Challengers
Vu
3 mai 2024 – Au Caméo (Namur)
Année
2024
Réalisation
Luca Guadagnino
Production
Warner Bros. Pictures
Casting
Zendaya, J.O’Connor, M.Faist
Triangle of Badness
Le dernier film de Lucas Guadagnino mêle plusieurs genres, allant du sportif à la comédie sexuelle, en passant par le psychodrame et le drame relationnel. Dès les premières scènes, le spectateur est plongé dans un match de tennis passionné entre Patrick Zweig et Art Donaldson, où les enjeux vont bien au-delà du sport. Le premier set est pour Patrick. Lorsqu’il échange un regard avec la femme des tribunes communiquant avec Art, le film nous transporte instantanément dans le passé. Au cours des deux heures qui suivent, le film fait des allers-retours entre ce match et des flashbacks qui révèlent comment les trois personnages, elle s’appelle Tashi Donaldson, sont liés. Car ils sont liés !
Challengers possède tous les ingrédients pour offrir un spectacle sensationnel. Les principaux acteurs tels que Zendaya, Josh O’Connor et Mike Faist débordent de charme et de beauté, tandis que la bande originale de Trent Reznor et Atticus Ross promet une expérience musicale exceptionnelle. De plus, Guadagnino maintient un rythme enlevé grâce à une direction artistique inspirée et un montage fluide.
Et pourtant, malgré ses atouts indéniables, le film ne parvient jamais à atteindre son plein potentiel. Aussi attrayant qu’il puisse paraître, le film reste en retrait, manquant d’une étincelle véritable pour véritablement captiver l’audience.

Tout au long de son impressionnante carrière, Luca Guadagnino s’est constamment distingué par sa capacité à rendre tangible la sensualité. Les thèmes de l’amour et de la luxure ont toujours intrigué le cinéaste italien. Son deuxième film, Melissa P., explore le voyage initiatique d’une adolescente à la découverte de sa sexualité, tandis qu’il a lui-même qualifié ses trois films suivants, Io sono l’amore, A Bigger Splash et Call Me by Your Name, de trilogie du désir. Mais en réalité, ce thème ne l’a jamais quitté, que ce soit à travers le film d’horreur dansant Suspiria, la série sur le passage à l’âge adulte We Are Who We Are et la romance cannibale Bones and All.
Dans ce film, le réalisateur déploie une panoplie complète d’artifices visuels pour en mettre plein la vue. Du ralenti des joueurs jusqu’au montage rapide, il exploite toutes les techniques disponibles. Certaines de ces astuces apparaissent quelque peu artificielles. On peut observer, dans certaines scènes, l’utilisation d’un ballon généré par ordinateur pour les rebonds. Les séquences parfois excessivement ralenties rappellent une publicité Adidas particulièrement exubérante. D’ailleurs, il est indéniable que Guadagnino ne recule devant rien pour intégrer des placements de produits.
Mais voilà, cela ne m’a pas convaincu ! À plusieurs reprises, j’ai envisagé de partir, mais je me suis résolu à rester accroché à l’histoire. Malheureusement, la trame de l’histoire était si mince, sans profondeur. Les performances des acteurs étaient acceptables compte tenu du scénario. La structure narrative, oscillant entre avancées et reculs, était déroutante, nous perdant par moments dans le récit. De plus, la qualité sonore laissait à désirer, la musique de fond écrasant souvent les dialogues. Avec une durée de 2 heures et 11 minutes, le film semblait interminable, donnant l’impression d’observer de la peinture sécher.
Bon, pour être tout à fait honnête, je dois bien admettre que je n’étais pas particulièrement enthousiaste à l’idée d’aller voir ce film au cinéma, mais étant donné toute l’agitation autour de sa sortie, ma curiosité a pris le dessus et j’ai décidé d’y jeter un coup d’œil ! En fin de compte, c’est le genre de film qui te donne envie d’aller au cinéma mais pas d’y retourner…

Focus perso – Beaucoup de bruit pour pas grand chose !
Cela fait des mois que l’on nous distille insidieusement des informations sur Challengers. Initialement prévue pour l’automne 2023, sa sortie a été retardée en raison de la grève des scénaristes et des acteurs. Il s’agit probablement du film le plus annoncé depuis le début de cette année.
La stratégie marketing du film repose principalement sur le prestige de son casting: On ne présente plus Zendaya qui est accompagnée de Josh O’Connor, connu pour son rôle dans The Crown et plus récemment La Chimera, et Mike Faist, vu dans West Side Story.
Tout au long du film, je me suis posé une question: Vivons-nous à l’époque des films « conçus pour les réseaux sociaux » ? D’un côté, il est positif qu’un film génère des discussions et suscite un débat animé, que ce soit en ligne ou dans la vie réelle. Nous manquons souvent de ces moments de partage culturel à l’heure actuelle. Cependant, cela ne bénéficie pas à tout le monde lorsque cela manque essentiellement de substance et qu’il s’agit simplement d’une entreprise purement commerciale.
Au risque de paraître trop radical, je ne comprends simplement pas le battage médiatique accordé à ce film. J’ai adoré les œuvres précédentes de Luca Guadagnino, mais ce film m’a profondément ennuyé !
Si vous avez aimé : King Richard (2021), Malcolm & Marie (2021), Call Me by Your Name (2017), The Dreamers (2003), Y tu Mamá También (2001), Jules et Jim (1962)

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