All Her Fault
Épisodes vus
8/8
Année
2025
Plateforme
Peacock
Durée
50′
Casting
S.Snook, J.Lacy, D.Fanning, S.Lillis, M.Peña, A.Elliott
Tension domestique – Culpabilité, trahison et vérité
All Her Fault, adapté du roman à succès d’Andrea Mara, s’impose comme un thriller domestique remarquablement construit. La série, centrée sur la disparition d’un petit garçon de cinq ans dans un quartier huppé de Chicago, combine suspense haletant et observation sociale aiguë. Dès les premières minutes, le spectateur est plongé dans un cauchemar : Marissa Irvine (Sarah Snook) arrive pour récupérer son fils Milo à un playdate et découvre qu’il n’a jamais été là. Ce point de départ angoissant installe immédiatement la tension et le questionnement moral qui traversent toute la série.
Sarah Snook, déjà acclamée pour Succession, porte la série avec une intensité rare. Son interprétation de Marissa, mère dévouée mais en proie au doute et à la culpabilité, rend chaque émotion palpable. Face à elle, Jake Lacy incarne un mari à la frontière entre bienveillance et arrogance, naviguant habilement entre soutien et aveuglement. Dakota Fanning, dans le rôle de Jenny, ajoute à la série une dimension de complicité féminine et de solidarité dans la tempête, offrant des moments d’humanité au milieu du suspense. Michael Peña, en détective, apporte un contrepoint moral et méthodique, guidant le spectateur à travers les méandres de l’enquête.

Ce qui distingue All Her Fault, au-delà de sa trame captivante, est sa capacité à explorer les pressions liées à la parentalité et les jugements sociaux qui pèsent sur les mères, en particulier dans les classes aisées. La série souligne avec finesse la fatigue, la culpabilité et les sacrifices invisibles des femmes, tout en questionnant la responsabilité et les limites de la bienveillance. Les relations entre les personnages secondaires — frères et sœurs marqués par des traumatismes, amis et collègues impliqués dans l’histoire — enrichissent le récit et offrent une profondeur supplémentaire à cette enquête centrée sur l’intime.
Le scénario est intelligemment structuré, alternant flashbacks et révélations pour maintenir un rythme soutenu et un suspense constant. Chaque personnage est drapé de mystère : leurs actions, motivations et secrets deviennent autant de pièges narratifs qui tiennent le spectateur en haleine. Même les personnages les plus secondaires semblent jouer un rôle dans cette mécanique subtile, où les culpabilités se superposent et les alliances se forment sous pression.

Si la série n’atteint pas toujours la complexité psychologique de certains chefs-d’œuvre du genre, elle compense largement par sa capacité à mêler intrigue tendue et critique sociale. L’ensemble reste cohérent, avec une tension croissante jusqu’à l’épisode final, où tous les fils narratifs se rejoignent avec satisfaction. Les choix de réalisation, la précision des dialogues et la qualité des interprétations créent une expérience immersive et émotionnellement riche.
En résumé, All Her Fault est un thriller domestique maîtrisé, intelligent et intense, qui captive autant par son intrigue que par ses portraits nuancés de parents et de familles confrontés à l’inattendu. Une série où chaque geste, chaque regard compte, et où l’angoisse se mêle à l’empathie pour offrir un récit à la fois terrifiant et profondément humain.

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