The Apprentice
Vu
2 novembre 2024 – Sauvenière
Année
2024
Réalisation
Ali Abbasi
Production
Briarcliff Entertainment
Casting
S.Stan, J.Strong, M.Bakalova
Enfin, un préquel sur le figurant de Home Alone 2: Lost in New York (1992)
Comment réaliser un film sur l’une des figures les plus célèbres et controversées de notre époque ? Que reste-t-il à dire sur Donald Trump, cet homme qui occupe le devant de la scène depuis des années ? Le réalisateur Ali Abbasi choisit ici de ne pas suivre la voie classique du biopic, préférant explorer les origines du personnage et comprendre comment Trump est devenu celui que l’on connaît.
Bien avant qu’il ne se lance dans la course présidentielle de 2016, Trump inspirait déjà des spéculations sur un éventuel film biographique. Avec son caractère excentrique et fascinant, il semblait inévitable qu’une telle œuvre voie le jour. Huit ans et deux mandats présidentiels plus tard, Trump est même à la veille d’une possible réélection. Le moment semblait donc idéal pour sortir un biopic consacré à ce président au style pour le moins unique.
Le film suit un jeune Donald Trump (Sebastian Stan), qui lance son entreprise immobilière dans le New York des années 1970 et 1980 avec le soutien de Roy Cohn (Jeremy Strong), avocat influent et polémique. On assiste à ses efforts pour sortir de l’ombre de son père autoritaire, jusqu’à sa rencontre décisive avec Cohn, figure notoire qui n’hésite pas à user de tactiques intimidantes pour obtenir ce qu’il veut. Cohn devient rapidement son mentor, lui inculquant trois principes : toujours attaquer, ne jamais avouer, et constamment prétendre avoir gagné, même en cas d’échec. Ce mentorat transforme Trump en un ambitieux magnat sans scrupules.

Surprenant par son approche assez classique, The Apprentice semble s’écarter du style singulier auquel Abbasi, réalisateur du thriller féministe Holy Spider et du conte de fées excentrique Border, nous avait habitués. Bien qu’il soit efficacement écrit, filmé et interprété par un casting remarquable, le film reste conventionnel, même dans ses clins d’œil prévisibles, presque attendus.
Un moment en particulier résume cette prévisibilité: lorsque Roger Stone propose à Trump le célèbre slogan de campagne « Let’s Make America Great Again ». La scène semble conçue pour la bande-annonce mais n’apporte pas de réelle profondeur. On accède difficilement à la complexité des personnages, bien que cela ne soit pas entièrement imputable à Abbasi. Après tout, Trump est un livre ouvert, avec ses failles et ses excès. Cependant, les acteurs parviennent à en capturer l’essence avec brio.
L’interprétation de Trump est une tâche délicate. On pourrait penser qu’il suffit d’une couche de maquillage orange et de quelques mimiques, mais Sebastian Stan, qui incarne un Trump plus jeune, s’attaque à la version encore en formation de ce personnage aux tics célèbres. Quant à Jeremy Strong, il livre une performance poignante en Roy Cohn, cet homme impitoyable qui perd progressivement pied dans un monde qu’il ne maîtrise plus. La dernière demi-heure, où il interprète un Cohn mourant, est particulièrement marquante et suscite presque de la compassion.

The Apprentice ne recule devant aucune des sombres facettes de cette histoire, y compris l’agression présumée de sa première femme Ivana (Maria Bakalova). Cette accusation, bien que réglée hors cour, reste une tache indélébile pour le personnage.
Naturellement, le véritable Trump avait quelque chose à dire à propos du film. Sur Truth Social, il a qualifié l’équipe du film de « HUMAN SCUM » et dénoncé ce biopic comme une « attaque politique » visant à affaiblir sa candidature. Même s’il est peu probable que Trump visionne un jour The Apprentice, le film pourrait bien se faire une place aux Oscars. Une reconnaissance méritée pour ses acteurs, dont les performances transcendent le personnage pour capturer l’essence d’une époque et les tensions qui la traversent.
Si vous avez aimé : I, Tonya (2017), The Founder (2016), The Social Network (2010), Nixon (1995), Goodfellas (1990), Wall Street (1987)

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