’Elliot pour sublimer les blessures humaines avec une profonde humanité.

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  1. Ça aussi trop hâte !!!

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    1. Trop bien, tu verras 🙂 Une petite pépite qui est dans les salles depuis pas longtemps du tout !

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  2. […] Memoir of a Snail […]

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