The Crow

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Parfois, plus, c’est moins.

Le film The Crow de 1994 a été un véritable succès et un classique culte instantané. Pour exploiter pleinement son potentiel, de nombreuses suites et reboots ont vu le jour. Malheureusement, la plupart ont déçu. La dernière tentative en date est réalisée par Rupert Sanders, mieux connu pour des films médiocres comme Blanche-Neige et le Chasseur et Ghost in the Shell. Si cette version est supérieure à ses prédécesseurs, il faut bien reconnaître que la concurrence n’était pas particulièrement élevée.

L’intrigue de The Crow tourne autour de la vengeance. Shelly reçoit un appel inquiétant d’une amie qui lui annonce qu’elle doit fuir. Un homme se lance bientôt à sa poursuite, mais elle est arrêtée par la police, puis envoyée en centre de désintoxication. Là, elle rencontre Eric avec qui elle s’évade. Mais une fois en liberté, les choses tournent mal, et Eric se lance dans une quête de vengeance implacable.

L’histoire commence sur un ton mystérieux. Pourquoi Shelly fuit-elle ? Qui est Eric ? Qui en veut à Shelly ? Mais ces questions restent en grande partie sans réponses. L’intrigue semble moins se soucier de profondeur ou de logique que de dépeindre des personnages sombres et rebelles, comme si le script avait été écrit par un adolescent influencé par Tumblr et DeviantArt.

Le principal problème réside dans le peu de temps que Shelly et Eric passent ensemble. Leur relation, bien que censée être amoureuse, manque de substance. Leurs interactions à l’écran sont limitées, et l’alchimie entre les deux personnages est presque inexistante. Leur « amour » semble artificiel et forcé, presque comme un coup de foudre adolescent. Ce manque d’authenticité enlève à l’histoire sa prétendue pureté.

Les personnages eux-mêmes sont à peine esquissés. Eric reste mystérieux, et Shelly est définie par très peu d’éléments, principalement sa musique. Aucun personnage n’est suffisamment développé, rendant l’implication émotionnelle difficile. De plus, les événements surnaturels et les pouvoirs restent inexplicables, privant l’histoire de profondeur.

L’intrigue manque elle aussi de substance. Les idées introduites dans le premier acte tombent dans le vide, et l’histoire devient rapidement monotone. Le méchant, Vincent Roeg, est inquiétant, mais ses origines et motivations restent floues. L’ensemble semble être une succession d’idées inachevées.

L’action est toutefois réussie, brute et intense. Les scènes d’action sont magnifiées par l’utilisation du ralenti, mais cette approche visuelle, bien que stylée, manque parfois de l’énergie et de l’humour qui caractérisaient l’original. L’aspect visuel est soigné, avec de beaux angles de caméra et une cinématographie élégante.

Il est difficile de ne pas comparer ce reboot à l’original. Le tout premier The Crow a bien fonctionné parce qu’il est sorti au milieu de l’ère du « grunge », à laquelle le style et la vision du film correspondaient parfaitement. Il a attiré la jeunesse incomprise au cinéma et est ainsi devenu un véritable enfant de l’époque. Si vous copiez cela sans trop de modifications et que vous le transposez dans le présent, vous risquez de vous attirer des ennuis. Peut-être est-il temps de laisser Eric et The Crow reposer en paix…

Scénario
1.5/5

Acting
2/5

Image
2/5

Son
2.5/5

Note globale
40%

The Crow version 2024 veut surtout être plus: plus de violence, plus de drame, plus de CGI, plus de forces surnaturelles, plus de maquillage noir et plus de mélancolie. Mais l’effet n’est que moindre.

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  1. 👍😍

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