Girl Taken
Épisodes vus
6/6
Année
2026
Plateforme
Paramount+
Durée
45-55′
Casting
A.Allen, T.Evans, D.Evans, J.Halfpenny, L.Brown
Une tension qui s’étiole sous le poids de ses propres ambitions
Girl Taken, nouvelle série britannique sur Paramount+, débute avec une prémisse prometteuse : l’enlèvement d’une adolescente par son professeur de confiance et les conséquences dévastatrices pour sa famille. Sur le papier, le matériau avait tout pour susciter un thriller psychologique intense et émouvant, explorant à la fois la peur de la victime et la douleur des proches. Dans les faits, la série peine à transformer ses intentions en une expérience convaincante, alternant moments de tension réelle et passages laborieux qui diluent l’impact du récit.

L’histoire suit Lily, kidnappée par Rick Hanson, un professeur au comportement inquiétant mais en apparence respectable, et sa sœur Abby ainsi que leur mère Eve, confrontées à l’absence de la jeune fille. La série tente de s’éloigner du modèle classique du crime télévisé centré sur l’enquête en mettant l’accent sur les effets émotionnels de l’événement sur chacun des personnages. Cette approche est louable sur le papier et permet quelques scènes poignantes, notamment dans la relation complexe entre les sœurs. Mais la promesse d’un thriller profond est rapidement entachée par une écriture qui se perd dans des répétitions et un étirement narratif excessif. Les épisodes s’égrènent sans véritable montée en tension, et ce qui aurait pu être des moments de réflexion sur le trauma se transforme souvent en longues séquences contemplatives peu engageantes.
Côté interprétation, Alfie Allen livre un jeu convaincant dans le rôle du kidnappeur : sa présence inquiétante et son aura trouble parviennent à maintenir une certaine tension. Malheureusement, les jeunes actrices Tallulah et Delphi Evans peinent à transmettre la terreur et l’émotion de manière crédible, et Jill Halfpenny, malgré son expérience, se retrouve limitée à un rôle qui la cantonne dans le registre du désespoir maternel. Les personnages secondaires souffrent eux aussi d’un sous-développement qui laisse certaines intrigues annexes inachevées, donnant à la série une impression d’inabouti.

Si la série montre quelques réussites formelles — la photographie sombre, la réalisation de certaines scènes de captivité — ces qualités ne suffisent pas à compenser les lacunes narratives. La tension initiale s’effrite rapidement, et les rebondissements tardifs apparaissent forcés ou peu crédibles, notamment lors de l’ellipse temporelle qui suit la fuite de Lily. Par ailleurs, le traitement du contexte social et policier reste superficiel, réduisant les enjeux de justice et la portée dramatique de l’histoire.
En conclusion, Girl Taken se distingue par son ambition de privilégier l’impact psychologique du drame sur le suspense classique. Malheureusement, ces intentions sont trahies par des choix scénaristiques maladroits, des personnages parfois caricaturaux et une progression qui manque de rythme. Quelques performances individuelles et la construction initiale de l’univers parviennent à susciter un intérêt passager, mais la série laisse surtout le spectateur frustré, oscillant entre intrigue prometteuse et exécution inégale. Au final, malgré ses qualités ponctuelles, Girl Taken déçoit plus qu’elle n’impressionne, et peine à justifier le temps investi.

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