Strange Darling
Vu
21 octobre 2024 – À domicile
Année
2024
Réalisation
J.T. Mollner
Production
Magenta Light Studios
Casting
W.Fitzgerald, K.Gallner, E.Begley Jr
Une expérience cinématographique unique en son genre
On pourrait croire que le genre du serial killer a fait son temps, mais l’ingénieux Strange Darling, du scénariste-réalisateur américain J.T. Mollner, prouve le contraire avec brio.
Divisé en six chapitres, ce film nous transporte dans une narration non linéaire, où Mollner s’amuse à déjouer nos attentes. Les événements se déroulent sous nos yeux, et pourtant, les multiples retournements de situation nous laissent constamment en haleine, transformant ce thriller en un jeu psychologique captivant.
L’intrigue s’ouvre sur une jeune femme blessée, traquée par un homme armé. Elle parvient à s’échapper et trouve refuge dans un cottage isolé, où un couple de personnes âgées l’accueille. Progressivement, le film nous révèle les circonstances qui l’ont menée ici, et surtout, comment elle s’en sortira.

Dès les premières scènes, une course-poursuite haletante entre une femme anonyme et un homme armé évoque immanquablement des souvenirs de Massacre à la tronçonneuse et la fuite effrénée face à Leatherface. Mais ne vous y trompez pas, Strange Darling ne se contente pas de rendre hommage aux classiques. Si quelques références à Tobe Hooper ou à Halloween de John Carpenter apparaissent en filigrane, Mollner prend une direction bien plus audacieuse, jouant subtilement avec les attentes du spectateur.
Le film ne se repose pas sur la vigilance du public et s’ouvre sur une déclaration intrigante: il a été tourné en 35 mm, avec une esthétique volontairement rétro. En d’autres termes: pas de numérique, mais de la pellicule authentique ! Et qui se cache derrière la caméra et l’éclairage? Giovanni Ribisi (vous voyez Frank Buffay Jr. dans Friends?), qui, ici, ajoute une nouvelle corde à son arc en tant que directeur de la photographie. Une décision payante, car visuellement, Strange Darling captive dès le premier plan.

Un autre détail nous est très rapidement précisé: l’histoire est « vraie » (mais pas tout à fait) et se compose de six chapitres (et un épilogue, découvert plus tard). Ainsi, quand le film commence au chapitre trois, le spectateur est immédiatement averti qu’il ne sera pas question d’une structure narrative classique. Les titres d’ouverture, qui rappellent le cinéma des années 1970, nous plongent dans une atmosphère vintage, mais la transition vers une ambiance résolument moderne ne tarde pas.
Willa Fitzgerald et Kyle Gallner, les deux acteurs principaux, livrent des performances impeccables, alimentées par une alchimie indéniable. Leur capacité à passer de la victime au bourreau, parfois en l’espace d’une scène, est cruciale pour le succès du film. Chaque chapitre réinvente la perspective, offrant une nouvelle lecture des événements, ce qui permet à l’histoire de maintenir son imprévisibilité tout au long du récit.
La grande force de Strange Darling réside dans son approche inventive. Un récit aussi simple aurait perdu de son éclat s’il avait été conté de manière linéaire, mais la construction délibérément déstructurée du film élève le thriller à un autre niveau. Si le style semble ici prévaloir sur la substance, cela n’enlève rien à son impact. Parfois, lorsqu’un film parvient à renouveler un genre si efficacement, on accepte volontiers de fermer les yeux sur ce léger déséquilibre.
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