The Running Man

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Virtuosité sans vibration – Entre ambition et dispersion

Il y a des films qui semblent courir plus vite que les idées qui les portent. The Running Man version 2025 appartient précisément à cette catégorie: un objet visuellement soigné, souvent impressionnant dans sa forme, mais qui donne constamment l’impression de s’essouffler sur le fond. L’ambition de revisiter un récit dystopique devenu culte est réelle, presque palpable, mais la promesse se dilue rapidement dans un ensemble inégal, où les tensions morales et politiques peinent à se hisser au niveau du spectacle omniprésent.

Le film s’ouvre pourtant sur des bases prometteuses. La mise en scène cherche clairement à renouer avec l’énergie brute et les interrogations sociales du roman d’origine de Stephen King. Les premières séquences, nerveuses et élégamment cadrées, installent un monde fragmenté, travaillé par le contrôle, la violence médiatisée et la déshumanisation spectaculaire. Mais après cette entame solide, le récit s’embourbe progressivement dans un ensemble de choix narratifs et esthétiques qui se neutralisent mutuellement.

Le problème principal réside dans la tonalité: jamais le film ne semble savoir s’il veut être un divertissement musclé pleinement assumé ou un commentaire politique rigoureux. Cette hésitation constante affaiblit autant la tension dramatique que le propos. L’intrigue accumule les arcs et personnages secondaires sans en développer réellement aucun, donnant la sensation d’une mosaïque d’idées plus qu’un geste cohérent. Même les moments censés porter le film vers davantage de profondeur restent trop elliptiques, trop effleurés pour convaincre.

L’interprétation contribue elle aussi à cette impression de vacillement. Le protagoniste, pourtant pensé comme une figure tragique broyée par le système, manque ici de densité émotionnelle. Ses motivations restent floues et son évolution dramatique n’est jamais pleinement accomplie, ce qui rend difficile tout véritable engagement du spectateur. Autour de lui, les personnages secondaires existent trop souvent comme de simples fonctions dans la mécanique du récit, sans réelle épaisseur psychologique ni dynamique propre.

Reste la mise en scène, qui tente régulièrement de relancer l’intérêt. Certaines séquences d’action sont indéniablement efficaces, filmées avec nervosité et sens du rythme. La photographie joue sur des contrastes marqués qui soulignent l’opposition entre l’espace public contrôlé et les zones en marge du système. Mais cet emballage visuel performant ne parvient pas à masquer la pauvreté de certaines décisions scénaristiques ni le manque de tension durable. L’impact émotionnel demeure limité, comme si la forme tournait à vide faute de moteur dramatique suffisamment puissant.

Le film souffre également d’un problème de dosage. Chaque scène semble vouloir prouver quelque chose — sa virtuosité technique, sa pertinence sociale, sa maîtrise des codes de la dystopie — sans jamais laisser respirer le récit. À force de vouloir être constamment spectaculaire, The Running Man finit par ne plus surprendre. L’ensemble apparaît lisse, calibré, presque anonyme, loin du potentiel subversif qu’un tel matériau permettait d’espérer.

En refermant cette œuvre ambitieuse mais inaboutie, reste l’impression d’un film qui court après une vision qu’il n’atteint jamais vraiment. Trop sage pour déranger, trop dispersé pour émouvoir, trop appliqué pour réellement vibrer, il laisse derrière lui une belle surface mais peu de traces. Une course haletante, certes, mais qui manque douloureusement de destination.

Scénario
2/5

Acting
2.5/5

Image
3/5

Son
2/5

Note globale
47.5%

Ce nouveau The Running Man affiche une esthétique travaillée mais peine à donner corps aux idées qu’il convoque. Malgré un départ prometteur et une volonté claire de renouer avec les enjeux sociaux du matériau d’origine, le récit se perd dans des choix narratifs hésitants et une tonalité indécise. Les personnages restent en surface et le rythme, constamment en quête d’effet, finit par étouffer toute émotion durable. Au final, l’ensemble impressionne par sa forme, mais manque d’âme et de véritable direction.

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