Wake Up Dead Man: A Knives Out Mystery

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Benoit Blanc face aux prêtres – Quand le whodunit perd la foi

Rian Johnson reprend les rênes de sa franchise Knives Out avec ce troisième volet, où le célèbre détective Benoit Blanc (Daniel Craig) se retrouve plongé dans un mystère au cœur d’une paroisse catholique. Sur le papier, l’idée de mêler religion et enquête criminelle semblait prometteuse, offrant un cadre original et une réflexion potentielle sur la foi. Hélas, la réalisation peine à tenir ses promesses, et le film se révèle inégal, souvent laborieux, malgré un casting impressionnant.

Le récit s’articule autour de l’arrivée du jeune prêtre Jud Duplenticy (Josh O’Connor) dans la paroisse de Chimney Rock, où le monseigneur Jefferson Wicks (Josh Brolin) règne par la peur et la culpabilisation. La mort mystérieuse de Wicks déclenche l’enquête de Blanc, mais le spectateur doit d’abord naviguer dans une première moitié du film longue et peu rythmée, centrée sur Duplenticy. Ce choix narratif, bien que permettant à O’Connor de briller, laisse le reste de l’ensemble sous-exploité : Kerry Washington, Andrew Scott, Cailee Spaeny et même Glenn Close semblent relégués à des rôles périphériques, ce qui dilue l’impact d’un casting pourtant talentueux.

L’intrigue tente d’explorer la tension entre justice et miséricorde, incarnée par la confrontation philosophique entre le détective athée et le prêtre croyant. Les débats sur la foi, la morale et la corruption religieuse apparaissent intermittents et superficiels, donnant plus l’impression d’un commentaire sur le christianisme conservateur que d’une véritable réflexion nuancée. Le film aborde la question des « bons » et « mauvais » chrétiens, mais esquive les problématiques complexes, ce qui rend le message moral confus et parfois contradictoire.

Le rythme global souffre également de ces digressions : entre les passages contemplatifs sur la paroisse, les interventions humoristiques maladroites et les scènes de violence orchestrées de manière un peu caricaturale, le suspense peine à se maintenir. Les moments de brio sont rares et se limitent souvent aux interactions entre Duplenticy et Blanc, où la dynamique détective/prêtre fonctionne avec une certaine fraîcheur. Daniel Craig, dans son rôle coutumier, semble parfois dépassé par le poids d’un scénario trop dense et trop verbeux.

Sur le plan esthétique, la mise en scène choisit un cadre catholique visuellement soigné, qui évoque une atmosphère sombre et théâtrale. Pourtant, cette attention aux décors et à l’ambiance ne compense pas les faiblesses structurelles et le manque de cohérence narrative. Les rebondissements, censés surprendre, tombent souvent à plat et donnent au film un sentiment de longueur inutile, malgré une durée de 140 minutes.

En résumé, Wake Up Dead Man présente quelques qualités indéniables : Josh O’Connor est convaincant, certaines idées sur la foi et la rédemption sont intéressantes, et l’univers reste fidèle à la franchise. Mais ces points positifs sont noyés dans une exécution maladroite, un rythme inégal et une intrigue trop centrée sur un seul personnage, laissant l’ensemble frustrant et décevant pour les amateurs de la série. Un troisième épisode qui aurait mérité plus de souffle et de finesse, mais qui finit par susciter plus de questions sur la narration que d’émotion ou de plaisir véritable.

Scénario
2/5

Acting
3/5

Image
2/5

Son
1.5/5

Note globale
42.5%

Dans ce troisième volet de Knives Out, Benoit Blanc enquête sur une mort mystérieuse au sein d’une paroisse catholique, mêlant religion et enquête criminelle. Malgré un cadre visuellement soigné et la performance notable de Josh O’Connor, le film pâtit d’un rythme irrégulier, d’une intrigue centrée sur un seul personnage et d’un traitement superficiel des thèmes moraux. Les autres talents du casting restent sous-exploités, et les rebondissements manquent de tension, donnant une impression générale de frustration. L’univers de la franchise est respecté, mais l’exécution manque de finesse et de cohérence.

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  1. Bref, tout ça ne vaut pas un petit coup de blanc. 😉

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