The Sweet East
Vu
6 mars 2024 – À domicile
Année
2024
Réalisation
Sean Price Williams
Production
Potemkine Films
Casting
T.Ryder, J.Elordi, S.Rex, A.Edebiri
Le meilleur film A24 que A24 n’a pas produit ?
Dans ce film, nous suivons le périple de Lillian Wade (Talia Ryder), une lycéenne de Caroline du Sud, lors d’un voyage à Washington D.C. où elle est séparée de ses camarades de classe. Au cours de ce voyage, elle adopte différents noms et identités avec une aisance déconcertante, s’accrochant à divers groupes d’activistes, dont Caleb (Earl Cave) aux yeux charbonneux et piercings extravagants, puis Lawrence (Simon Rex), un néo-nazi blanc d’âge moyen, et enfin Molly (Ayo Edebiri), une réalisatrice atrocement prétentieuse, qui la fait jouer aux côtés de Ian (Jacob Elordi), un acteur vantard, dans sa production cinématographique indépendante. Le film marque les débuts de Sean Price Williams en tant que réalisateur, célèbre pour son travail de caméraman sur les films des frères Safdie, avec une satire à petite échelle dépeignant l’Amérique comme une terre de bizarreries. Cette aventure picaresque nous plonge dans un « Magicien d’Oz » contemporain où l’adolescente Lillian Wade est catapultée hors de sa vie américaine ordinaire dans un monde sauvage et fantasmagorique, peuplé de personnages excentriques et de violence ambiante. Naviguant dans cette version bizarroïde de l’Amérique, le film aborde de manière audacieuse des sujets inconfortables tels que les fusillades de masse, les suprémacistes blancs et le Pizzagate.
Impulsive, jeune, naïve, il est courant de parler de l’Amérique en ces termes. Même avec près de 250 ans d’existence, le pays ne peut rivaliser avec les histoires séculaires d’autres empires. Les descriptions se concentrent sur les défauts, les visions non réalisées et les promesses non tenues du fameux « rêve américain ». Sean Price Williams, sensible à cette perception largement répandue, façonne avec soin son premier film, The Sweet East, pour en faire un récit qui, tout en empruntant des airs de satire, révèle une certaine fierté patriotique. À travers l’aventure picaresque de Lillian, le film offre un regard à la fois caustique et fascinant sur les diverses facettes de l’Amérique et ses tendances sectaires.

C’est une expérience cinématographique à la fois fascinante et déroutante, une immersion dans un univers grotesque qui vous attire autant qu’il vous laisse parfois désemparé, ne laissant en mémoire que l’empreinte des désastres qui se succèdent. C’est un tableau habilement conçu, délibérément laid, dépeignant l’Amérique comme un parc d’attractions en déliquescence. Cependant, son pouvoir de séduction s’émousse à chaque fois qu’il manque de la finesse, de l’intelligence ou de l’audace qu’il s’attribue.
The Sweet East est indubitablement un film polarisant. Visionner le premier long métrage de Sean Price Williams équivaut un peu à être coincé dans un compartiment de train avec un adolescent diffusant de la musique à plein volume depuis son téléphone portable. D’un côté, c’est agaçant, et l’on souhaiterait que cela cesse. Pourtant, une certaine admiration émerge pour cette insouciance, cette attitude nonchalante et cette couche d’égocentrisme.
Les péripéties de Lillian la conduisent à travers les méandres de l’Amérique, peuplées de personnages qui pourraient prêter à rire, surtout en considérant le casting soigneusement sélectionné par Williams et son équipe. Ayo Edebiri, Jeremy O. Harris et Jacob Elordi, entre autres, se présentent comme des caricatures irrésistiblement attirées par Lillian et finissent par faire d’elle une star. Pourtant, à chaque nouvelle rencontre, les trajectoires singulières de ces personnages perdent de leur élan. Le scénario est d’une loquacité excessive, martelant l’idée que pour naviguer dans notre société moderne, il faut manier un langage ampoulé. Les plaisanteries ironiques sur la folie de ces individus, sur leur propension à se mentir à eux-mêmes tout en essayant de berner Lillian, deviennent de plus en plus prévisibles et artificielles. À certains moments, le film de Williams semble simplement satisfaisant.
En guise de conclusion, retenons peut-être de ce film l’émergence de Sean Price Williams en tant que réalisateur prometteur et la révélation du talent exceptionnel de Talia Ryder.

Focus perso – Talia Ryder
La connaissez-vous ? Hé ben, vous devriez et, une chose est sûre si ce n’est pas le cas, ça ne saurait tarder ! Puisqu’elle crève l’écran, Il est donc de mon devoir de vous la présenter plus en détail. Mais qui est-elle ?
À seulement 21 ans, Ryder affiche une filmographie aussi éclectique que remarquable. Originaire de Buffalo, elle a grandi aux côtés de ses deux jeunes frères et sœurs, élevés par une mère médecin. À l’âge de 12 ans, cette jeune danseuse audacieuse quitte son foyer pour s’immerger dans le monde du spectacle à New York, où elle captive les spectateurs en incarnant Hortensia dans la célèbre comédie musicale « Matilda » à Broadway. À 17 ans, elle démontre son talent dans le drame indépendant sur l’avortement, Never Rarely Sometimes Always, avant de briller sous les projecteurs des superproductions telles que West Side Story de Steven Spielberg et la comédie Netflix, Do Revenge. Si la génération Z reconnaît son visage dans le rôle d’un sosie d’Olivia Rodrigo dans le clip vidéo de Déjà vu, c’est dans The Sweet East qu’elle révèle toute l’étendue de son talent brut, une étincelle en elle qui semble promettre encore plus. Son regard, captivant lorsqu’il rencontre la caméra, trahit une profondeur et une intensité qui ne laissent aucun doute sur son potentiel. Ainsi, elle s’affirme comme l’une des étoiles montantes les plus prometteuses du cinéma américain.

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