Alien: Romulus

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Dans l’espace, personne ne vous entendra crier.

La saga Alien est devenue une série culte au fil des années. Après le succès retentissant du premier film en 1979, trois autres volets ont suivi, avec le quatrième épisode, Alien: Resurrection, sorti en 1997. Par la suite, plusieurs affrontements avec Predator ont vu le jour en 2004 et 2007, avant que la franchise ne tombe dans une période de silence. Prometheus (2012) et Alien: Covenant (2017) avaient pour but de relancer la saga, mais l’absence des célèbres Xénomorphes a laissé certains fans sur leur faim.

Sept ans après Alien: Covenant, la franchise Alien s’enrichit d’un nouvel épisode. Cette fois-ci, ce n’est pas Ridley Scott mais Fede Álvarez (réalisateur de Evil Dead et Don’t Breathe) qui prend les rênes pour tenter de maintenir le mythe en vie. S’inspirant de tout ce qui a fait du film original de 1979 un classique incontournable, Álvarez a redoublé d’efforts pour capturer l’essence qui a rendu cette œuvre si impressionnante et culte.

Alien: Romulus se situe chronologiquement entre le premier et le deuxième volet, vingt ans après que Ripley a survécu aux créatures meurtrières. Rain (interprétée par Cailee Spaeny, révélée dans Priscilla et Civil War) est une jeune mineuse sur une planète exploitée par la Weyland-Yutani Corporation. Elle s’est dévouée à prendre soin d’Andy (joué par David Jonsson), un androïde endommagé au comportement d’un enfant vulnérable. Ensemble, ils rejoignent un groupe de jeunes colons aspirant à la liberté, à la recherche de cryopodes pour atteindre une planète lointaine. Ils pensent avoir de la chance lorsqu’ils découvrent un vaisseau sans équipage en orbite autour de leur planète. Cependant, ils ne tardent pas à découvrir les sinistres machinations de la méga-corporation Weyland-Yutani.

Álvarez, qui a coécrit le scénario avec son fidèle collaborateur Rodo Sayagues, se révèle être un fervent admirateur de la franchise Alien. Il puise clairement son inspiration dans les meilleurs moments des films précédents, ponctuant son œuvre de nombreux clins d’œil et variations sur les scènes emblématiques d’Alien et d’Aliens en particulier. Cependant, à quelques reprises, le réalisateur pousse l’hommage un peu trop loin, au point de nous faire sortir de l’histoire – notamment lorsqu’il propose une version moins convaincante d’une réplique d’un personnage inoubliable du premier film.

Chaque film de la saga Alien suit un schéma bien établi : un groupe de personnes se retrouve isolé sur un vaisseau ou une planète, où il est rapidement pris pour cible par les redoutables ‘facehuggers’ et ‘xénomorphes’. Cependant, Álvarez et Sayagues confèrent à cet univers une certaine personnalité. Leur inspiration vient d’une scène supprimée d’Aliens, où des enfants, jouant dans une colonie, s’interrogent sur leur avenir. Par conséquent, le monde qu’ils mettent en place dans Alien: Romulus semble immédiatement très réel et étoffé, notamment grâce à l’impressionnante conception dystopique de Naaman Marshall (directeur artistique de The Dark Knight).

Les relations entre les personnages sont également très bien construites. J’ai été immédiatement captivé par le lien entre Rain et Andy. Le groupe comprend également Tyler (interprété par Archie Renaux, vu dans Morbius et Shadow & Bone), le leader taciturne qui partage manifestement un passé avec Rain ; sa sœur Kay (incarnée par Isabela Merced, connue pour Dora and the Lost City of Gold et Madame Web), leur cousin quelque peu agaçant Bjorn (Spike Fearn aperçu dans Aftersun), et sa petite amie, la pilote Navarro (la débutante Aileen Wu). Ce groupe compact se distingue par des personnalités bien définies, mais l’on ne peut s’empêcher de se demander qui survivra jusqu’à la fin. Álvarez a rassemblé un casting de jeunes talents prometteurs, offrant ainsi un souffle nouveau à la franchise en mettant en avant une génération plus jeune dans un film Alien.

En matière d’interprétation, David Jonsson mérite des éloges particuliers. En tant qu’androïde de service, il se retrouve face à l’héritage imposant de Ian Holm, Lance Henriksen et Michael Fassbender. Pourtant, il s’acquitte de cette tâche avec brio, en particulier lorsqu’il révèle une autre facette du personnage. Il peut passer d’attachant à calculateur en un clin d’œil. Quant à Cailee Spaeny, elle s’affirme comme une digne successeure de Noomi Rapace, Katherine Waterston, et bien sûr, de l’iconique Sigourney Weaver. Elle n’hésite pas à exprimer des émotions profondes, tout en étant suffisamment ‘badass’ lorsque la situation l’exige. Une mention spéciale est également due à Isabela Merced, qui ne manquera pas de laisser une impression durable sur de nombreux spectateurs.

Certes, Alien: Romulus n’est pas exempt de défauts, mais il s’agit sans doute du meilleur film de la franchise depuis Aliens en 1986. Ce nouvel opus démontre que la saga est loin d’être éteinte. Espérons néanmoins que le prochain volet ne se contentera pas d’être un nouvel hommage explicite. Il est temps d’explorer des concepts plus originaux. Ridley Scott a tenté cette voie avec Prometheus, mais les réactions mitigées à ce film, ainsi que l’accueil encore plus réservé d’Alien: Covenant, ont compromis cette approche.

Focus perso – Proposition de classement des films Aliens

9. Alien vs Predator: Requiem (2007)

8. Alien vs Predator (2004)

7. Alien: Resurrection (1997)

6. Alien 3 (1992)

5. Alien: Covenant (2017)

4. Prometheus (2012)

3. Alien: Romulus (2024)

2. Aliens (1986)

1. Alien (1979)

Scénario
3/5

Acting
3/5

Image
3.5/5

Son
3.5/5

Note globale
65%

Pas aussi fort qu’Alien et Aliens, pas aussi original que Prometheus et Covenant, mais bien meilleur qu’Alien 3 et Alien: Resurrection.

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  1. Très cool texte 🙃J’avais commencé le tout dernier Alien dans un avion pour tuer le temps, je me souviens avoir arrêté le film à mi-chemin quand un xénomorphe a commencé à faire du karaté. Pour Romulus, j’avais juste vu la bande-annonce et le nom de Ridley Scott à la production, je me suis dit ‘allez go, dernière chance’. Aucune attente, pas vraiment de hype, juste l’envie d’aller au cinoche voir un film d’horreur et de pas réfléchir. Et ben franchement, une belle petite surprise ! Même si le fond est pas franchement excitant (le scénario tient en trois lignes, est convenu, cliché, archi prévisible, ya pas vraiment de « vision » dans la réalisation), la forme est quant à elle plutôt généreuse. On ne s’est pas ennuyé une seconde tant le rythme est bien maitrisé et l’ambiance prenante. C’est pas un grand film, mais c’est un bel hommage et les fans du genre y trouveront leur compte.

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