Eternity
Vu
26 décembre 2025 – À domicile
Année
2026
Réalisation
David Freyne
Durée
112′
Casting
E.Olsen, M.Teller, C.Turner, D.J.Randolph, J.Early
Un au-delà bureaucratique mais charmant
David Freyne propose avec Eternity une comédie romantique post-mortem qui explore l’amour, le choix et l’imagination dans un au-delà très particulier. L’histoire suit Joan (Elizabeth Olsen), récemment décédée, qui doit décider avec quel homme – son mari de longue date Larry (Miles Teller) ou son premier amour Luke (Callum Turner) – elle souhaite passer l’éternité. L’idée de départ, simple et intrigante, aurait pu suffire à en faire un récit intense, mais le film peine à équilibrer le concept original avec la profondeur émotionnelle des personnages.

Le cadre imaginé par Freyne est à la fois inventif et bureaucratique. L’au-delà y ressemble à un vaste centre de congrès, perché sur un hôtel, où les âmes choisissent parmi d’innombrables mondes thématiques – de la plage au Studio 54, du monde des hommes au monde queer. Chaque choix est définitif, et chaque personnage doit décider rapidement, ce qui crée une tension sous-jacente au cœur de cette comédie aux couleurs vives. Les décors et le design de production, riches et fantasques, apportent une légèreté bienvenue et multiplient les touches humoristiques, même si certaines répétitions finissent par diluer leur impact.
Le point fort du film réside sans doute dans ses interprètes. Olsen campe une Joan tiraillée entre sécurité et désir d’idéal, avec une justesse qui rend crédible ce dilemme impossible. Teller apporte à Larry une sensibilité touchante, capturant les années passées et l’angoisse de perdre celle qu’il aime. Turner, plus discret, incarne Luke avec une assurance douce, contrastant avec l’urgence émotionnelle de Larry. Ensemble, ils réussissent à humaniser des situations absurdes, donnant au spectateur un lien réel avec ces personnages, même au cœur d’un univers farfelu. Les rôles secondaires, notamment Da’Vine Joy Randolph et John Early en conseillers de l’au-delà, ajoutent des moments de comédie légère qui évitent que le film ne sombre dans le sérieux ou le dramatique.

Malgré ces qualités, Eternity souffre d’un rythme inégal. L’exposition de l’univers et de ses règles prend beaucoup de place, ralentissant la progression dramatique. Les variations autour du choix de Joan, qui devraient créer suspense et tension, deviennent parfois redondantes, et l’histoire peine à atteindre une véritable intensité émotionnelle. Le concept philosophique – la valeur de l’amour face à l’éternité et ce qu’il reste de nous quand le temps n’a plus de rôle – reste intéressant mais traité avec légèreté, ce qui donne un résultat charmant mais un peu superficiel.
En fin de compte, Eternity est une comédie romantique originale, visuellement séduisante et portée par des performances sincères, mais qui manque de la puissance émotionnelle nécessaire pour transcender son concept ambitieux. Le film offre des éclats de réflexion et de fantaisie, mais il reste en surface là où le sujet aurait pu explorer des profondeurs plus marquantes. Pour un moment de cinéma agréable et inventive, il fait parfaitement le job, mais il ne reste pas longtemps après la sortie de la salle.

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