MaXXXine

Vu

Année

Réalisation

Production

Casting

Quel régal, cette trilogie !

En moins de trois ans, le scénariste et réalisateur Ti West, ainsi que l’étoile montante Mia Goth, se sont imposés comme deux des figures les plus emblématiques du paysage horrifique contemporain avec X et Pearl.

Dans ce dernier opus, Maxine incarne les rêves de grandeur de Pearl en devenant une véritable star de cinéma. Le film se déroule au milieu des années 80, six ans après les événements désastreux de « X », et suit l’actrice porno Maxine Minx (Goth) qui tente de percer dans le cinéma grand public, dans un film d’horreur dirigé par l’exigeante Elizabeth Bender (Elizabeth Debicki). Maxine ne laissera rien se mettre en travers de son chemin, qu’il s’agisse d’un détective privé véreux (Kevin Bacon) ou d’un tueur en série rôdant dans les collines d’Hollywood.

Bien que j’aie pris beaucoup de plaisir à visionner MaXXXine et le recommande vivement à tous les amateurs d’horreur, il ne parvient pas à égaler Pearl, offrant une conclusion légèrement insatisfaisante à l’une des trilogies les plus marquantes de ma mémoire récente. Après deux des films d’horreur les plus marquants de la décennie, on aurait pu espérer que le final soit un véritable coup de maître.

West excelle dans l’art de recréer le passé cinématographique. Avec son directeur de la photographie Eliot Rockett, il a ressuscité trois époques sur grand écran avec cette trilogie. X évoque les films d’horreur des années 1970 tels que Massacre à la tronçonneuse et La dernière maison sur la gauche, tandis que le préquel Pearl offre un reflet sombre du Hollywood classique, avec des références à Le Magicien d’Oz et Mary Poppins.

Ceux qui se souviennent des années 1980 se retrouveront transportés dans l’époque de MaXXXine. La bande sonore est exceptionnelle, avec des chansons d’Animotion, ZZ Top et Missing Persons. Les classiques de Brian De Palma, Body Double et Dressed to Kill, ainsi que tout le genre italien, sont évoqués par la décoration des décors, l’éclairage au néon et l’image du tueur portant des gants noirs. West nous enchante également avec des références cinématographiques savamment intégrées – un imitateur de Buster Keaton menace Maxine dans une ruelle, tandis que Bacon, travesti en personnage de Chinatown, la poursuit dans un studio et dans les escaliers de la maison de Psycho.

L’intrigue générale rappelle le chef-d’œuvre sous-estimé de Paul Schrader, Hardcore, où George C. Scott recherche sa fille dans les bas-fonds de Los Angeles. Comme Schrader, West ne ménage aucun effort, faisant de MaXXXine un film riche en idées et visuels captivants, mais auquel il manque quelque chose au niveau du thème et du cœur.

MaXXXine a peut-être une âme, mais elle est loin d’être parfaite. Bien que le gore soit une fois de plus remarquable et suscite des réactions chez les cinéphiles les plus sensibles, l’intrigue est quelque peu désordonnée. Certains personnages, en particulier ceux incarnés par Michelle Monaghan et Bobby Cannavale dans le rôle des détectives, n’ajoutent rien de significatif, et la fin est tout simplement décevante. Je n’ai personnellement pas trouvé qu’il y avait une conclusion, ou une réponse à la terreur de cette femme.

MaXXXine confirme ce que l’on soupçonnait déjà après X et Pearl : Mia Goth est une actrice unique en son genre, dotée d’une présence à l’écran d’une intensité troublante, et à l’aise avec des personnages complexes. Bien que MaXXXine ne soit pas le meilleur des trois films, Mia Goth vaut largement le prix d’entrée, ne serait-ce que pour l’ambition glaciale et presque reptilienne dans son regard alors qu’elle poursuit sa carrière de rêve.

Focus perso – Mia Goth

Active depuis plusieurs années, Mia Goth a véritablement percé grâce à la trilogie X. Sa carrière avait débuté avec un rôle marquant dans Nymphomaniac (2013) aux côtés de Willem Dafoe, où elle avait rencontré son futur époux, Shia LaBeouf. Depuis, elle a enchaîné les apparitions dans divers films comme The Survivalist (2015), Everest (2015), A Cure for Wellness (2016), Marrowbone (2017), Suspiria (2018), High Life (2018), Emma (2020), le film d’animation The House (2022) dans lequel elle prêt sa voix à Mabel et Infinity Pool (2023).

Au sommet de sa carrière, elle est devenue une figure emblématique du genre horrifique, chérie par les fans et critiques. Cependant, elle s’apprête à étoffer sa filmographie en explorant d’autres horizons cinématographiques.

Parmi ses futurs projets ambitieux, Blade représente un tournant significatif. Elle y interprétera Lilith, aux côtés de Mahershala Ali, dans une œuvre qui s’éloigne du registre horrifique pour s’aventurer dans le fantastique. Prévu pour une sortie en salles en novembre 2025, ce film est très attendu.

Autre projet d’envergure, Frankenstein, dirigé par le maître Guillermo del Toro, compte Mia Goth parmi ses têtes d’affiche. Elle partagera l’écran avec des acteurs de renom tels qu’Oscar Isaac, Jacob Elordi et Christoph Waltz. L’histoire suit le Dr Pretorius, qui, quarante ans après l’incendie présumé mortel de la créature de Frankenstein, se lance dans une quête pour la retrouver et poursuivre les travaux de son prédécesseur.

Avec ces nouveaux défis, Mia Goth continuera très certainement de briller et de surprendre, consolidant ainsi sa place dans le panthéon du cinéma contemporain.

Scénario
3/5

Acting
4/5

Image
4/5

Son
4/5

Note globale
75%

Maxxxine exploite au maximum le talent de Mia Goth, mais n’est pas à la hauteur de la fin de la trilogie

Répondre à bnbrnx Annuler la réponse.

  1. J’ai adoré la façon dont le film a fait du neuf avec du déjà-vu mille fois. C’est assez récurrent dans la trilogie en fait, la réutilisation des codes d’une époque ou d’un genre pour créer des films singuliers et un peu hybrides, avec une identité propre. J’ai trouvé assez ouf aussi la façon dont West a créé ses films « pour » et autour de Mia Goth (- l’actrice, un peu comme une muse -), dont il écrit la destinée en même temps que celle de Maxine. C’est flagrant dans ce dernier opus.

    Aimé par 1 personne