The Hand That Rocks the Cradle
Vu
14 novembre 2025 – À domicile
Année
2025
Réalisation
Michelle Garza Cervera
Durée
105′
Casting
M.Monroe, M.E.Winstead, R.Castillo
Un berceau qui vacille – Une réadaptation trop sage pour marquer
Il y a des remakes qui cherchent la transgression, d’autres le remaniement audacieux, et puis il y a ceux qui s’imposent comme des objets de consommation rapide, prêts à se fondre dans la logique des plateformes. La nouvelle version de The Hand That Rocks the Cradle, signée Michelle Garza Cervera, appartient à cette dernière catégorie: un thriller domestique modernisé, poli, parfois séduisant par son duo d’actrices, mais qui peine à retrouver l’électricité trouble du film de 1992.
Le point de départ reste inchangé: une famille apparemment idyllique — ici, les Morales, installés dans un écrin de verre californien — voit son équilibre se fissurer lorsqu’une nouvelle nounou s’immisce dans leur quotidien. Mary Elizabeth Winstead incarne Caitlin, avocate performante et déjà fragilisée par une ancienne dépression post-partum. Maika Monroe, quant à elle, adopte une posture plus opaque que le modèle original: un mélange d’accablement et de froide détermination, qui brouille certaines lignes entre victime et prédatrice.

Le scénario introduit toutefois des nuances inédites. Les tensions de classe, les fragilités psychologiques et la question de l’identité sexuelle composent un arrière-plan contemporain, parfois stimulant. L’attraction diffuse entre Caitlin et Polly, à peine esquissée, ouvre la voie à un trouble latent — un matériau riche, mais trop peu exploité pour devenir un moteur narratif. Le film évoque également les secrets familiaux, les pressions sociales et les traumatismes refoulés, sans parvenir à leur donner l’ampleur dramatique nécessaire.
Le récit s’installe ainsi dans une approche plus clinique que viscérale. Quelques situations retiennent néanmoins l’attention, notamment lorsqu’il explore la manière dont une figure extérieure peut éroder, lentement mais sûrement, la confiance d’une mère envers ses propres instincts. Le malaise grandit progressivement: les médicaments déplacés, l’alimentation contrôlée, les gestes d’affection subtilement réorientés vers la nounou. Ces manipulations, bien que prévisibles, restent efficaces grâce au jeu tout en retenue de Monroe, dont le visage impassible semble constamment promettre une déflagration.

Là où le film déçoit davantage, c’est dans sa mise en scène. La maison de verre, idéale pour un thriller domestique, ne devient jamais le piège visuel qu’elle pourrait être. Les quelques envolées plus sombres — un dîner saboté, une scène dangereuse autour d’artifices, une confrontation psychologique — restent sages, presque bridées. La photographie glacée et les compositions sonores insistantes cherchent à créer de l’angoisse, mais le suspense peine à prendre racine.
La dernière partie, amorcée tardivement, révèle les motivations de Polly et son passé traumatique, mais sans la tension tragique qui animait autrefois le film original. Le dénouement sanglant manque d’impact, symptomatique d’un remake qui suit un cahier des charges plutôt qu’un véritable désir artistique.
The Hand That Rocks the Cradle nouvelle version n’est donc ni un naufrage, ni une renaissance. C’est un thriller doux-amer, porté par deux actrices solides, mais trop prudent pour laisser une empreinte durable. Un objet soigné, plaisant par instants, mais condamné à s’évanouir aussi vite qu’il est apparu dans le flux infini du streaming.

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