Heretic

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Hugh Grant se transforme en méchant, mais qui est vraiment terrifié ?

A24, connu pour repousser les limites de l’horreur moderne avec des chefs-d’œuvre tels que Hereditary et The Witch, s’est imposé comme un nom incontournable pour les amateurs du genre. Pourtant, même les géants trébuchent, et avec Heretic, un thriller porté par la présence magnétique de Hugh Grant, le studio offre une déception surprenante.

L’intrigue semble pourtant prometteuse: deux jeunes missionnaires mormones, Barnes et Paxton, arpentent les rues sous une pluie battante, frappant aux portes dans l’espoir de partager leur foi. Une tâche ingrate, souvent perçue comme intrusive, d’autant plus qu’une religion aussi controversée ne se vend pas en un après-midi. Cependant, leur parcours les mène à la demeure de M. Reed, un homme à la fois fascinant et inquiétant, qui se montre curieusement réceptif à leurs efforts.

La mise en scène instaure rapidement un sentiment de malaise, chaque échange avec M. Reed laissant entrevoir un danger latent. La tension s’intensifie à mesure que cet hôte érudit, mais socialement maladroit, défie les deux jeunes femmes avec des questions incisives sur leur foi. Ses promesses d’un gâteau préparé par une épouse invisible et ses sourires empreints d’ironie nourrissent une atmosphère où chaque mot semble peser lourd.

C’est ici que Hugh Grant brille. Transformé en un psychopathe charismatique, il offre une performance déstabilisante, mêlant charme et menace avec une aisance désarmante. Depuis son rôle dans Paddington 2, Grant a trouvé une nouvelle vocation dans l’interprétation de personnages sombres et ambigus, et dans Heretic, il s’amuse visiblement à pousser cette dynamique à son paroxysme.

Cependant, si Grant s’élève à de nouveaux sommets, le reste du film peine à suivre. Le concept initial — un affrontement psychologique entre foi et scepticisme — se révèle superficiel, à peine plus profond qu’un exercice scolaire sur les dogmes religieux. Les dialogues, bien qu’intrigants par moments, ne mènent à aucune révélation marquante. Ce qui aurait pu être une exploration captivante des tensions spirituelles s’effondre sous le poids de ses ambitions non tenues.

À défaut de substance, Heretic glisse vers une sorte de Saw édulcoré, où les scènes de torture psychologique remplacent les pièges sadiques. Si la cinématographie apporte quelques touches visuellement mémorables — notamment un plan saisissant où l’une des missionnaires semble courir dans une miniature sinistre —, ces éclats esthétiques ne suffisent pas à masquer les failles narratives.

Les performances de Sophie Thatcher et Chloe East, bien qu’honorables, restent éclipsées par la présence écrasante de Hugh Grant. Tandis qu’elles s’efforcent d’incarner la ferveur et la vulnérabilité de leurs personnages, leur engagement paraît pâle en comparaison de l’intensité de leur antagoniste.

En fin de compte, Heretic est avant tout le spectacle de Hugh Grant. Si son jeu élève indéniablement le film, il en devient également le talon d’Achille: tout repose sur ses épaules, au point que le suspense, pourtant essentiel dans un thriller psychologique, s’effrite. A24 nous a habitués à bien mieux. Ici, le résultat est un divertissement correct, mais loin d’atteindre les sommets que promettait son concept.

Scénario
2/5

Acting
3/5

Image
2/5

Son
2/5

Note globale
45%

Hugh Grant embrasse le monstre qui sommeille en lui, abandonnant le charme pour les frissons – du moins, c’est l’intention. Mais rien ne peut empêcher ce pseudo-horreur risible de s’effondrer sous ses propres prétentions.

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  1. J’ai adorééééé 👀😬🙃 il va falloir qu’on débriefe tout ça… Autour d’une tarte aux myrtilles par exemple 😏 ?

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